Le cinéaste congolais Tshoper Kabambi a présenté ce jeudi 13 février 2020, à l’Académie des Beaux-arts, son nouveau long métrage : CŒUR D’AFRIQUE. Un drame de 90 minutes qui relate avec détours l’histoire de Ngandu qui a grandi dans un camp révolutionnaire et conservateur des valeurs africaines.

C’est aussi une histoire d’amitié à caractère universel que le réalisateur aimerait partager avec le monde entier, adulte comme enfants de tout âge. Cœur d’Afrique est un film forgé en RDC pour tout le monde. Il sera exhibé en avant première ce samedi 15 févier 2020, au Showbuzz et en première mondiale les 21 et 22 février courant, dans la salle Boboto.
‘’Le film Cœur d’Afrique n’est pas né au Congo, plutôt aux Etats-Unis d’Amérique. Et c’est grâce à mes précédents films que je me retrouve dans ce bateau‘’, a laissé entendre Tshoper Kabambi au cours du point de presse tenu à cette occasion.
La quasi-totalité des acteurs sont des congolais notamment, Moyindo Mpongo qui tient le rôle principal, aux côtés de l’américain Brandon Ray Olive.
Il y a également dans les rôles secondaires, Emmanuel Manuanua Elbas, professeur d’art dramatique à l’Institut national des arts de Kinshasa, et Bavon Diana qui a déjà joué dans plusieurs films.
L’on tient de la note d'intention des producteurs américains que Cœur d'Afrique a été créée pour deux objectifs principaux. Premièrement, générer des fonds pour le travail et l’aide humanitaires, principalement dans les domaines de la santé et de l’éducation afin d’aider les populations africaines à devenir plus autonomes. Ce, grâce à la création de petites entreprises et en s'engageant dans des entreprises liées aux services.
Deuxièmement, aider à revitaliser l'industrie du cinéma congolais et du cinéma en Afrique, afin de partager des histoires qui promeuvent la foi, de sensibiliser davantage aux besoins et d'encourager des efforts humanitaires supplémentaires là où ils sont les plus nécessaires.

La résurrection du 7ème art congolais
Selon l’équipe de production de ce nouveau chef d’œuvre, il était important de commencer avec un projet en RDC, parce que le film y était pratiquement mort depuis plusieurs décennies. Il n'y a pratiquement plus de salles de cinéma et très peu de films ont été produits dans le pays, à l’exception de quelques films réalisés par des étrangers ou expatriés.
Ainsi, sont-ils d’avis que le succès de Cœur d’Afrique contribuera à ouvrir la voie à de nouvelles réalisations cinématographiques en RDC et dans d'autres pays africains actuellement sans industrie cinématographique active. Tout ceci, avec le concours du talentueux fils du pays, Tshoper Kabambi, très actif dans le domaine du cinéma, en organisant des ateliers pour les jeunes, en parrainant les soirées des films et en organisant FICKIN, un grand festival de films en RDC.
«Notre objectif est que notre succès au Congo inspire des efforts similaires dans d'autres régions de l'Afrique», ont fait savoir les producteurs.

L’argent, encore l’argent…
Tshoper Kabambi a révélé à la presse que par rapport ses films précédents, la préparation de Cœur d'Afrique a été très difficile et plus complexe. Mais, l'optimisme américain qu’a apporté Margaret [une des productrices], dans le processus de préparation lui a allégé la tâche. ‘’Elle nous répétait à chaque fois à quel point nous étions capables de tout surmonter parce que c’est ce qu'on avait toujours fait jusque-là. On avait des sérieux problèmes d'argent, mais l'esprit qui animait le film l'emportait sur tout et on a réussi à le faire‘’, a-t-il fait savoir.
En parlant d’argent, le réalisateur a une fois de plus fustigé le côté chiche non seulement des autorités du pays, mais également d’autres mécènes pouvant développer l’industrie cinématographique en RDC. Il y a énormément d’efforts à fournir là-dessus.

Synopsis
Gabriel Ngandu est un jeune révolutionnaire congolais qui échappe aux terribles erreurs de son passé. Son voyage d'évasion le mène à de nouvelles expériences et même à une nouvelle religion qui remet en question les croyances de longue date concernant son destin et le monde qui l'entoure. Il se trouve déchiré entre les influences et les attentes de deux figures paternelles très différentes : Mwabila, son chef révolutionnaire, et le président Kabasubabu, son nouveau chef religieux.
Il sera renvoyé dans son village natal pour construire un orphelinat avec Jason, un jeune Américain blanc. Ensemble, ils ont du mal à se comprendre et à surmonter leurs passés, leurs cultures et leurs croyances afin de servir les gens qui les entourent.

Pris entre l'inimitié ou la réconciliation, la vengeance ou le pardon, l'intolérance ou la compréhension, ils commencent à voir le potentiel d'un avenir meilleur et plus pacifique pour eux-mêmes et pour le Congo. Les mondes entrent finalement en collision lorsque des explosions secouent le nouvel orphelinat et que Kabasubabu est kidnappé par les révolutionnaires de Mwabila.

L’auteur
Auteur, réalisateur et producteur, Tshoper Kabambi est diplômé en Art Dramatique et en réalisation cinématographique à l'institut National des Arts de Kinshasa. Tshoper est le directeur général de la société «BIMPA PRODUCTION » qui travaille pour l'émergence, la visibilité et la promotion du cinéma en RD Congo. Passionné de cinéma depuis son enfance et impressionné par le travail du réalisateur Sergio Leone, Tshoper a suivi plusieurs formations dans le domaine de la réalisation, de la prise de vue et du montage, comme à l'université d'été de la Fémis à Paris, en passant par Saint Louis au Sénégal, le master classe de l'école de Djo TUNDA wa MUNGA, les Ateliers Africadoc et autres. En 2004, il commence sa carrière en séries télévisées et réalise son premier court métrage « MOINS UN » en 2008. En 2013, il réalise et produit son film «MBOTE!» qui viendra booster sa carrière en étant sélectionné à plus de 25 festivals à travers le monde et qui gagne le prix du meilleur film aux trophées francophones 2014.

Boris Luviya

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