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*Désormais, dans les annales de l’histoire, Joseph Kabila reste le gage de la tenue des élections en RD. Congo.

D’ailleurs, pour confirmer sa volonté à faire avancer les choses, il laissera à son successeur la possibilité ‘’d’assumer la plénitude de ses prérogatives constitutionnelles de Chef d’Etat’’, soutient, sans ambages, ni titillement, le Professeur Néhémie Mwilanya Wilondja, cité par Jeune Afrique, en marge d’une interview axée sur les questions qui défrayent la chronique de l’actualité en RD. Congo. Ici, pour cerner les contours de ce qui se prépare, juste après la tenue des élections, le 30 décembre 2018, découvrez l’intégralité de cette interview dont le contenu est et reste déterminant pour l’avenir du pays. Puisqu’il s’agit de la bouche autorisée du Front Commun pour le Congo, tout est à prendre au sérieux.
Interview
RDC : « Joseph Kabila reste le gage de la tenue des élections »
(Par Néhémie Mwilanya Wilondja)
*Au lendemain de l'annonce du nouveau report des élections en RDC, Néhémie Mwilanya Wilondja, Directeur de Cabinet du Président Joseph Kabila et Coordonnateur du Front Commun pour le Congo (FCC), revient sur les derniers rebondissements de l'actualité électorale congolaise.
Pour les élections de ce dimanche 30 décembre 2018, Néhémie Mwilanya s’est présente aux législatives et croit fermement en la victoire d’Emmanuel Ramazani Shadary à l’issue de la présidentielle. Depuis quelques jours, il s’est retranché dans le Fizi, au Sud-Kivu, où il était allé en campagne.
J.A. : A Kinshasa, la Commission Electorale Nationale Indépendante (CENI) a annoncé, mercredi 20 décembre, le report des scrutins au 30 décembre. Était-ce prévisible ?
N.M. : Jusqu’à l’incendie [de l’un des entrepôts de la CENI à Kinshasa, le 13 novembre, ndlr], rien ne pouvait présager de cette éventualité du report. Au contraire, la commission électorale communiquait largement sur l’évolution de son plan de déploiement.
«Martin Fayulu a reçu un agenda précis, celui de perturber le processus électoral »
J.A. : Mais, très rapidement, vous avez pointé l’opposant Martin Fayulu, candidat de la coalition Lamuka (Réveille-toi, en lingala) d’être derrière cet incendie. Avez-vous des preuves ?
N.M. : Depuis des mois, nous avons tiré la sonnette d’alarme sur les discours qui faisaient l’apologie de la violence électorale et qui prenaient pour cible les matériels de la CENI. Et ces propos venaient des sociétaires du regroupement politique Lamuka. A Genève [où il a été désigné candidat de Lamuka], Martin Fayulu a reçu un agenda précis, celui de perturber le processus électoral et de relancer l’idée de la « transition sans Kabila » de manière à récupérer les exclus légaux du processus électoral que sont Jean-Pierre Bemba, Moïse Katumbi et tous les autres.
En même temps, Olivier Kamitatu [porte-parole et directeur de cabinet de Moïse Katumbi], a déclaré dans un tweet qu’il fallait qu’il y ait derrière chaque machine à voter un policier, sinon elle allait être cassée, brulée.
J.A. : Est-ce que ce tweet d’Olivier Kamitatu suffit pour démontrer l’implication de Lamuka dans l’incendie de l’entrepôt de la Ceni à Kinshasa, selon vous ?
N.M. : Il n’y a pas de doute possible. Le Président Joseph Kabila a l’habitude de dire que « la violence physique est toujours précédée par la violence verbale ». Et ici, en l’occurrence, ce n’est pas seulement une phrase, c’était toute une idéologie. Un terrorisme urbain qui était en train d’être développé par des discours de Lamuka à travers la République.
Pendant la campagne, des jeunes gens ont été lancés à l’assaut des installations de la CENI et des autres candidats ou des militants de ces derniers, y compris ceux de l’opposition. Des affiches des autres candidats qui n’étaient pas de Lamuka ont été arrachées, des meetings troublés.
C’est pourquoi il n’y a pas aujourd’hui à chercher des coupables derrière des épiphénomènes. Le phénomène, c’est l’idéologie de la violence qui a été conçue dans le laboratoire de Genève et qui a été mise en œuvre par ceux qui sont reconnus par toute l’opinion nationale et internationale comme des vrais extrémistes sur la scène politique.
J.A. : Mais les investigations de la police se poursuivent, et les causes de cet incendie ne sont pas encore connues. Ne craignez-vous pas d’être accusé de vouloir influencer l’enquête sur le terrain ?
N.M. : Nous ne parlons pas sur base de notre imagination. Nous donnons notre point de vue en partant des faits que nous alignons. Nous pouvons ainsi arriver à une déduction tout à fait raisonnable. A quiconque qui a des faits contraires de les mettre sur la table.
J.A. : D’autres soutiennent que ce nouveau report des élections n’est, finalement, qu’une illustration du refus du gouvernement d’organiser les élections, et ainsi de permettre à Joseph Kabila de rester en fonction ?
N.M. : S’il y a eu des élections à deux reprises dans ce pays, et s’il y en aura pour la troisième fois, cela procède de la volonté personnelle du Président Kabila qui a installé la démocratie en RDC.
