Partout, que des pleurs et grincements des dents. Misère et souffrance se côtoient à longueur de journées et nuits.
Il se pose, en tout cas, un tout nouveau problème lié notamment, à l’absence de paiement des salaires ou, à tout le moins, à la modicité des sommes dues.


Dans les cabinets ministériels, selon des sources croisées, les gens broient du noir à l’attente aussi bien de leurs salaires que des frais de fonctionnement.
Si bien que tout y tourne au ralenti. Par ailleurs, dans les entreprises publiques transformées en Sociétés commerciales, c’est le même son de cloche qui retentit autour des arriérés des salaires ainsi que de la plupart des avantages et primes consécutifs aux prestations réalisées.
A cela, s’il faut ajouter l’application des mesures interdisant, par exemple, le déblocage des fonds, à l’exception de ceux à allouer au fonctionnement courant, cette situation morose aurait, justement, tendance à se généraliser.
Mais, dans l’entretemps, les prix empruntent les ascenseurs, le pouvoir d’achat s’amenuise davantage alors que le taux de change flotte et menace d’aller à plus de 1700 FC pour un dollar américain d’ici la fin de l’année 2019.
Là où le bât blesse, c’est lorsqu’on constate, en effet, que des mesures annoncées pompeusement par les nouvelles autorités congolaises ne produisent pas, du moins à première vue, des résultats escomptés. L’alternance démocratique est, certes, un acquis aujourd’hui.
Mais, la transformation qualitative de la vie des congolais reste, cependant, un talon d’Achille, un véritable paradoxe.
D’où, Félix Tshisekedi aura beau voyager à travers le monde mais, s’il n’arrive pas, lui et son gouvernement, à maîtriser l’essentiel de paramètres et, surtout, à conjurer cette nouvelle crise sociale aux élans explosifs, il s’en tirera sous des mauvais draps, d’ici la fin de son bail au Palais de la Nation.
C’est une question de responsabilité en termes d’exercice des pouvoirs publics dont il assume, depuis le 24 janvier 2019, les rênes à la tête du pays.
Plus tard, même après avoir réussi à faire passer le budget à dix milliards de dollars américains pour l’exercice 2020, ce qui compte, au finish, c’est le résultat. Au-delà de la question sécuritaire et du volet diplomatique, le social est et reste l’un des secteurs déterminants pour apprécier l’action de la nouvelle équipe dirigeante. Les fonctionnaires et agents de l’Etat n’ont pas besoin d’une calculatrice, pour se faire une idée de la façon dont ils sont traités, depuis le début de cette année. Les médecins, magistrats, infirmiers et autres catégories socio-professionnelles n’ont, à leur tour, besoin d’aucun microscope, pour détecter le mal qui les terrasse et ronge leur vie sociale au quotidien.
De là à parler d’une grogne en perspective, il n’y a qu’un pas.
Car, à l’appel du Comité Laïc de Coordination ou d’autres acteurs politiques ou mouvements citoyens, des manifestations de rue aux effets «boule de neige» risquent de ponctuer, de manière saccadée, les festivités de Bonana 2020.
A moins que par un sursaut miraculeux, Félix Tshisekedi et Sylvestre Ilunga traduisent dans les faits, la plupart des promesses.

LPM

 


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