‘’Les membres du futur gouvernement seront des serviteurs du peuple’’. Telle est la phrase phare de Félix Tshisekedi tenue au début de sa mandature.

L’actuel Chef de l’Etat, en tant qu’un homme issu des dures batailles de l’Opposition congolaise, ne conçoit pas autrement le rôle des Vice-Premiers Ministres, Ministres d’Etat, Ministres, Ministres Délégués et Vice-Ministres si ce n’est dans le sens d’un apostolat, d’un sacerdoce au service du peuple d’abord, pour paraphraser son Feu père, Etienne Tshisekedi wa Mulumba dont l’inhumation est intervenue, le 1er juin dernier, soit plus de deux ans après son décès, le 1er février 2016, à la Clinique Sainte Elisabeth, à Bruxelles.
Autant dire qu’en toute franchise, la vision de ceux qui, à la faveur de leurs fonctions au sein du gouvernement, pensent découvrir le pot aux roses pour s’empiffrer, contraste avec les exigences de cette acception de la gestion de la Res Publica dont la cure de jouvence est, désormais, le maître mot.
Déjà, après autant de mois d’attente, les caisses de l’Etat sont rongées par la termite, pour ne pas dire qu’elles sonnent creuses, sont trouées ou vides. D’ailleurs, les quelques rares billets de banque que l’on peut trouver dans les différentes ministères relèveraient, à tout le moins, que d’un pur miracle.
Tout ce qu’il faut faire, par contre, c’est que les nouveaux venus, après la remise-reprise, examinent des voies et moyens pouvant permettre de se lancer dans la mobilisation des ressources. Mais, comment y arriver ? Et, à quel moment faut-il agir ainsi dès lors que tous les paramètres fondamentaux sont au rouge ? Si difficile que cela puisse paraître, il faudra, néanmoins, reconnaitre que l’Etat renaître de ses cendres, que l’Etat doit survivre.
D’où, la nécessité de lui trouver un ballon d’oxygène, de donner un coup de fouet à son économie, d’intervenir sous forme des soins d’urgence au niveau du social.
Il faudra, parallèlement, prévoir des ajustements politiques pour élargir l’espace de l’adhésion à la nouvelle vision prônée par Félix Tshisekedi, après l’alternance démocratique au pouvoir, à la Société civile, à l’Opposition radicale ainsi qu’aux autres acteurs politiques majeurs restés au bord du chemin pour n’avoir pas été, dès le départ, dans la coalition FCC-CACH.
Pour déminer le terrain et ramener les groupes armés sur le terrain politique, le forum national de la réconciliation ainsi que la conclusion d’un pacte de paix avec les autorités coutumières inscrits dans le discours-programme, paraissent, au propre comme au figuré, comme étant des priorités des priorités. Sylvestre Ilunga devrait comprendre que l’annonce d’une telle perspective est perçue comme la preuve de sa capacité à pousser la classe politique à transcender les différences et à dépasser le cap des clivages actuels, s’il est admis que l’avenir soit appréhendé autrement que sous le crible de l’accord conclu, le 29 juillet dernier, entre le FCC et CACH.
Ceci permettrait, espère-t-on, de réduire la zone de méfiance due au contenu du nouveau pouvoir marqué essentiellement par des contestations ainsi que toutes les revendications subséquentes ou la remise en question de la légitimité, pour propulser la RD. Congo vers l’embellie somme toute indispensable pour l’organisation des prochaines échéances électorales, à l’horizon 2023.

LPM


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