Contre vents et marrée, entre les cris de ‘’Kabila dégage’’, d’un camp, et ceux de ‘’Raïs wumela’’, de l’autre camp, pour ne pas citer ceux de ‘’Dialoguons’’ et de ‘’Transition sans Kabila’’ des tiers, la RD. Congo a, au milieu des incertitudes et contre toute attente, gagné une bataille de l’alternance démocratique et pacifique le 24 janvier 2019, avec l’entrée effective de Félix Tshisekedi au pouvoir.

Cette première victoire aura été suivie, après six mois des tergiversations, par la signature d’un accord de coalition le 29 juillet, entre le Front commun pour le Congo (FCC) et le Cap pour le Changement (CACH), alors que le Premier ministre Sylvestre Ilunga a été nommé le 20 mai, sous cette fièvre des perturbations et d’incertitudes ainsi que du retour d’un Moïse Katumbi, après trois mois d’exil. Aujourd’hui, il va sans dire aussi que la bataille pour la publication proprement dite du Gouvernement Ilunga est presque remportée. Le peuple congolais peut déjà soupirer, surtout que le Chef de l’Etat, en personne, a rassuré, depuis l’Angola, que la sortie du nouvel exécutif n’est plus qu’une question d’heures. Déjà, il entend recevoir ce jeudi le successeur de Bruno Tshibala pour avoir, d’entre ses mains, la dernière mouture de l’équipe gouvernementale qui, une fois avalisée, concourra à la profession, via les antennes de la RTNC, de l’ordonnance portant nomination des membres du Gouvernement et ce, si pas ce soir, d’ici le week-end. En tout cas, c’est d’après le Président de la République. Par la suite, cet Exécutif, programme à la gibecière, devra convaincre, pour son investiture, les élus du peuple qui jaugeront si le projet gouvernemental cadre mutatis mutandis avec les aspirations du peuple qu’ils représentent. Ainsi, arrivera-t-elle la véritable bataille consistant à répondre, avec célérité, bien-sûr, aux différentes aspirations des congolaises et congolais. Surtout que d’un côté, Félix Tshisekedi, depuis la période de campagne jusqu’à ce jour, n’aura brillé de mille feux que par des promesses qui ne se sont jusque-là pas concrétisées. Et, de l’autre côté, la grogne ne fait que s’accroître avec des grèves çà et là ainsi que le ras-le-bol des parents face à la crise socioéconomique qui perdure, nonobstant le fait que la rentrée scolaire, telle dame la pluie, annonce son arrivée. D’ailleurs, pour ce qui est de l’éducation, le ministère de l’Epsp a confirmé ce mercredi, la gratuité de l’enseignement dans tous les établissements publics. Une nouvelle salvatrice mais, en même temps, étonnante, au regard du budget du pays qui, l’année dernière, était de près de 5 milliards de dollars et, sans être pessimiste, ne pourrait certainement pas dépasser le seuil de 10 milliards de dollars. Cette gratuité devra véritablement s’effectuer pour ne pas s’attirer le courroux du peuple. Surtout que les mécontentements sont certains de la part des parents d’élèves scolarisés dans les établissements catholiques, protestantes et Cie. Il est question de bien agir. Car, la coalition Lamuka, de son côté, n’a point abandonné le combat ; elle observe. Le Comité Laïc de coordination (CLC) lorgne aussi. Et, par-dessus tout, il crie pour des réformes profondes notamment, à la Cour constitutionnelle. Réforme voulue en même temps à la Ceni pour laquelle Christophe Lutundula a déposé une proposition de loi modifiant la loi organique. Sans compter les appels à la révision de la Constitution. A cet effet, le pays risque de plonger dans un cercle vicieux des sempiternels débats juridiques, loin du fait qu’il tournicote dans débats politiques et promesses sans pour autant avancer. Il va sans dire que le temps soit venu d’user de toutes les stratégies pour sortir avec technicité de cette corde au cou estampillée des ras-le-bol de la population. Cela peut serrer au moindre faux-pas.

La Pros.


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