"Va en arrière Satan", pouvait s’écrier le Christ, le fils du Dieu vivant. Comme pour dire à Paul, l’un des ses disciples, que ses pensées n’étaient pas celles de Dieu, mais des hommes, quant à l’œuvre du salut.

Aujourd’hui, alors que la coalition FCC-CACH peine à prendre ses marques, voici qu’un ballon d’essai produit ses effets sur la difficile embellie, pour tenter de faire décoller autrement la RD. Congo sur les rails de l’alternance démocratique.
Tenez ! Sénateur à vie. Ancien Président de la République. Autorité Morale du FCC. L’ombre de Kabila plane et fait frémir.
Déjà, la classe est entrée en effervescence. A l’instar des romains, les juristes congolais s’empoignent. Le débat fait rage, en effet, depuis qu’à Lubumbashi, les participants à un séminaire d’évaluation avaient jeté le pavé dans la marre en lançant l’idée d’une éventuelle candidature de Kabila, lors de la présidentielle de décembre 2023.
Et, pourtant, les textes sont là. Il suffit de bien les interpréter et de les appliquer.
A moins d’y injecter un venin d’euphorie ou de folie, cette affaire de l’éligibilité ou non de Kabila pourrait être, normalement, traitée par la Cour Constitutionnelle.
Or, à ce stade, cette dernière telle qu’elle est structurée, animée ou conduite, donnerait quelle suite, si jamais un dossier venait à lui être soumis ?
Toute la question est donc là. Elle repose ainsi la problématique d’avoir dans ce pays dont l’indépendance, vieille de près de soixante ans, à confier les rênes des institutions judiciaires entre les mains des personnalités intègres, compétentes et sérieux dans leurs engagements vis-à-vis de la nation.
Que devra-t-on alors faire dans un contexte comme celui d’aujourd’hui, pour réformer les Cours et Tribunaux et, même, dans une large mesure, les sortir des griffes édentées des juges corrompus et trempés dans la magouille jusqu’à la moelle épinière ?
Quel type d’immersion faut-il encore organiser pour convertir réellement mentalités de ces mêmes juges –là dont la dernière prestation, lors du traitement de contentieux électoraux à l’issue de la présidentielle et des législatives du 30 décembre 2018 auront, plus d’une fois, validé, invalidé et revalidé les Députés, tout en laissant, derrière ces verdicts, des plumes du prestige dû aux institutions crédibles ?
Félix Tshisekedi, du haut de ses marges exiguës de l’exercice de son mandat liées notamment, au respect de l’Accord du 29 juillet 2019, a-t-il vraiment la possibilité de nettoyer d’amorcer un véritable nettoyage des écuries d’Augias ?
Autant sont des questions qui soulèvent encore tant d’autres. Comme quoi, il y a encore du travail à faire.
Et qu’il faudrait bien réfléchir, pour la suite des enjeux en RD. Congo. Chacun des acteurs majeurs, y compris le fermier de Kingakati, aura un beau jour à soulever son auriculaire, pour brandir telle ou telle autre disposition de la loi en vue de prévaloir ses droits. C’est alors que le débat, si vif soit-il, sera déclenché. Et, finalement, la Cour Constitutionnelle, la même, sera sollicitée.

LPM