Des décisions ! C’est en effet sur ce chapitre que Félix Tshisekedi s’est beaucoup plus illustré, depuis son accession au pouvoir le 24 janvier 2019. Suspensions du DG de Transco, celui de l’Ex-Onatra, du Président de l’ARPTC, du Ministre des Affaires foncières, libération des prisonniers politiques,…constituent une brochure des actions du nouveau Chef de l’Etat qui, en réalité, ne sont que des réactions.

 Oui ! Tshisekedi Tshilombo baigne plus dans le monde du feedback que celui de l’émission. Point n’est besoin de présenter, d’une manière exhaustive, cet état de chose si ce n’est qu’à se référer aux dernières décisions prises à l’issue de la réunion interinstitutionnelle du lundi 18 mars dans la foulée même de la publication des résultats des élections sénatoriales du vendredi 15 mars. Ces dernières, qui étaient imbibées des allégations de corruption et qui ont eu pour retombées des manifestations çà et là notamment, des militants de l’Udps.

Alors que le successeur de Joseph Kabila parut inanimé à l’initiative du Procureur Général de la République qui, en amont, conviait à la suspension des scrutins des sénateurs et des gouverneurs à cause dudit motif de mise a prix des suffrages, il est revenu, aux termes de la réunion interinstitutionnelle, auprès du même PGR pour l’inviter à diligenter des enquêtes.

En même temps, cette rencontre des membres des institutions a scellé le report des joutes des élections des gouverneurs et la suspension de l’installation des sénateurs nouvellement élus. De nouveaux verdicts tout autant drastiques et salvateurs, pour les uns, mais aussi anormaux et déconcertants pour les autres. Déjà, au moment où nombreux s’évertuaient dans les brainstormings, le Front Commun pour le Congo, à la manière de la réponse du berger à la bergère, a balayé d’un revers la main ces conclusions qu’il qualifie d’illicites. Cette coalition chapeautée par Joseph Kabila, ancien Chef de l’Etat, sous-tend que seules les recommandations résultent d’une interinstitutionnelle et non des décisions prises sans coup férir.

Bien que cette déclaration du FCC jette vraisemblablement un pont dichotomique d’avec le CACH et le Président de la République considérés comme leurs alliés, certaines têtes pensantes présagent, par ailleurs, la venue de certains quiproquos qui risqueraient de consacrer la fissure entre ces deux camps qui agissent comme des bébés siamois, jusque-là. Puisque l’action appelle à la réaction, telle que semble bien le faire le nouveau Chef de l’Etat, il appert aussi que les poursuites judiciaires contre certains députés provinciaux corrompus ouvriraient la boite à pandore dans le sens que ceux-ci dénonceraient, par ricochet, leurs corrupteurs.

Ce qui remettrait en question les scores donnant le FCC vainqueur et sacraliserait la distension entre les deux coalitions. Mais, au-delà des regroupements politiques, il est indéniable que la CENI sera aussi jetée dans la fosse aux lions puisque non-seulement ces résultats seront remis en cause, mais aussi la suite du processus.

D’où, une probable crise institutionnelle d’autant qu’il n’y aurait un organe crédible qui puisse parachever le processus électoral. En même temps, les Gouverneurs des provinces vont rempiler et se gargariser avec les revenus urbains. In globo, les seules conclusions prises à la réunion interinstitutionnelle ont la valeur d’un simple feu de brindilles mais qui, une fois enflammée, peut brûler toute une forêt. Halte donc aux décisions par à-coups !

La Pros.


Les plus lus