Après avoir exprimé sa ferme volonté de participer, coûte que coûte, aux élections, peu importe les conditions et même, avec ou sans la ‘’machine à voter‘’, l’Union pour la Démocratie et le Progrès social s’est fait sérieusement chambrer, faut-il le dire, par plusieurs de ses alliés opposants qui l’accusent de jouer au ‘’Judas‘’ politique.

Alors que l’enjeu, pour l’opposition, est de réussir le pari d’une alternance démocratique en République Démocratique du Congo pour la première fois. Comment y parvenir avec le décor placé actuellement qui présage, selon maints analystes, une volonté sournoise et méphistophélique du régime en place et de la CENI d’organiser réellement les joutes électorales. Félix Tshisekedi est-il le seul à avoir compris le jeu du pouvoir ? Ou le seul à avoir retourné sa veste au détriment des intérêts du peuple ? Dans tous les cas, c’est ce qu’il tentera de clarifier incessamment devant un public, semble-t-il, plus large que d’habitude. Il sera au Stade Tata Raphaël très bientôt, apprend-on. Ce, juste après le week-end très bouillant où s’est déroulé premièrement, la marche pacifique, dont l’Udps était la grande absente, de plusieurs partis politiques de l’opposition récusant l’usage de la MAV, le fichier électoral corrompu et exigeant l’application totale de la décrispation politique. Ensuite, le meeting du Front Commun pour le Congo, tenu le jour suivant dans ce même Stade mythique qui avait accueilli le combat du siècle entre les célèbres boxeurs, Mohammed Ali et Georges Foreman. PS : les propulseurs de Ramazani Shadary ont fait le plein de ce stade, même si certaines langues leur reprochent d’avoir usé des moyens magouilleurs pour y parvenir.

Entre défi et nécessité politique, entre concurrence et démonstration de force, le successeur de Feu Etienne Tshisekedi wa Mulumba, va briser l’omerta.

Quelques heures auparavant, via les réseaux sociaux, le Président de l’Udps avait, en effet, promis de clarifier la position de son parti et appelé les opposants à réfléchir un peu plus sur les questions essentielles du processus électoral notamment, la désignation du candidat commun, le fichier électoral et la ‘’machine à voter‘’ au lieu de ‘’passer notre temps à nous invectiver, à nous vilipender sur les réseaux sociaux‘’.

En face de ceux qui ont opté pour l’utilisation de la MAV pour les prochains scrutins et devant ceux qui ne la désirent sous aucun prétexte, le parti tout feu, tout flamme de la 11ème rue Limete a choisi, peut-être, seul dans la démarche jusque-là, d’y aller malgré tout. Pour eux, la date du 23 décembre 2018 est indéboulonnable. En plus, mieux vaut ne pas porter sur sa tête le poids du boycott des élections. Malice ou réalisme ? Ce sera certainement plus clair avant le prochain réveillon de Noël.

Pour une mobilisation de l’opposition qui n’a pas su cacher le trou udépésien et dont le nombre de participants sombre encore dans le doute, celle de Fatshi, Kabund, Kabuya et toute la bande risque fortement de dévoiler le véritable poids politique de l’Udps par rapport aux autres opposants. Si l’idée est de défier, en même temps, l’opposition et la Majorité élargie au FCC, le ciel brumeux sera peut-être dégagé sur la question de la candidature commune pour laquelle les raisonneurs de Pretoria ont promis de se prononcer d’ici le 15 novembre. Le tamis se vide, les jours passent… l’Udps sera-t-elle cavalier solitaire lors des empoignades ? C’est possible. Mais, à quel prix ?

La Pros.

 


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