30 juin 2019, 59 ans d’indépendance, la RD. Congo est toujours dans la tourmente. Terrain miné et sablonneux. Classe politique encline à passer du temps à discuter à l’infini.

Projets de société, programmes de gouvernement, plans quinquennaux, visions et ambitions qui, depuis 1960, n’ont cessé de sortir des pupitres pour être annoncés aux congolais, sont restés, malheureusement, des crédos ou des pures illusions.
Ce Congo que les aïeux voulaient bâtir pour qu’il soit plus beau qu’avant, est devenu, ridiculement, un géant aux pieds d’argile, un tigre en papier. Les Léopards, en détalant devant les Ougandais, en ont donné la plus belle illustration, ce week-end.
Le Congo n’a toujours jamais su relever le défi du paradoxe de ses richesses faramineuses dont les potentialités constituent notoirement un scandale géologique et du degré de pauvreté extrême de l’ensemble des couches des populations disséminées aussi à Kinshasa qu’en provinces.
Toute la question est et elle a, d’ailleurs, été soulevée de savoir que font les dirigeants à la tête du pays ? Pourquoi durant tout ce temps, aucun changement notable n’a été enregistré pour redécoller autrement sur de nouvelles bases ? Quelles sont, au fait, les nouvelles politiques qu’inspire l’alternance dont la matérialisation du mariage au travers d’un gouvernement annoncé de soixante-cinq membres, tarde à venir ? Toutes ces questions valent leur pesant d’or. D’autant plus que les derniers événements survenus à Kinshasa et dans certaines parties du pays où les militants et combattants se sont testés au biceps, inquiètent moins qu’ils ne rassurent.
Des actes de sabotage, à l’instar de ce refus de Mumba d’accorder la moindre valeur aux ordonnances de Félix Tshisekedi à la Gécamines ou à la SNCC, de ces invalidations pêle-mêle des Députés et Sénateurs ou de tout ce temps perdu, depuis le 24 janvier 2019 dans des querelles autour du prochain gouvernement, de toutes les irrégularités dans les élections au Sud-Ubangi ou de la candidature unique au Sankuru, présagent à plus d’un titre, combien l’orage du changement aura encore du mal à flatter les narines des congolais.
Plus longtemps encore, au-delà d’une nouvelle décennie, c’est, apparemment, le temps que se donnent les observateurs de bon aloi, pour voir poindre à l’horizon des lueurs d’espoir. Comme quoi, Tshisekedi passera et marquera, peut-être, son temps.
Plus tard, quelqu’un d’autre viendra un beau jour. Et, en plus, un autre viendra et ainsi de suite, aucun miracle ne s’opèrera tant que les discours somme toute creux tourneront autour d’un verre à moitié plein, d’un verre à moitié vide.
C’est donc, en vain, qu’on attendra le changement sur un plateau d’or tant que les nouvelles autorités, sous la férule de la coalition FCC-CACH, n’auront pas compris qu’elles sont solidaires et entièrement responsables du temps comptant pour le reste du mandat dont le peuple congolais tirera, en dernier ressort, les conséquences.

LPM

 


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