Au total, quarante-huit jours se sont déjà écoulés depuis que Félix Tshisekedi a reçu les emblèmes du pouvoir, le 24 janvier 2019, des mains de son prédécesseur, Joseph Kabila, sous l’œil vigilant des Hauts Magistrats de la Cour constitutionnelle, la population congolaise, en général, ainsi que les observateurs internationaux.

Dès lors, le nouveau Président, qui s’est, de plus en plus confirmé sur l’échiquier international, au-delà des quelconques tintamarres pro-vérité des urnes de son adversaire Martin Fayulu, ne fait pas que prendre directement des décisions tout autant salvatrices, mais il a aussi fait plusieurs promesses aux congolais. Des promesses, rassurantes, soient-elles, mais qui semblent tout de même de trop. «Trop c’est trop !», marmonnent d’ores et déjà certains impatients, quoique la gestion d’un Etat exige un suivi méticuleux des décisions annoncées et non des réponses aux problèmes par simple claquement des doigts, telle une tour de magie de David Copperfield.

En effet, Félix Tshisekedi avait promis de nommer un Premier ministre après l’identification, par un informateur, de la majorité parlementaire. Pourtant, la voie conduisant vers cette désignation du prochain locataire de la primature, loin du débat d’informateur ou non, paraît encore nuageuse. Concernant le programme d’urgence de ses 100 premiers jours, quelques actions seulement sont vraisemblablement menées à bon port.

D’autres, par contre, n’ont jamais connu un début de commencement. A l’instar de la libération des prisonniers politiques et d’opinions, autant qu’elle puisse s’accomplir, aura attendu l’écoulement même du délai de dix jours qu’il a annoncé, proprio motu, le 2 mars à la place de l’Echangeur de Limete. Le Jour-J est passé, les détracteurs de la politique Tshisekedi ainsi que ses affidés ou ses thuriféraires, ont, de part en part, tiré des leçons.

Puisque le langage d’un Chef d’Etat diffère de celui d’un commun des mortels, il serait aussi plausible de penser que le successeur de Joseph Kabila agit et réagit conformément à son planning. Le numéro Un du Congo-Kinshasa utilise-t-il un langage codifié ? Difficile de répondre à cette énigme.

Toutefois, à lire de manière fine les remue-ménages qui régentent la politique congolaise, il appert que c’est soit Tshisekedi qui ne cerne pas très bien les contours du modus agendi à suivre en RD. Congo, ou soit c’est le peuple qui ne comprend pas adéquatement son Chef. En tout état de cause, une de ces deux parties, le Président ou la population, voit les choses autrement. Qui est alors daltonien ? A l’avenir d’éclairer la lanterne…

La Pros.

 


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