Chercheur en relations internationales à l’Université de Kinshasa, le Chef des travaux Papy Nseka, ancien affidé de l’Udps, conseille au nouveau Président congolais, Félix Antoine Tshisekedi, de conjuguer la rupture et la continuité du régime Kabila. Parlant ainsi de la continuité, il indique que le Président honoraire, Joseph Kabila, a la majorité des Députés au Parlement, et qu’il est absurde de penser que les potentiels sociétaires de sa famille politique pourront disparaître de l’arène politique, par un bâton magique. «Il n’est pas dit que tous ceux qui sont au FCC sont des démons ;

c’est faux. Tout le monde n’a pas volé. Bien entendu, il y a des hommes intègres, des potentialités humaines qui peuvent apporter quelque chose au nouveau régime », soutient-il. A l’en croire, la cohabitation entre le FCC et CACH demeure le schéma inévitable en perspective. Ce Chercheur souligne, cependant, que le successeur de Kabila devra valablement s’ouvrir à la coopération internationale, en lieu et place du schéma de l’autarcie, quelle que soit sa forme.
Rupture relative

« Lorsque le Président Félix Tshisekedi se mettra à relever différents défis en présence, à tous les niveaux de la vie nationale, c’est cela le sens de la rupture tant souhaitée par le peuple congolais. Mais, pour cela, il faut un diagnostic profond de la situation actuelle », appuie M. Papy Nseka. Libre de pensée, il soutient, tout en faisant allusion à la grogne sociale, que le leader de l’Udps ne devra pas céder à la lubie de l’opinion publique qui réclame monts et merveilles, en un jour. « Paris n’a pas été construit en un jour. Il faut du temps au nouveau Président. D’ailleurs, le développement est un processus. Les congolais doivent être patients », argumente-t-il en réponse aux compatriotes impatients du changement.

La peur du gendarme

Ce Chercheur en relations internationale de la colline inspirée de Mont-Amba martèle que Félix Tshisekedi, dans son strapontin présidentiel, devra instaurer, le plus tôt, la peur du gendarme, entendez, dit-il, l’Etat de droit qui tienne compte de réalités locales. Il souligne, en effet, que si la justice congolaise est réellement indépendante, elle accomplira sans faux-fuyant son rôle social, et chacun des citoyens se mettra à sa place, assez naturellement. Ce, pour éviter les détournements récurrents et autres abus dans le chef de certains dirigeants avides de se servir au détriment du peuple.

Communier avec le monde

Quant aux relations entre la RD. Congo, dans son contexte actuel, et les nations du monde, le Chef des travaux Papy Nseka note que le Congo-Kinshasa est un pays souverain certes, à l’instar de la France, des Etats-Unis d’Amérique, de l’Afrique du Sud ; mais le degré est différent, confie-t-il. « Le Président Félix Tshisekedi ne doit pas travailler en autarcie, mais plutôt s’ouvrir au monde. Evidemment, il n’est pas dit qu’il acceptera des ordres émanant des autres Etats, mais la coopération avec l’extérieur est nécessaire. Cela nécessite une bonne politique extérieure qui s’impose», conseille-t-il au nouveau Chef de l’Etat congolais.

Consolider l’Udps

Ancien de l’Udps, le Chef des travaux Papy Nseka estime que le moment est propice pour ce parti, désormais présidentiel, d’enraciner ses structures à travers les 26 provinces du territoire national. «Le Président Félix Tshisekedi doit organiser le parti, en vue des élections à venir. Aujourd’hui, le miel est là ; tout le monde cherche à rentrer à l’Udps. Il sied de tenir compte du bal des chauves dont avait parlé le Président Etienne Tshisekedi, pour dire qu’il faut éviter ceux qui avaient trahi ; car ils trahiront. Le parti doit être soutenu. L’Udps est un parti populaire, il doit de plus en plus se structurer. La réalité est telle que l’Udps n’est plus un parti d’opposition. Il a le pouvoir qu’il doit conserver démocratiquement. Cela dépend du travail et du bilan que le Président Félix présentera au peuple, à la fin de son premier quinquennat. Les cadres du parti doivent, donc, travailler dur et recruter d’autres forces», conclut-il.

Jacques Kitengie

 

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