Les petits tissus de confiance entre Joseph Kabila et son successeur élu, Félix Tshisekedi, se rompent lentement, mais surement.

Entre continuité et rupture, les deux pilotes de la politique actuelle du Congo-Kinshasa se bousculeraient autour d’approches. A l’instar d’une poule aux œufs d’or, l’opposant d’hier n’imagine guère régner sans gouverner, quand bien même le contrôle du Parlement et des Assemblées provinciales puisse lui échapper. D’ailleurs, autrefois à Nairobi, pendant qu’il était face aux congolais vivant au pays d’Uhuru Kenyatta, il n’était point allé par quatre chemins pour réitérer ce vœu, le plus sincère soit-il, de diriger les institutions nationales. D’aucuns lui jettent, cependant, l’anathème au regard de sa vision qui briserait, de près ou de loin, les orientations fermes de son prédécesseur. Allusion faite à son recours vers les multinationales longtemps décriées, à tort ou à raison, par le régime Kabila. Ce dernier qui, le 24 janvier 2019, était visiblement détendu lorsqu’il lui cédait les oripeaux du pouvoir, pourrait vraisemblablement en être surpris, du moins, eu égard à la trajectoire empruntée par son successeur. Nombreux sont, en effet, ceux qui se rendent compte que Tshisekedi fils met plutôt le cap vers l’Occident, dans son axe UE-USA, en lieu et place de l’Asie, contrairement à Joseph Kabila. Dos-à-dos scellé ou simples étincelles, du reste, de nature éphémère ? Wait and see. Dans tous les cas, moult analystes avisés craignent l’avènement d’une éventuelle crise fâcheuse qui naîtrait du paradoxe des vues entre les deux personnalités qui, contre toute attente, sont appelées à cogérer le pays, dès lors que le décor est planté, eu égard aux résultats afférents à l’élection présidentielle ainsi qu’aux législatives nationales et provinciales. Des pièges réels lient certainement le succès de la transition initiée par le nouveau Chef de l’Etat congolais. Au-delà de son deal avec Kabila dont la substance demeure méconnue, le pari de la confiance internationale et de la communauté nationale s’interpose. D’où, a-t-il brisé les barrières d’avec le FMI qui devra, après l’audit de l’économie nationale, rouvrir sa ligne d’appui à la RD. Congo. Dans les officines de la Banque mondiale, les bruits vont dans le même sens. La vision Fatshi qui relève, redoute-t-on, de vœu prosaïque, dans un environnement socioéconomique pollué par les contraintes de tous ordres, pourrait toutefois être porteuse d’espoir. Encore faut-il cerner l’ensemble des paramètres susceptibles de vouer à l’échec les efforts fournis. D’autant plus qu’à l’interne, l’installation des institutions nationales tarde. Il va sans dire que les deux grands joueurs du microcosme politique congolais en présence, Joseph Kabila et Félix Tshisekedi, sont censés accorder leurs violons pour décanter, dans l’intérêt supérieur, cette situation notamment, sur la mise en place d’un gouvernement digne.

La Pros.


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