Il se tient, durant 4 jours, à Kinshasa, un atelier d’information sur les interventions et politique de nutrition en République Démocratique du Congo. Ce, à l'intention des experts et responsables des secteurs sensibles à la nutrition.

Ces assises ont été lancées le lundi 27 janvier 2020 à Caritas Congo, par M. Liévin Mbantshi, représentant le Secrétaire Général à l’Agriculture, en présence de M. Henri Paul Eloma, le chargé des programmes à l’Organisation des Nations Unies pour l’alimentation et l’agriculture (FAO). Ceci s’inscrit dans le cadre du «Projet d’appui à la structuration du Programme National de Sécurité Alimentaire et Nutritionnelle en Agriculture», institué par le Ministère de l'agriculture qui s'est résolu de jouer un rôle déterminant dans la lutte contre l’insécurité alimentaire et la malnutrition dans une approche multisectorielle.

Il s’agit, concrètement, de deux ateliers de deux jours chacun, dont le premier sur «les interventions et politique de nutrition en RD Congo à l'intention des experts et responsables des secteurs sensibles à la nutrition», qui a démarré lundi 27 janvier et celui sur «la validation du mandat et des attributions de la direction/programme national de sécurité alimentaire et nutritionnelle en Agriculture», prévu à partir du jeudi 29 au 30 janvier 2020.
Pour M. Liévin Mbantshi, accorder la priorité à la Sécurité Alimentaire et Nutritionnelle en RDC est un investissement pour un futur collectif. Cet investissement, dit-il, doit englober l'Agriculture, la Santé, l'Education mais aussi les autres secteurs, vu le sens multisectoriel du domaine.
C’est dans ce sens qu’il a tenu à remercier la Représentation de la FAO en RDC qui, à travers un partenariat franc et sincère, ne cesse d'accompagner les efforts du Gouvernement de la République avec l'appui de plusieurs projets dans le secteur de l’Agriculture.

Dans sa casquette de Coordonnateur national du programme d’urgence et d’autosuffisance alimentaire au Ministère de l’Agriculture, il a rappelé à tous les intervenants du secteur agricole qu'en République Démocratique du Congo, plusieurs facteurs concourent au maintien d'énormes couches d'insécurité alimentaire et nutritionnelle. Parmi lesquels, la faible disponibilité des aliments, les mauvaises pratiques alimentaires et nutritionnelles, les conflits armés, conflits ethniques, les maladies et épidémies, ainsi que la faible couverture géographique de la promotion de l'alimentation du Nourrisson et jeune.
‘’Il en ressort aussi que les mauvaises pratiques alimentaires et nutritionnelles sont, entre autres, dues au manque d'informations et encadrement des populations par les secteurs attirés pour induire le processus de changement et d'adoption de comportement favorable‘’, a souligné Liévin Mbantshi.

Matérialisation
Pour ce faire, la nécessité d'une réponse rapide à ces priorités par les actions coordonnées et concentrées a poussé le Ministère de l'Agriculture à formuler une demande d'assistance pour la réalisation de son Renforcement des capacités institutionnelles et opérationnelles dans le développement des politiques, programmes, projets et investissements agricoles avec les aspects de sécurité alimentaire et nutritionnelle.
Cette requête a obtenu un avis favorable auprès de la FAO sur un appui financier et technique pour «le renforcement des capacités institutionnelles et opérationnelles du Ministère de l'agriculture pour le développement des aspects nutritionnels dans les politiques, programmes et projet de développement et investissement agricole».
Cet avis favorable de la FAO a été matérialisé par l'approbation, sur fonds propres, du projet dénommé « Projet d'appui à la structuration du Programme de Sécurité Alimentaire et Nutritionnelle en Agriculture » pour un montant total de 125.000 USD.

Les attentes
Il est notamment attendu, au terme de ce projet, que le Programme National de sécurité alimentaire et de nutrition en Agriculture au sein du Ministère de l'Agriculture soit fonctionnel ; qu’un plan d'action 2020-2030 du Programme National de Sécurité Alimentaire et Nutritionnelle (PNSAN) soit élaboré et mis en œuvre ; que les capacités des agents du terrain soient renforcées ; et qu’un système de suivi évaluation soit mis en place.
‘’C’est dans ce cadre que le projet a été lancé officiellement le 11 juillet 2019 par le Secrétaire General à l'Agriculture, ouvrant ainsi la voie à l'exécution des activités planifiées dont celle en rapport avec la définition du mandat, la mission et les attributions de la structure chargée de mettre en œuvre la politique de sécurité alimentaire et de nutrition au sein du secteur agricole‘’, a laissé entendre M. Henri Paul Eloma de la FAO.
Au cours de ces travaux, deux activités prévues dans le plan de mise en œuvre du projet et qui se complètent seront exécutées pendant 4 jours au CARITAS CONGO.

La première partie lancée hier, lundi, a porté sur le partage d'informations sur ce que chaque secteur fait en matière de nutrition et de sécurité alimentaire. Ces travaux visent à valider le document qui définit le mandat, les missions et les tâches ou les attributions du Programme National de Sécurité Alimentaire et Nutritionnelle en Agriculture. Pendant deux jours, les participants reçoivent des éclaircissements sur la validation des attributions de la nouvelle structure Sécurité Alimentaire et Nutritionnelle afin d'éviter des chevauchements des tâches avec la structure de sécurité alimentaire et de nutrition du secteur agricole. Un consultant national-expert en appui institutionnel avec l'appui du Comité Technique de coordination du projet aident les participants afin d'atteindre l'objectif escompté.

Il sied de rappeler que depuis plus de deux décennies, la République Démocratique Congo fait face à une situation nutritionnelle préoccupante. Entre 2001 et 2018, la prévalence du retard de croissance chez les enfants de moins de 5 ans est passée de 43% à 42 %, soit 6 millions d'enfants touchés chaque année. Les efforts fournis ont permis de réduire la prévalence de l'insuffisance pondérale de 34 % en 2001 à 23 % en 2018, l'émaciation de 21 % en 2001 à 7 % en 2018. La forme sévère touche environ deux millions d'enfants de 6 à 59 mois. Malgré cette réduction, ces taux restent élevés et des écarts importants sont constatés par rapport aux cibles mondiales fixées.

La Pros.

Les plus lus