Plus de trois mois après son investiture, Félix Antoine Tshisekedi Tshilombo tourne encore autour du pot. Sans gouvernement, ni la maîtrise de tous les arcanes du pouvoir d’Etat, il est, plutôt, à la recherche de soutiens à l’étranger.

Tantôt, en Afrique où il a été successivement à Luanda, Kampala, Kigali, Nairobi, Addis-Abeba ou en Namibie. Tantôt, il a ouvert sa première croisade au-delà du continent africain, par les Etats-Unis d’Amérique. Partout où il a été, retient-on, le tout nouveau Président Congolais veut, en effet, faire entendre, de façon claire, un autre son de la RD. Congo. Il entend, insiste-t-il, faire rayonner une autre image de son pays ; une image résolument tournée vers sa nouvelle vision axée sur la lutte contre les antivaleurs.
D’ailleurs, dans une des ses dernières interviews, il a rejeté contre complaisance et bannit tout ce qui avilit l’homme, depuis des temps immémoriaux, depuis des lustres. Là-dessus, il parle d’un nouvel homme qui dispose d’une vision somme différente qui, en principe, lui permettrait de tirer un trait sur le passé, de tourner la page des brimades, de la corruption, de la maffia endémique, y compris, sans nul doute, de la mauvaise gouvernance.
Cette posture n’est, malheureusement, pas de nature à créer une atmosphère d’embellie avec ses nouveaux sociétaires de la coalition FCC-CACH.
Déjà, ce lundi 8 avril, dans la soirée, dix-huit regroupements du FCC ont tenté de le retoquer dans la perspective de le remettre au pas des engagements souscrits, avant même qu’il ne soit devenu Président de la République, tel qu’il a été investi le 24 janvier 2019.
Dans une déclaration tonitruante, ils les lui rappellent et l’invite, par ailleurs, à se raviser pour éviter de laisser le pays perdurer dans une crise politique inutile.
Ces regroupements membres du FCC disent qu’un Chef de l’Etat, fut-il un fils Tshisekedi, devrait, dorénavant, peser les mots. Car, en tout état de cause, il n’est plus un simple cadre d’un parti politique, ni un simple militant. Il est, au fait, le Président de la République, un Chef de tout le monde, y compris de tous ses anciens et nouveaux alliés politiques d’hier et d’aujourd’hui. D’où, des appels à la sagesse se multiplient. Tous les analystes épris de paix demandent qu’une nouvelle table de discussions soit érigée entre le FCC et le CACH pour vider les divergences résiduelles sur le contenu de la coalition. Nombreux sont ceux qui pensent autrement qu’un pont permanent devrait être jeté entre Kabila et Félix Tshisekedi, pour servir de passerelle au sommet.
Et, derrière toute cette kyrielle de propositions, d’autres cris sont lancés, paradoxalement, du côté des Evêques pour jouer, de temps en temps, à l’équilibrage et au recadrage des choses à la lumière du bon sens et de la lumière de l’évangile.
Quoi qu’il en soit, la République doit avancer. Il faut absolument mettre sur pied les institutions. Le temps passe si vite qu’on en est déjà au mois d’avril alors qu’il n’y a pas longtemps qu’on avait commencé l’année 2019. Bientôt, on parlera encore du 30 juin 2019 et, très prochainement, de la Bonana 2019. Quel bilan présentera-t-on ? Celui de discussions directes, de chamailleries ou de la diarrhée verbale ? En tout cas, Félix Tshisekedi à qui l’on brandit déjà la menace de la sentence du congrès en cas de persistance de cette crise de confiance, doit agir en privilégiant les intérêts vitaux de la République.

LPM


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