Plus de trente jours après, Félix Tshisekedi n’a ni de cabinet complet, ni de gouvernement. Et, pourtant, il fait flèche de tout bois. Il affronte tous les problèmes du monde.

A la grogne sociale annoncée dans les milieux des entreprises publiques, dans le secteur de l’enseignement supérieur et universitaire, dans les administrations et autres institutions hospitalières, il y a bien lieu d’y ajouter tous les impératifs sécuritaires, diplomatiques ainsi que tous les défis de la reconstruction et du développement qui, constituent, la trame essentielle des actions de gestion courante qu’un Premier Ministre, une fois investi, aurait dû prendre en mains.
Ici, Félix Tshisekedi, au lieu d’intérioriser les missions qu’imposent ses nouvelles fonctions, passe du temps à s’occuper de ce qui se passe sur la RN1 ou à l’hôpital Ngaliema.
Certes, le geste humanitaire en tant que tel n’est pas mauvais mais, ce qui comptait le plus était d’aller à plus. C’est-à-dire, redéfinir les politiques publiques pour un pays-continent devenu, du coup, un géant aux pieds d’argile. Un tel pari exige que l’Exécutif s’y penche rapidement.

Or, celui-ci tarde à venir alors que le compte à rebours a déjà commencé. Du côté des acteurs politiques, deux tendances se dessinent dans le microcosme. Au Front commun pour le Congo, Kabila resserre ses rangs, comptabilise ses élus et cimente sa nouvelle majorité parlementaire. Il entend, pour ce faire, continuer, à sa manière, à exercer une influence somme toute décisive sur le plan de la gouvernance du pays selon que constitutionnellement, c’est cette majorité parlementaire dont il est initiateur et Autorité morale qui, au terme de l’article 78, est fondée à proposer le nom du futur Premier Ministre à Félix dont CASH n’accepte pas, cependant, d’avaler cette pilule.
On y estime, en effet, qu’au décompte réalisé par la CENI, aucun parti, ni coalition ne détenait cette majorité parlementaire-là. Et qu’en plus, même le FCC qui prétend aujourd’hui, plusieurs jours après les élections, n’était qu’une plateforme électorale et non politique lors de la publication des résultats. Bref, les pro-Tshisekedi se disent surpris d’apprendre tout ce se trame à Kingakati et crient simplement à un complot destiné à bloquer le nouveau Président de la République. Pour eux, en 2006, l’histoire renseigne qu’en dépit de ses multiples Députés, l’AMP n’avait pas 250 + 1 à la publication des résultats. Voilà pourquoi, Kabila avait alors désigné Charles Mwando Nsimba en qualité d’Informateur.

En 2011, étant donné que le PPRD et alliés avaient plus de 250+1, Kabila avait nommé un Premier Ministre, plus de six mois après son investiture. D’où, Matata vint aux affaires avec ses recettes sur le cadre macro-économique qui prirent du temps jusqu’à son départ, en novembre 2017.
Cette fois-ci, loin s’en faut, l’histoire de 2006 se répète, aux yeux des colistiers de Cash. Ce que repoussent d’un tour de main, les friands de la politique de Joseph Kabila qui, cerise sur le gâteau, vont transmettre à Félix, dès cette semaine, les listes complètes de Députés membres de la nouvelle majorité parlementaire, telles que rafistolées à Kingakati, le dimanche 24 février dernier. Puis, viendra l’étape des échanges directs entre l FCC et Cash ou entre Kabila et Félix, pour le dernier dispatching.
En tout cas, le moins que l’on puisse dire est qu’après ces cogitations, derrière le FCC, Kabila est et demeure le maître d’école, le mentor. Si bien que tout au long de la mandature, quoiqu’ayant rendu officiellement le tablier, il s’est aménagé suffisamment d’espace pour gouverner le pays.
Autrement dit, Félix règnera…

LPM


Les plus lus