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« Tohu-bohu ». Voici un mot étrange. ‘’Un mot qui n'évoque peut-être rien. A moins qu'il n'évoque le souvenir confus d'avoir déjà été entendu ou lu quelque part dans un livre mais sans qu'une définition claire et précise ne s'impose à l'esprit’’, disait autrefois un chevalier de la plume. Ce dernier était éventuellement impressionné par cette expression née de la langue de Molière.

Etrange soit-elle, cette locution francophone émanant de l’académie française résume au mieux le désordre, soit la confusion généralisée qui règne en ce moment précis dans le ciel ensoleillé de la RD Congo. Kinshasa s’agite ! Le petit peuple attend. L’affaire du moment opposant Dolly Makambo, Ministre provincial de l'Intérieur et la composition des juges de la Haute Cour militaire est loin d’être finie. La première confrontation étant passée, le second round aura lieu ce mercredi 6 novembre 2019. Car, actuellement, l'audience sur l'affaire du meurtre de l'administrateur gestionnaire du centre médical Vijana, dans la commune de Lingwala, est suspendue suite à la réquisition de juges par le prévenu Dolly Makambo. Son collectif d’avocats porté par Me Théodore Ngoy, tout en regrettant le rejet de l'exception soulevée sur l'inconstitutionnalité de la procédure en flagrance, il a affirmé que la Haute Cour militaire n'est pas la juridiction compétente pour statuer sur le cas de son client. De son côté, la Cour qualifie cette procédure des manœuvres ‘’dilatoires’’. Et donc, dans cette guerre de droit, seuls les initiés sauraient comprendre bien évidemment que la saga ‘’Makambo’’ est loin, vraiment loin de finir.
Attaqué sur tous les fronts, sa tête aura été ainsi sauvée de justesse par des Députés provinciaux de Kinshasa. Puisque la majorité d’élus a rejeté la suspension à titre préventif de Dolly Makambo au poste du Ministère provincial de l’intérieur, de la sécurité, de la décentralisation et des Affaires coutumières. Ni le Synamed, ni l’Assemblée provinciale de Kinshasa, encore moins la Haute Cour militaire ne saurait le faire tomber. Non pas aujourd’hui. Seul le Gouverneur Gentiny Ngobila peut le faire immédiatement. Mais, faudrait-il encore avoir une raison valable pour révoquer son Ministre qui, du reste, continue à jouir de la présomption d’innocence ?
Au-delà de cette affaire judiciaire, le tohu-bohu aurait aussi pris une nouvelle tournure. Le mariage FCC-CACH en est l’illustration parfaite. La méfiance permanente des politiques au sein de cette coalition gouvernementale risque de mettre en péril le plan du Gouvernement censé pourtant redresser la Nation, la grande Nation congolaise à partir de la base. Le peuple ‘’d’abord’’, n’attend que la matérialisation de ce fameux projet budgétaire de 10 milliards de dollars américains, en lieu et place de discuter sur une affaire d’éligibilité ou d’inéligibilité d’un Sénateur à vie, fut-il, pour briguer de nouveau la magistrature suprême. Cette confusion risquerait de compromettre les regards des uns et des autres déjà fixés sur l’avancement de la République.

La Pros.


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