On croirait presque qu’il respire encore. Dépourvu du moindre souffle de vie, Feu Etienne Tshisekedi a drainé un monde fou ce jeudi 30 mai à l’arrivée de sa dépouille mortelle à Kinshasa. Son aura de héros ne le quitte donc pas.

A voir la teneur de l’évènement, on a tout de suite envie de dire : il fallait le faire. Pour d’autres, si le Sphinx n’existait, il fallait absolument le créer. C’est un mythe, assurément.

Celui que l’on désigne aujourd’hui plus que jamais comme étant le père de la démocratie, mérite des hommages dignes de son rang et de ce qu’aura été l’essentiel de son combat dont les bénéficiaires encore vivants se réjouissent des retombées. Son fils Félix Tshisekedi, l’actuel Président de la République, le sait. Son père a posé les fondations de son confort présent. La grandeur de ces journées d’hommages exprime bien les remerciements de profonde gratitude que l’on adresse à celui qui mérite véritablement le pouvoir acquis sur fonds de plusieurs gros sacrifices, peut-être plus que ceux qui se ventent aujourd’hui d’une victoire dont ils ne connaissent que les aboutissants.

Etienne Tshisekedi wa Mulumba a été brièvement Premier ministre dans les années 90, avant de repasser dans l’opposition au régime des Kabila père et fils à partir de 1997. Il était également candidat à l’élection présidentielle de 2011, à l’issue de laquelle il avait refusé de reconnaître la réélection de Joseph Kabila en se proclamant président élu. Et voilà qu’en janvier 2019, après l’élection présidentielle triplement reportée et finalement tenue en décembre 2018, le même Kabila a cédé le pouvoir à son fils Félix, proclamé vainqueur de ce scrutin, symbolisant ainsi la première passation pacifique et civilisée du pouvoir dans l’histoire de la RD. Congo.

Actuellement, des obsèques d’Etat se déroulent en son honneur, comme il se doit. Il y a une semaine, un comité d’organisation des obsèques présentait enfin un programme précis. Le rapatriement et cortège funèbre jeudi, exposition du corps vendredi au stade des Martyrs, inhumation samedi 1er juin 2019. Le vol prévu mercredi soir a toutefois dû être reporté à la dernière minute pour des raisons logistiques. L’avion est finalement parti jeudi en fin de matinée de la base de Melsbroek avant d'atterrir peu avant 20h à Kinshasa. Les kinois ont bravé de longues distances et le temps pour l’accueillir et lui rendre les derniers nobles hommages.

La Pros.

 


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