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Plus de 40 ans de vie de scène, Mbilia Bel, de son vrai nom, Marie-Claire MBOYO MOSEKA, demeure une référence, mieux une unité de mesure pour la génération montante des chanteuses en RDC et en Afrique. Très belle voix, la cantatrice congolaise a toujours donné le meilleur d’elle pour que la femme retrouve sa place dans l’univers musical africain.


«Au-delà de tout ce que je possède, ma belle voix dorée est la plus précieuse richesse que Dieu m’a donnée sur cette terre. D’où, je développais une discipline personnelle pour la maintenir intacte jusqu’aujourd’hui», a déclaré la Cléopâtre de la rumba congolaise lors d’un entretien avec le journal La Prospérité.

Née le 10 janvier 1956, Mbilia Bel a commencé sa carrière musicale à l`âge de 17 ans lorsqu’elle intégra le groupe d’Abeti Masikini et, ensuite, celui de Sam Mangwana.
En 2016, la Diva a voulu organiser une grande soirée de gala dans une salle somptueuse de la Capitale où elle souhaitait communier avec ses admirateurs ainsi que des personnes qui la soutiennent moralement et financièrement pour maintenir sa carrière.

Hélas ! La chanteuse n’a pas pu célébrer avec faste l’événement suite à la psychose qui régnait à la fin du deuxième et dernier mandat de Joseph Kabila.
Evidemment, les enjeux politiques dominés par l’agitation dans le microcosme politique, depuis 2016, au pays ont retenu au plus haut point l’attention des Congolais. Conséquence, beaucoup de choses, sur le plan culturel, n’ont pas vraiment captivé le commun des mortels.
C’est depuis 1976, rappelle-t-on, que Mbilia Bel se bat avec sa belle voix angélique pour l’émergence de la rumba et surtout pour faire imposer la femme dans l’univers musical congolais où la gente masculine domine sur toutes les lignes.

1981…une voix dorée orne la scène musicale !

Son aura artistique explosera aux côtés de Pascal Tabu Ley Rochereau, en 1981, et se révélera ainsi au grand public et fans de "Afrisa International".
En ce qui concerne la discographie, elle a réussi sa première chanson "Mpeve Ya Longo" qui veut dire « Saint Esprit », en Kikongo, en 1982. Cette chanson émouvante racontait les abus d’un époux envers sa femme.
C’est ainsi que son avenir va s’éclaircir, sous l’encadrement du Seigneur Ley, qui lui offrira l’opportunité de réaliser son premier album "Eswi yo wapi", sorti en 1983 et qui avait connu un succès phénoménal.
Dans ce récital, Tabu Ley et Mbilia Bel ont composé le plus beau et premier duo de la musique fiesta. Ses chansons "Mobali na ngai wana" et bien d’autres sont des tubes appréciés et très écoutés partout.
En 1987, la diva claque la porte de l’Afrisa International et entame une carrière solo. Elle commence à enregistrer avec un producteur Gabonais, à Libreville, puis elle rejoint le guitariste Rigo "star" à Paris, avec qui elle sort les albums suivants: "Phénomène", "Yalowa", "Désole", "Exploration".

Quand la nostalgie maintient la cantatrice !

Après quelques années de trêves, la chanteuse va refaire surface avec son opus "Welcome back" pour prouver une fois de plus qu’elle est toujours une diva.
Après cette œuvre magistrale, elle a lancé encore beaucoup d’autres chansons. Eclectique, cette Diva légendaire s’ouvre à plusieurs influences musicales. De la rumba à l’afro-zook, en passant par le folklore, elle se distingue aussi au travers ses chansons qui sont à la fois romantiques et moralisantes. Elle dispose une discographie riche, marquée par des compositions alléchantes dont la saveur ne se termine jamais et reste toujours d’actualité.
Son dernier album «Signature» est sorti en 2017, sur le marché du disque. Malheureusement, l’œuvre n’a pas été trop connue du grand public à cause du manque d’une promotion efficace dans le média.

Qu’à cela ne tienne, Mbilia Bel continue à se maintenir grâce à ses anciennes compilations réalisées avec et sans le soutien de Tabu Ley. En collaboration avec sa collègue Tshala Muana, une autre doyenne dans la musique congolaise, elles ont réussi une sortie fracassante avec la chanson « Don de Dieu », qui replace encore les deux divas sur orbite musicale.
Présentement, la Cléopâtre de la rumba congolaise vient de reprendre quelques titres tirés de son répertoire nostalgique dont elle a même tourné et revalorisé avec deux ou trois clips vidéo qui passent déjà dans certains médias à Kinshasa.

Très coopérative, la sexagénaire a été toujours animée d’un esprit ouvert. Depuis un certain, elle s’adonne avec tout son cœur à l’encadrement de la jeunesse artistique montante au pays. Son nouveau featuring avec la jeune chanteuse Anita Mwarabu Ninita dans la chanson «Pardonne-moi» démontre combien la doyenne soutient la relève de la musique congolaise.

Jordache Diala

 

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