Fini donc, les murmures ainsi que toutes les prophéties méphistophéliques qui, depuis le 5 novembre 2017, entouraient encore le processus électoral dont le point culminant oscille autour du 23 décembre 2018.

Adieu donc, les incantations ainsi que toutes les masturbations politiques qui tendaient, à tort ou à raison, à faire de ce processus électoral, une machine de glissement sans fin de Kabila, 17 ans de pouvoir dans son strapontin de Chef de l’Etat, depuis qu’il succéda, dans des conditions tragiques, à son père, le très Regretté Mzee Kabila en 2001.

Si l’aventure Shadary passe, le ‘’glisseur’’ étiqueté aura ainsi gagné un pari, celui de laisser faire les élections et, puis, de se faire de nouveaux calculs pour lui récupérer, un beau jour, le pouvoir officiel, à l’aune de nouvelles élections à venir.

Déjà, Nangaa, très sûr de lui, a embouché les trompettes depuis hier, au Palais du Peuple, en lançant, haut et fort, la campagne électorale, conformément au calendrier de la CENI, tel que publié le 5 novembre 2017. Désormais, le combat, avec ses vrais –faux coups, sur la machine à voter, l’affaire du fichier contenant des brebis scrofuleuses sans empreintes digitales, ni traçabilité de leur existence réelle, ni encore moins physique, semblent être des sujets qui ne compteront plus que pour renforcer le camp de la contestation de la crédibilité des élections et, dans une certaine mesure, de la remise en question de la fiabilité des résultats.

Ce sera alors, un autre épisode au cours duquel, les parties prenantes au processus électoral remueront, sans nul doute, dans les plaies béantes de ce processus qui, apparemment, est mal engagé mais dont les résultats détermineront, pourtant, l’essentiel du destin de tout un peuple meurtri.

Que faire alors ? Accepter d’aller aux élections ? Ou, à la limite de la déraison, se mettre à diaboliser le processus en dernière minute ? Voilà toute l’équation à des multiples inconnus. Certes, les Evêques s’y prononcent aujourd’hui. Tout comme, Fayulu qui est arrivé hier à Kinshasa, depuis qu’il a été désigné à Genève, nonobstant la volte-face de Kamerhe et Fatshi, sont restés loin d’affirmer qu’ils boycotteraient les élections du 23 décembre 2018.

Mais, comment vouloir, à tout prix, respecter la constitution, comme ce fut le cas autrefois, lors des événements hideux du 19 au 20 septembre 2016 et, aujourd’hui, plus de deux ans seulement après, que l’on revienne sur la nécessité, une fois de plus, de repousser les échéances, sans pour autant mesurer les mièvreries qui en découlent, si jamais une telle ouverture était encore accordée au ‘’glisseur’’ suspecté d’avance ?

De deux choses, l’une. Soit, l’on y va, même à l’aveuglette, dans une affaire dont la victoire est scellée du côté du FCC en raison de plusieurs facteurs. Soit, les Opposants, dans un élan d’unité retrouvée, reviennent au bon sens et s’assument devant l’impératif de constituer un nouveau bloc dur, pour laver l’affront. Agir autrement, c’est chercher, désespérément, à forger un trou dans un océan. Quoi qu’il en soit, les dés sont jetés. Et, le temps, lui, file jusqu’à minuit d’aujourd’hui, pour tout faire. Allez-y !

LPM


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