Après la rentrée parlementaire à l’Assemblée nationale et le Sénat ainsi que les autres assemblées provinciales, depuis le 15 septembre, c’était au tour de la rentrée judiciaire ce mardi 15 octobre.

La Justice ! Oui, celle qui élève une nation, est aujourd’hui, du moins depuis la période préélectorale, à l’épicentre de tous les mots, maux, actions et réactions. Véritablement conscients de ce paradigme manifestement déconcertant, les intervenants lors de cette cérémonie de la rentrée judicaire notamment, le Procureur près la Cour de Cassation ont dit leur râtelée sur la question de la corruption et plusieurs autres paramètres qui dénotent du vacillement et même des contestations à l’encontre de la justice congolaise. L’une des dernières illustrations concernant les frustrations liées au modus agendi de l’appareil judiciaire du Congo-Kinshasa n’est rien d’autre que la marche du Comité Laïc de Coordination prévue pour ce samedi 19 octobre, pour dire non à la corruption, l’impunité ou encore pour exiger la démission des juges et dûment la réforme judiciaire. L’affaire de 15 millions USD ainsi que les soubresauts ayant marqué la publication des résultats définitifs des législatives par la Cour constitutionnelle constituent, en un mot comme en mille, le nœud de l’actuel courroux non pas seulement du CLC, mais aussi des activistes des droits de l’Homme ainsi que de la coalition Lamuka qui, d’ailleurs, mobilise pour la marche de ce samedi. Ce sixième jour de la semaine qui s’annonce, d’ores et déjà, de tous les enjeux et de tous les engins. Ce, puisqu’il y a, d’une part, une altercation en vue entre les catholiques accompagnés des militants Lamuka d’avec les combattants de l’Udps qui entendent mener une contremarche pour soutenir le Président de la République ; et d’autre part, tout augure qu’à la lumière de cet enjeu, les armes, soit les engins, létales et non létales seront, sans doute, au rendez-vous, pour dissuader des affrontements. Ce qui laisse entrevoir, par ailleurs, que l’Udps, désormais parti présidentiel, n’arrive point à se séparer de son ancienne casquette de la fille aînée de l’Opposition. Elle se retrouve comme un hybride, défenseur du pourvoir ayant le sang chaud des opposants. Quoi de plus normal que plusieurs analystes sous-tendent que ce caractère excité des combattants obstrue, de plus en plus, leur jugement, à tel point qu’ils ne s’empêchent plus d’accuser, ouvertement, l’ancien Chef de l’Etat Joseph Kabila d’attenter à la vie de Félix Tshisekedi, du moins de ses poulains décédés à la suite du crash, le week-end dernier, de l’Antonov 72 dont les bribes ont été, du reste, retrouvées, ce mardi 15 octobre, à Kole, dans la province de Sankuru. In globo, ces accusations paralysent vraisemblablement la santé de la coalition FCC-CACH. D’autant que les militants du Front commun pour le Congo lancent des ultimatums, n’acceptant pas que leur autorité morale soit diffamée abusivement, alors qu’il est actuellement ‘’Figure de l’alternance en RD. Congo’’. Au-delà de tout, les Udpsiens se doivent aujourd’hui d’acquiescer la vérité qu’ils sont en coalition avec le FCC de Joseph Kabila dont ils combattaient, plus d’une décennie durant, le régime. Ainsi, ne sont-ils plus dans l’Opposition dont Lamuka est prise comme porte-étendard. C’est cela la real politik. Surtout qu’en 2023, c’est Félix Tshisekedi, président sorti de leurs entrailles, qui verra son bilan passé au peigne fin. C’est l’heure de consentir et d’accepter le pouvoir avec ses couleurs et ses couleuvres.

La Pros.


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