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Didi Kembwarss, parolier –chanteur et auteur évoluant en France
Les mélomanes des années 80 et 90 savent quelques choses sur Didi Kembwarss, de son vrai nom KEMBOLA Didi.

Des grandes stars de la rumba congolaise telles que Koffi Olomidé, Tabu Ley ou encore Faya Tess peuvent encore mieux témoigner sur son savoir-faire artistique et sa valeur démonstrative en matière d’écriture et paroles des chansons. A la fois parolier –chanteur et auteur-compositeur chevronné, l’intellectuel Kembwarss est un artiste au talent innombrable qui a posé ses pénates en France. Chic, classe et déterminé dans son art, l’Enfant terrible de la commune de Lemba s’est confié au journal La Prospérité au cours d’un entretien inédit qui lui a permis de rappeler son parcours et confirmer la sortie pour bientôt de son nouvel opus «Sentimentalement Vôtre» sur le marché du disque. Retrouvez votre artiste à cœur ouvert dans les lignes qui suivent :
Que peut-on retenir de votre histoire avec la musique ?
Didi Kembwarss : J'ai la musique en moi. C’est depuis le ventre de ma mère. J’ai commencé à écrire des chansons très tôt, à l'âge de 7 ou 8 ans. Et depuis, je n'ai jamais arrêté. Je dispose de plus de 500 chansons dans mon répertoire dont une quarantaine en français avec de la variété française.
Quelles sont les grandes lignes de votre parcours ?
DK : Déjà, à 17 ans, j'avais fondé mon propre groupe qui s'appelait GLORIA STAR. A l’époque, nous faisions nos séances de répétition à la commune de Matete. J'ai ensuite été à la création d'un autre groupe musical qui s'appelait LAS BEAS ATOUZA, à Lemba. Malheureusement, avec ces deux orchestres, je n'ai pas fait de sorties officielles. J'ai aussi fait partie du groupe ‘‘Sophistica’’ (version originale) de Matonge où j’ai fait mes premières expériences sur la scène de spectacle. Mais, tout ça n'est rien par rapport à ma rencontre avec un très grand guitariste, VERON BOBO à qui j'amenais mes chansons pour m'accompagner. Cet homme m'a appris à bien poser ma voix, à écouter la guitare quand je chante. A chaque fois, je venais avec de nouvelles chansons, il faisait les rythmiques. Quelques fois, j'allais aussi voir KOFFI OLOMIDE avec mes chansons. C'était avant la création de son Quartier Latin.
Souvenez-vous encore de quelques titres de chansons composées au début de votre carrière musicale ?
DK : Quand j'ai fondé mon groupe GLORIA STAR en 1977, j’avais déjà plusieurs chansons dans mon répertoire, notamment : « Bébé la joie », « Bolingo Zanie », « Ebale », « Mazolela Magie » et tant d’autres belles mélopées. Tandis que dans ‘‘Sophistica’’ de Matonge, j'avais mis une seule chanson intitulée «Sur la Mer sur la Terre », dans le répertoire. Part ailleurs, avec VERON BOBO, nous avons travaillé plusieurs chansons telles que « Séverine », « Cedi », « Koli kombe », « Bibiance », « Stephy »…, à ne pas confondre avec la chanson «Stéphie» de KOFFI OLOMIDE qui a toujours respecté mon travail. Je vous signale que VERON BOBO est cet homme qui a appris à KOFFI comment jouer à la guitare. KOFFI l’avait sollicité pour lui trouver des musiciens afin de créer son groupe Quartier Latin. Avec tout ce répertoire, je voulais absolument sortir un disque. D’où, je suis allé voir le PDG KIAMUANGANA VERCKYS avec mes chansons. Alors, il demanda au feu DENEWADE (Rip) de me conduire chez MANUAKU PEPE FELLY qui venait de fonder son orchestre GRAND ZAIKO WAWA. Chose faite ! Mais, mon rêve était de sortir mon propre disque mais pas d’intégrer un autre groupe. Ainsi, j’ai continué à travailler avec VERON BOBO jusqu'à mon départ pour l’Europe.
Concrètement, combien d’œuvres avez-vous déjà réalisées ?
