Rassurez-vous ! Il ne s’agit pas d’un retour à la langue de Cicéron mais plutôt d’un recours à ce vieux système d’expression pour désigner simplement ‘’l’écorce‘’.

Pour cuir, bouillir et éventuellement manger correctement la plupart de fruits et autres potages, il faudrait les soustraire de tout ce qui obstrue l’accaparation de leur partie importante.

C’est, au fait, le même concept qui est actuellement souhaité comme seule issue pour se défaire du carcan, quoi qu’ensorcelé, du processus électoral en cours. Une chose est sûre : la République Démocratique du Congo ne sera ni hypothéquée, ni envoyée dans les cendres comme certains le présentent. Dans les premières heures d’hier lundi, 29 octobre 2018, la CENI a officiellement réceptionné des matériels roulants et volants de l’armée rd-congolaise, avec le concours du Gouvernement, pour le déploiement des différents kits électoraux. Visiblement, le processus va bon train. Mais, d’un œil plus mesquin, il est facile d’apercevoir plusieurs croches-pattes sur ce chemin que Corneille Nangaa qualifie de balisé. Avant tout, il faut aller aux élections le 23 décembre prochain.

Outre les autres adversités qui divisent aujourd’hui la classe politique en morceaux disproportionnés, la ‘’machine à voter ‘’ demeure à l’épicentre de tous les problèmes. Cette machine que le Président de la Centrale électorale et son staff, en connivence avec le pouvoir en place, ont choisi, bon gré mal gré d’adopter, ne figure sur aucun statut provenant d’aucune décision quelconque marquée noir sur blanc. Il n’y a eu aucune assemblée plénière pour l’approuver comme système de vote pour les prochains scrutins. Soit. Partant de l’idée selon laquelle elle a été préférée au système traditionnel pour de raisons de coûts et de temps, il se pose, tout de même, aux yeux de ceux qui la contestent, un jeu de cache-cache comploté pour faciliter une fourberie à outrance. La loi sur la passation des marchés n’a pas été respectée parce qu’il n’y a pas eu d’appels d’offres à l’intention des entreprises de fabrication de ces MAV. La CENI est allée dénicher une petite firme sud-coréenne avec laquelle le marché s’est passé de gré à gré. Encore là, la transparence fait floue.

En plus, il n’y a pas de cadre légal qui autorise son maniement. Il est clair que la Loi interdit le vote électronique en RD. Congo. Une décision bien reprise dans l’Accord de la Saint Sylvestre qui souffre encore du manque d’application.

Et dire que la décision sur l’usage de la ‘’machine à voter‘’ n’a connu aucun consensus, au préalable, au niveau politique avec les acteurs et les parties prenantes au processus électoral. Ce qui crée à ce jour le camp de ceux qui l’approuvent sans condition aucune, ceux qui la rejettent catégoriquement, et ceux qui optent pour des discussions autour de son utilisation. Sans compter ceux qui envisagent une nouvelle transition dont la fin n’est jamais facilement connue…

Techniquement, enfin, la CENI s’attache inlassablement à affirmer que la fameuse MAV n’est qu’une imprimante. D’où, dans le camp de ceux qui veulent un consensus autour d’elle, il faudrait la retirer de tout ce qui fait d’elle une ‘’imprimante connectée‘’.

En effet, des obstacles qui mènent tout droit vers un attrape-nigaud. En réalité deux. D’abord, celui qui consiste à faire écarter la MAV par la CENI pour revenir au système traditionnel de bulletins papiers. Ce qui occasionnerait ipso facto le report des élections. Devinez la suite… un glissement, le Président Kabila reste en exercice, les institutions dont le mandat est périmé restent, elles aussi, en exercice, etc.

Mais aussi celui de la transition, avec ou sans Kabila, cela dépend. De toutes les façons, dans le cas d’une transition, il faudra cogérer avec ceux qui sont en place actuellement. Mais jusqu’à quand ? Puisque le ventre des politiques a toujours un peu d’espace pour un peu plus de petit-déjeuner. Enfin, c’est un détail…

Ce qui importe actuellement pour tous les congolais, c’est l’alternance pacifique qui doit passer par des alternatives crédibles. Peu importe les idées, novatrices soit elles, il faudrait aller aux élections le 23 décembre prochain avec le dispositif proposé par la CENI, mais de manière revisitée. Donc, en tenant compte des préoccupations des parties engagées dans le processus pour un minimum de crédibilité, de transparence et surtout de paix.

La Pros.


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