L’étau se resserre autour des juges de la Cour Constitutionnelle. Hier, en effet, les Députés invalidés comptant pour la plateforme Lamuka ont décidé d’assiéger les installations de cette Cour dont les arrêts rendus dernièrement mettent en péril la paix et la stabilité institutionnelle jusqu’au point de brûler le petit tissu de confiance que les congolais ont, d’ailleurs, accepté difficilement de rabibocher, à l’issue des élections du 30 décembre 2018.

Plus que le réveillon d’hier des Députés de Lamuka, d’autres encore plus nombreux ont prévu une marche, le 30 juin 2019 à Kinshasa. Fayulu qui en avait annoncé les couleurs voulait, pour sa part, en profiter pour pousser les manifestants à revenir sur son affaire liée notamment, à la fameuse vérité des urnes.

Comme quoi, puisque le nombre d’invalidés est sans cesse croissant et que le tollé qu’il entraîne semble prendre des racines dans toutes les familles politiques, comment ne pas craindre que cette série d’arrêts rendus et affichés, tard la nuit, à l’insu des concernés, ne puisse faire courir au pays le risque d’une déflagration politique, d’une nouvelle crise de légitimité et d’une implosion qui ferait dynamiter l’essentiel des acquis de l’alternance démocratique au sommet de l’Etat.

Comment ne pas, dès lors, s’interroger sur les soubassements de ces arrêts controversés qui, logiquement, seront réexaminés par une Chambre Spéciale aux pouvoirs limités et dont la composition est constituée de ces mêmes juges ? Autant sont des questions. Autant sont des problèmes et des équations cornéliennes. Si tenté que l’on puisse dire, dulcis in fundo, que la RDC est, décidément, à la croisée des chemins, qu’elle est sur le cric, alors, sur le grill.

Les prophètes de la politique de la terre brûlée ne se montrent pas vaincus. Tout comme les catéchumènes de l’alchimie de la cacophonie sont encore trop coriaces, en dépit de la cure d’exorcisation à laquelle ils ont été soumis, après cette période où le vent impétueux secouait encore le ciel de la RD. Congo, peu avant la fin du deuxième et dernier mandat de Kabila et, surtout, juste avant que cet ancien Président n’eut décidé à lâcher du lest, son tout préféré ‘’troisième mandat’’ grâce au glissement ou aux artifices de quelques mécanismes de retardement de la tenue des élections.

L’on se souviendra, à ce sujet, de tout ce débat sur la machine à voter, le fichier électoral, l’accompagnement du processus électoral par les observateurs internationaux, le financement des élections, la souveraineté, le recensement de la population, le démembrement, l’insécurisation du pays avec le phénomène Kamuina Nsapu et consorts.

Faut-il revenir, ici, ou faire la réminiscence de tout ce feuilleton ténébreux qui, à l’appel du Comité Laïc de Coordination, fit des victimes parmi lesquelles, l’on pouvait compter les très regrettés Rossy Mukendi et Kapangala Thérèse ?

Pour le commun des mortels, il était temps que cette page soit tournée. Et qu’au lieu de la hache de guerre déterrée, les acteurs politiques devaient, normalement, décréter une trêve, se serrer les coudes et regarder dans la même direction, vers l’avenir, le développement, la paix, la sécurité pour tous, l’émergence du pays.

Or, dans le cas d’espèce, c’est tout le contraire. L’on en est à la logique de la bicyclette qui, avec ses deux roues, si elle n’avance pas, elle tombe.

Et, en conséquence, la RD. Congo tourne en rond, nonobstant les 59 ans après son accession à l’indépendance nationale et sa souveraineté internationale.

Félix Tshisekedi qui avait, pourtant, une vision ambitieuse pour ce pays, a là du pain sur la planche. Et, avec lui, Kabila et tous les ouailles du FCC-CACH dont la portée de leur engagement devrait être, à tout prix, en symétrie avec cette vision du nouveau Raïs, même si ce dernier n’a pas d’épaules galonnées, il a, tout de même, tous les symboles de la sacralité d’un Chef qui requièrent du respect, constitutionnellement parlant. Mais, curieusement, lorsqu’il signe les Ordonnances, qu’en fait-on ? Mumba regimbe, le FCC se frotte les mains alors qu’à CACH, les proches renâclent et râlent.

LPM

 


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