Qui veulent réellement des élections en République Démocratique du Congo ? Tous ne font-ils pas semblant de vouloir les élections alors qu’ils manigancent leur échec ?

Ce sont des questions qui noient très souvent les acteurs politiques dans une situation de balbutiement, pour le moins naturel. Tout simplement parce que chacun accuse tout le monde de vouloir saboter le processus électoral au point de renoncer à sa tenue. Dès le départ, lors de la modification de la Loi électorale qui a notamment, propulsé la caution à payer pour le dépôt des candidatures à tous les niveaux, fixé l’application d’un seuil d’éligibilité à 1% concernant la représentation nationale et posé un tas de conditions qui ont mis en marge quelques candidats de l’opposition annoncés favoris, la bataille contre les élections était déjà enclenchée. En mettant tous ces dos d’âne sur le chemin menant vers les scrutins, il était question pour le pouvoir en place d’éliminer, d’entrée de jeu, plusieurs candidats de l’opposition à la présidence ainsi qu’aux législatives nationales et provinciales. C’est le cas de Jean-Pierre Bemba et Adolphe Muzito.

Toutes ces embûches, associées à la ‘’machine à voter‘’ qui, administrativement, juridiquement, techniquement et surtout politiquement, ne rencontre toujours pas l’assentiment de toutes les parties prenantes au processus électoral, fait de la volonté d’organiser les suffrages une fausseté masquée. Une cabale que l’Udps semble avoir vu venir de loin…

Il faut être clair sur un point : si les élections ne se tiennent pas le 23 décembre prochain, c’est parti pour un tour de piste sans fin. D’autant plus qu’il faudrait tout refaire à zéro. De l’élaboration d’un nouveau calendrier électoral au financement des élections avec, au passage, le retour à la crise de légitimité. Partant de cette logique, et à voir les démarches de chaque politique, l’on peut donc assez facilement remarquer ceux qui entrevoient ou pas la tenue des élections cette année.

Pour la CENI et bien entendu le régime dirigeant, la voie est balisée pour les scrutins. Et ceux qui tenteront de faire opposition au schéma tracé devront s’en prendre à eux-mêmes. En d’autres termes, s’il faut changer la donne à moins de deux mois de la date cruciale, il faudrait donc repousser la tenue des élections. Ce qui est avantageux pour ceux qui sont au service…

Pour la plupart d’opposants qui régurgitent l’usage de la MAV et même plusieurs autres aspects y relatifs, l’idée n’est donc plus de maintenir la date du 23 décembre. Mettre de côté le système de vote adopté par la Centrale électorale aujourd’hui sous-entend refaire les choses et il est clair que ce ne sera plus pour cette année. La contestation des résultats est inévitable dans le cas contraire. Une fois de plus, la bataille de crédibilité fait mouche.

Oui, il reste la perspective de ceux qui proposent un consensus en vue de se mettre d’accord sur les points divergents. Si la CENI et les autres parties engagées prêtent oreille, tant mieux. Sinon, tout le monde connaît la suite…

Le dernier schème à envisager est donc le durcissement. Chacun reste dans son coin avec sa position initiale et à la fin, le processus ainsi que les résultats s’enfoncent dans une guerre à couteaux tirés.

Evidemment, qui veulent réellement des élections en République Démocratique du Congo ? Le peuple congolais n’est-il pas face à un bal des hypocrites ?

La Pros.


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