Les membres de la Coalition FCC-CACH, réunis bon gré, mal gré, pour tenter de diriger le pays, ensemble, commencent à dévoiler leur duplicité de langage et de vision au grand jour.

Les uns, sortis du pouvoir il y a quelques mois, se sont accrochés stratégiquement aux postes de gouvernance et sièges des institutions, au point de ne laisser à leur ancien adversaire politique et actuel «partenaire», que la Présidence de la République. Les autres, eux, coincés entre les propos les accusant d’avoir troqué l’idéal du combat d’Etienne Tshisekedi contre l’impérium leur brandi par Joseph Kabila, et l’obligation de coopérer avec ce dernier du fait du pouvoir expressément et séparément acquis, semblent se rendre compte de l’impossible cogestion.

Le dossier le plus récent est celui des ordonnances présidentielles portant nominations à la Gécamines et à la Société nationale des chemins de fer du Congo débattus à l’assemblée nationale le samedi dernier. Altercation bouillante sur les textes constitutifs entre les élus nationaux. Une motion incidentielle qui déplace les montagnes. Pour plusieurs têtes du FCC, ces ordonnances devraient être prises sur proposition du Gouvernement délibérée en Conseil des ministres et devaient être contresignées par le Premier ministre, selon l’article 81 de la Constitution. Ce qui, bien évidemment, ne pouvait pas être le cas parce que le Premier ministre Bruno Tshibala avait déjà déposé sa démission au moment de leurs publications et que l’actuel Gouvernement expédie les affaires courantes depuis sa démission et la nomination de Sylvestre Ilunga pour diriger le futur Gouvernement.

Alors que la présidente Jeanine Mabunda a évoqué le débat démocratique pour expliquer la demande de la chambre basse au gouvernement, de ne pas appliquer les dites ordonnances, cette plénière a été perçue comme une séance tendant à vilipender la personne du Président de la République.

D’autres restent convaincus que le Chef de l’Etat a violé la Constitution, et c’est un précédent.

Le pays avance au ralenti. Dans le chef de l’opposition au sein de la chambre basse du Parlement, lorsque deux personnes ne se sentent pas capables de rester ensemble, il faut absolument les séparer. Du mal à la République… c’est ce que cette coalition crée et amplifie au jour le jour.

Le Chef de l’Etat a même signé inconsciemment ces ordonnances, selon un député national.

Entre respect des lois et violation de la Constitution, les avis sont partagés juridiquement, politiquement mais aussi sentimentalement.
Cependant, soulève un élu du peuple, soumettre les ordonnances présidentielles au débat en plénière est, dans le chef de l’Assemblée nationale, un viol intentionnel de la Constitution et de son règlement intérieur, parce que le Président de la République n’est pas responsable devant le Parlement et les actes posés par lui ne peuvent faire l’objet d’un débat dans cette chambre. A suivre…

La Pros.

 


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