DK : Mon premier disque a été réalisé et édité en 1989 en Europe où je travaille mes chansons avec d'autres grands guitaristes, tels que BONGO WENDE Bojack, DINO VANGU, AKUESSA KUMBARO, CAIEN MADOKA, POPOLIPO, etc. Produit par moi-même, mon premier né artistique s’intitulait « CHOC». Cet album a été distribué par la maison GEFRACO de Louis SIMON KALUILA. L’œuvre contenait 5 titres, à savoir : « Miami », «Angela », « Elodie», «Marisia» et «Musique africaine». Ce disque était un mélange des sonorités. D’ailleurs, on parle aujourd’hui beaucoup de featuring. Pour mon premier disque, je l'avais réalisé avec la chanteuse BEYOU CIEL. Et puis, j'avais introduit le synthétiseur dans cet album qui a été présenté à la télévision nationale, à l'époque la voix du Zaïre. C’était même avant le disque « NZINZI » de KESTER EMENEYA mais il faut reconnaitre que MPONGO LOVE l’avait utilisé avant nous, dans « REBE ». En 1994, j'ai sorti mon deuxième album « SOUKOUS MASTER », produit par JACQUIE TOTO et distribué par SONODISC. Il était constitué de 9 titres, dans lequel on y retrouve des chansons telles que « 20 sur vingt », « Corrigé », « Rendez-vous à Kinshasa », « Mi- Amor » (deuxième version de Miami)…En 1997, en coproduction avec la maison SONODISC, j’avais lancé mon 3ème album « MHEDIE » qui comportait 11 titres dont « Parfum Vanille », « Est-ce bien toi », « Sévérine », « L’Orchidée », « Sofele », « S.O.S Africa »… On y retrouve encore un bon featuring avec la chanteuse FAYA TESS dans la chanson « Sévérine » et « Sofele », aux guitares DINO VANGU, CAIEN MADOCA et FAUSTINO NGOÏTA à la basse.
Entre ‘‘Odemba’’ et ‘‘Fiesta’’ connus comme deux grandes écoles dans la rumba congolaise. Où peut-on vous identifier ?
DK : Mon école, c'est la Fiesta avec le seigneur Tabu Ley Rochereau. D’ailleurs, il était mon invité spécial dans une émission présentée par Alain SAINT PIERRE à la Radio Africa N° 1 quand j'ai sorti mon album « Mhédie » en 1997. C’est grâce à FAYA TESS, que j'ai pu aborder le Seigneur Ley. Je lui ai demandé s'il voulait être mon invité, il a dit oui. J'étais surpris ! Je ne m’y attendais pas à ce qu’il puisse se déplacer pour moi. Le jour de l'émission, Tabu Ley m’a dit : désormais, je faisais partie de l'école de l'Afrisa international.
Quel type de message véhiculez-vous à travers votre art ?
DK : Je chante l'amour et les faits de société car sans amour, rien ne se construit. L'amour envers la ou les personnes qui vous sont chers. L'amour de son pays. Dans ma chanson « S.O.S AFRICA » sortie en 1997, j'ai chanté pour que certains pays d'Afrique par une gouvernance rigoureuse et responsable sortent de la pauvreté, de la misère que vit son peuple. On peut constater que 21 ans après, pour certains pays la situation s'est empirée et surtout pour mon pays le Congo. La population vit toujours dans la pauvreté.
Qu’est-ce que les mélomanes peuvent encore attendre de vous en 2019 ?
DK : En 2019, la mise sur le marché de mon nouvel album « SENTIMENTALEMENT VOTRE ». Je demande au public et aux médias de bien l’écouter. Ils découvriront et retrouveront la voix exceptionnelle d’une chanteuse KRISTY DIAMOND dans « Malochris ». Par ailleurs, j’envisage également de mettre en place un groupe musical pour m'accompagner dans des prestations en live et surtout pour enregistrer un générique à partir de Kinshasa. Je pense que la suite de mon programme sera dévoilée, après. Mais, un seul rendez-vous à retenir, c’est « SENTIMENTALEMENT VOTRE ».
Pourquoi avoir donné le titre « Sentimentalement Vôtre » ?
BK : D’abord, il est constitué de 4 chansons d’amour, à savoir : « Miami Forever », « Malochris », « Sévérine 20 ans déjà » et « Mon Dieu mon Roi ». Il faut l’écouter pour plonger dedans. Cet amour est contagieux et se partage. « Sentimentalement vôtre » est une déclaration d’amour. Ce sentiment-là, au moment où, il se déclare, est réciproque et englobe beaucoup des personnes qui s’y trouvent ou qui rêvent de vivre ça. En l’écoutant, j’ai voulu qu’on soit imprégné d’une sensation de bonheur, de bien-être. Retenez que « Mon Dieu, mon Roi » est une chanson que j'ai écrite pour rendre grâce à notre Dieu, Créateur. « Miami Forever » est la 3ème version modifiée de la chanson « Miami » qui était dans mon premier album sorti en 1989. Tandis que « Séverine 20 ans déjà » est une reprise modifiée de la chanson « Sévérine» tirée de mon album « MHEDIE » sorti en 1997. Dans cet album, je ne chante que l’amour, encore toujours l’amour.

Propos recueillis par Jordache Diala

 

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