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Cadrant avec la célébration de la journée internationale de la liberté de la presse, l’Union nationale de la Presse au Congo (UNPC) et l’Union Congolaise des Femmes des Médias (UCOFEM), en partenariat avec Free Press Unlimited, ont organisé la cérémonie de remise des prix «Tshimpumpu» et «Jeune Femme Journaliste».

C’était le vendredi 3 mai 2019, au Centre Wallonie Bruxelles, en présence des professionnels de médias, mais aussi des partenaires de la presse en République Démocratique du Congo. Cinq personnes ont été primées, au total, dont quatre femmes, lesquels se sont démarqués d’une manière ou d’une autre. Joseph Kasonga Tshilunde, président de l’UNPC, était également de la partie.

Au départ, ce prix a commencé avec l’appui de l’Ong FEI (France expertise international) où étaient organisées de grandes cérémonies avec beaucoup de prix. Après que le contrat soit terminé, le prix a flanché et les initiateurs sont restés se battre seuls pour éviter son extinction. Avec Free Press Unlimited, ce prix a été relancé dans une configuration presque semblable. Aujourd’hui, il est couplé avec celui de l’Ucofem qui prime aussi, chaque année, une femme qui se distingue dans le traitement de l’information.

«Tshimpumpu» et l’excellence
Pour ce qui est du prix Lucien Tshimpumpu de l’UNPC, trois journalistes ont été récompensés notamment, pour leur esprit d’émulation et d’excellence dans l’exercice de la profession. Il s’agit d’abord de Martial Papy Mukeba de la Radio Okapi/Beni, primé grâce à son courage. Absent lors de la cérémonie, il s’est fait représenter par le Rédacteur en chef de Radio Okapi, par qui il a témoigné que ‘’ce prix est d’abord une consécration pour Radio Okapi qui privilégie le travail à travers son réseau de journalistes déployés dans les différentes provinces de la RDC. Son histoire est intimement liée au processus de paix en RDC… cette distinction va réconforter la Radio Okapi dans sa position originale qu’elle occupe dans le paysage audiovisuel congolais comme une source d’information non négligeable…‘’

Martial Papy Mukeba a fait ses débuts en journalisme dans les années 2004, en tant qu’animateur radio des émissions sportives et culturelles, toujours à Beni. En 2007, il est journaliste-reporter, et deux ans après il est désigné chef de programme à la radiotélévision Munganu de Beni. Entre 2007 et 2010, il travaille comme correspondant de la Deutsche Velle, la radio internationale allemande. En 2011, il intègre le réseau de correspondants de Radio Okapi où il est recruté en 2013 comme journaliste-reporter avec comme aire de couverture les villes de Beni et Butembo, les territoires de Beni et Lubero qui défrayent la chronique dans un sens, comme dans un autre depuis un certain temps. Jusqu’à ce jour, il couvre l’actualité politique, économique, sociale, sécuritaire et même sanitaire notamment, les reportages sur la riposte du virus Ebola.

Le deuxième prix est attribué à Christiane Munoki Ekambo, Directrice Générale du site Journaldesnations.net gratifiée pour son dynamisme malgré son âge avancé. On parle bien d’une femme polyvalente dans la presse écrite et la presse en ligne. Elle est sur terrain avec des collègues journalistes qui ont l’âge de ses enfants ou moins. ‘’Ce prix, pour moi, marque un symbole, celui de la persévérance. Et par rapport à ma catégorie, on m’a primé pour ma persévérance pour tout ce parcours que je fais. J’ai fait longtemps dans les reportages et j’y suis toujours. Je pense qu’avec ce prix, c’est ma consécration‘’, a-t-elle avancé. Pour elle, ce prix est une référence ou un modèle pour les jeunes filles afin de les inciter à aller de l’avant. ‘’Quoi qu’on soit mariée, quoi qu’on ait des enfants, il faut toujours rester dans la profession surtout quand on a fait ses études, on doit arriver jusqu’au bout. Il faut persévérer, être impartiale. C’est la ténacité qui compte et le professionnalisme pour bien faire‘’, poursuit-elle.
Le troisième prix Tshimpumpu a été accordé à Elysée Odia, journaliste à Congo Web télévision et Rédactrice en chef adjoint de 7sur7.cd, grâce à sa polyvalence.
Tous les lauréats ont été honorés par un diplôme de mérite et une somme de 500 USD.

L’Ucofem pour l’innovation
Concernant le prix de la ‘‘Jeune Femme Journaliste’’ de l’UCOFEM qui en est à sa quatrième édition, deux gagnantes se sont illustrées. Premièrement, Concilie Nkolo de l’Agence Congolaise de Presse/Kisangani qui, elle, s’est attelée sur le secteur des mines dans ce coin du territoire national. Impliquant plusieurs risques, elle s’est donnée corps et âme pour ressortir l’implication de la femme dans le monde de mines en RDC.
En second lieu, c’est Maravilha Milambo de la RTVH qui a également été récompensée. Elle a réalisé un reportage assez original sur les relations qui se passent en dessous de la ceinture, qu’entretiennent depuis un certain temps plusieurs professeurs d’universités et étudiantes ayant perdu la raison.

Les primées ont reçu des Smartphones et le droit de participer à une formation payante sur la santé de la reproduction. Mais, également, une somme de 300 USD pour la première et 200 USD pour la seconde.
Aya Mayimona, la Coordonatrice de l’UCOFEM a déclaré que c’est depuis 2016 que ce prix a été institué. ‘’L’aventure commence avec la fédération des radios de proximité au Congo avant d’agir en 2018 à côté de l’UNPC qui décerne déjà le prix Tshimpumpu depuis plusieurs années, pour donner plus d’ampleur à la cérémonie. Pour cette quatrième édition, le prix a été décerné à deux jeunes femmes journalistes. Le concours a été lancé au début du mois d’avril sur l’ensemble du territoire pour toutes les catégories des médias. Un jury composé des journalistes et enseignants a été mis en place pour sélectionner les meilleurs, tenant compte des critères‘’. Des critères, en effet, parmi lesquels la prise en compte du genre, l’intérêt du sujet pour le public, le professionnalisme et l’innovation.

Au fait, l’Ucofem milite pour la promotion des droits des femmes et l’égalité des sexes. Et s’est donnée la charge d’accompagner les jeunes femmes dans la profession. Les conditions difficiles du travail des journalistes n’encouragent pas beaucoup de jeunes, surtout femmes, à faire carrière dans cette profession. ‘’Et ce prix a pour ambition de leur donner de l’espoir, qu’elles n’oublient pas qu’elles ont choisi un métier noble qui leur donne la possibilité de s’épanouir…‘’, a-t-elle soutenu.

Boris Luviya

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