Sur 485 députés attendus dans un premier temps à l’Assemblée nationale, on retrouve deux musiciens et un comédien connus du grand public parmi les nouveaux élus aux législatives du 30 décembre 2018 en République démocratique du Congo.

Il s’agit de Jean Goubal KALALA MIDIBU, Paul BALENZA DIBALENZA ainsi que Ados NDOMBASI BANIKINA. Respectivement chanteurs et opérateur culturel -metteur en scène. Il y a encore deux autres artistes qui sont élus dans les provinces. Donc, on aura au moins cinq personnes venues du monde artistique sur une vingtaine de candidatures déposées à la CENI. « Ces députés-artistes » se sont distingués de manière exceptionnelle dans leur art de prédilection. Chacun a, au moins, une histoire particulière avec le public, amoureux de la culture.
Artiste au talent innombrable, Jean Goubal Kalala a été élu dans la circonscription de Mont-Amba, sur la liste de la Dynamique de l’Opposition (D.O) de Martin FAYULU. A la fois musicien, griot, auteur-compositeur et humoriste, il est parmi les vedettes emblématiques de la scène congolaise qui émerge dans le style «Outre-musique» et la musique populaire.
Toujours avec son look bizarre et sa guitare en bandoulière, le chanteur s’est révélé au grand public grâce au succès récolté lors de la sortie de son premier album «Bombe anatomique» en 2006.
Ancien du Collège Albert 1er, il a fait les études de la pharmacologie avant de décrocher récemment son diplôme de licence en philosophie à la Faculté de Lettres à l’Université de Kinshasa.
Avant d’entamer la carrière politique qui l’amène au Parlement, Jean Goubal a signé un disque intitulé «Normes» dans lequel on y retrouve une diversité de styles de musique avec un message engagé et interpellateur.
Paul BALENZA, lui, est un chantre de l’Eternel, qui a évolué durant toute sa vie au sein de l’église catholique. Plus de 30 ans de carrière glorieuse, il a dirigé avec ardeur ‘‘Vie Nouvelle’’, un des orchestres légendaires de la Congrégation catholique en RDC.
Cet artiste musicien est considéré comme figure emblématique de la liturgie grâce à sa voix et ses cantiques très populaires qui raisonnent dans toutes les paroisses du pays. Pour beaucoup de croyants, Paul BALENZA est l’incarnation de la jeunesse catholique. Evidemment, il a aussi laissé ses empreintes dans les groupes tels que «Bilenge ya Mwuinda », Kizito, acolytat, Mijerca et scoutisme, famille chrétienne, dans l’église.
Tandis que le célèbre Ados Ndombasi est avant tout artiste dramaturge de formation, qui a fait ses preuves dans l’univers de théâtre congolais. Etant comédien et metteur en scène, il a aussi participé dans plusieurs projets artistiques et d’autres programmes de sensibilisation pour le bien-être communautaire initiés par des structures internationales et humanitaires.
Elu sur la liste de Dynamique de l’Opposition à Funa, Ados Ndombasi est surtout très connu comme opérateur culturel.
Il faut reconnaître que ces cinq dernières années, sa notoriété est, vite, montée à cause du succès foudroyant de son projet Festival «TOSEKA» qui réunit les célèbres humoristes ainsi que des grandes stars du continent et du Congo-RDC, sur scène à Kinshasa.
Pendant trois ans, il a marqué les esprits par sa meilleure politique dans la gestion de l’Amphithéâtre de Verdure’’, à Mont Ngaliema.
Politique culturelle : priorité des priorités !
Cependant, ces trois artistes ont comme mission commune de redynamiser le secteur culturel, lutter contre les antivaleurs dans l’art congolais dans son ensemble, professionnaliser et valoriser le métier d’artiste en RDC.
Conformément à la Constitution de la République, les principales attributions d’un député national sont : contrôler le pouvoir exécutif (Gouvernement) et concevoir et voter des textes de loi. En effet, ces élus artistes de Kinshasa ont la lourde responsabiliser de proposer des projets de loi qui vont certainement sécuriser la carrière de l’artiste congolais dans toute sa dimension et surtout protéger ses œuvres et améliorer les conditions de vie en général. Légiférer afin d’organiser le secteur culturel dans un pays qui, jusqu’à présent, souffre de manque de la politique culturelle.
La piraterie des œuvres artistiques, le manque d’infrastructures culturelles, salles de spectacles, studios d’enregistrement modernes ainsi que la gestion du droit d’auteur, copie privée et le statut de l’artiste en RDC. Ce sont là les fléaux qui rongent le secteur de la culture. Cette triste réalité est considérée comme les défis majeurs pour Jean Goulbal, Ados Ndombasi, Paul Balenza et tant d’autres artistes au Parlement.
Car, il est inadmissible que depuis 1967 jusqu’à nos jours, aucune société des Droits d’auteur n’ait travaillé pour assurer une meilleure gestion et répartition équitable des dividendes acquises aux œuvres de l’esprit.
De la SONECA à la SOCODA, rien n’a changé ! Les musiciens, comédiens, photographes, sculpteurs, céramistes, peintres, dessinateurs, danseurs, cinéastes croupissent dans la misère totale à cause de l’opacité criante qui règne dans la gestion de droits en RDC. Alors que ces sociétés de coopérative créées par l’Ordonnance présidentielle devraient jouer des banques pour servir les Artistes.

Jordache Diala

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