« L’opposition a toujours brillé par sa volonté d’accéder au pouvoir par la violence ou la négociation »
J.A. : Mais en 2016 vous n’avez pas pu organiser ces élections dans les délais…
N.M. : Elles n’ont pas été organisées pour des raisons connues de tous. On nous a imposé une guerre qui a pris deux ans. C’est ce qui nous a privé des ressources financières et du temps nécessaires pour tenir ces scrutins. Ce sont des faits. De toutes les façons, nous pouvons aujourd’hui faire impasse sur ce débat parce qu’il y a eu un dialogue et un accord politique. Depuis, nous sommes les seuls à avoir porté le processus électoral de bout en bout.
Nous remercions d’ailleurs le peuple congolais qui a refusé de suivre l’opposition qui réclamait le partage du pouvoir. Dès le mois de juillet 2016, il nous a suivi dans le processus d’enrôlement des électeurs, tournant le dos aux opposants qui insistaient à l’époque sur la fameuse formule de « transition sans Kabila ». Ce qui nous fait dire aujourd’hui que, même avec ce léger report, c’est le Président Kabila qui reste le gage de la tenue des élections dans ce pays. L’opposition, quant à elle, a toujours brillé, depuis le maréchal Mobutu, par sa volonté d’accéder au pouvoir par la violence ou la négociation.
J.A. : Au sein de votre famille politique, une formule revient également souvent : « Il [Joseph Kabila] l’a dit, il l’a fait ». Pourtant, entre 2016, date de la fin théorique de son second mandat, et 2018, des jeunes gens sont morts en réclamant que le Président affirme clairement qu’il ne briguera pas un troisième mandat…
N.M. : Non, ils ne sont pas morts pour cela. Ils sont morts parce qu’on les a enrôlés dans une armée de terroristes urbains. Rappelez-vous qu’en septembre 2016, lorsqu’il y a eu des événements à déplorer [des manifestations violemment réprimées à Kinshasa, ndlr], nous avons vu des jeunes gens parader avec des armes à la main. Alors, la question est de savoir où ils ont eu ces armes.
En fait, deux logiques s’affrontaient sur le terrain : la nôtre – celle de la démocratie -, et celle de l’opposition – la démarche pseudo-révolutionnaire, soutenue par certains membres de la communauté internationale. Heureusement que le Président Kabila a été tenace. Nous devons aujourd’hui à sa ténacité le salut de la démocratie dans ce pays.
J.A. : Sur le terrain, depuis le début de la campagne, un candidat se démarque : Martin Fayulu, qui a drainé des foules enthousiastes à travers le pays. C’est aussi le cas du ticket Félix Tshisekedi et Vital Kamerhe. N’avez-vous pas peur du fait que votre champion, Emmanuel Ramazani Shadary, paraisse en perte de vitesse à quelques jours du vote ?
N.M. : C’est un jugement erroné ! Dans les centres urbains, Emmanuel Ramazani Shadary a souvent rassemblé le triple de foules par rapport à Martin Fayulu ou Félix Tshisekedi. Contrairement à ces derniers, nous nous sommes également déployés dans l’arrière-pays. En conséquence, nous sommes les seuls à avoir la maîtrise totale des milieux ruraux où se trouvent 80 % de l’électorat national. Les jeux sont donc faits.
J.A. : Mais cela n’a-t-il pas été compliqué pour vous de battre campagne pour la continuité, après 17 ans de règne marqués, entre autres, par la persistance des groupes armés dans l’Est, l’insuffisance des infrastructures de base ou encore des salaires dérisoires pour les fonctionnaires ?
N.M. : Il faut avoir une vue globale de la situation de la RDC. D’où venons-nous ? Où est-ce que nous sommes et où est-ce que nous sommes en train d’aller ?
Nous sommes les seuls à démontrer clairement que ce pays était inexistant au moment où Joseph Kabila l’a pris en main. Aujourd’hui, le premier acquis, c’est l’unité du pays : la RDC a été réunifiée. Le deuxième, quoi que l’on en dise, c’est la paix. Tenez, nous venons de battre campagne pendant 30 jours sans incident majeur, à part quelques échauffourées entre des militants de partis politiques.
J.A. : Il y a eu des morts tout de même…
N.M. : Ils sont à déplorer certainement, et c’est à mettre à charge de ceux qui ont développé l’idéologie du terrorisme urbain pendant la campagne. Mais globalement, la campagne s’est terminée sans incident majeur du point de vue sécuritaire. C’est la preuve que Joseph Kabila a restauré la paix dans ce pays.
Il reste effectivement des poches de résistance où il y a des groupes armés. Notre candidat a fait de la restauration de l’autorité de l’État un point d’honneur : les moyens seront donnés à l’armée, à la police et aux services de sécurité pour en finir avec ces groupes armés. Nous sensibilisons également ces jeunes gens qui détiennent encore des armes en brousse pour qu’ils retrouvent le droit chemin.
Au-delà de cette question sécuritaire, dans quel état avons-nous trouvé l’économie de ce pays ? Combien de zones monétaires avions-nous ? Nous avions une inflation à quatre chiffres, mais nous sommes parvenus à avoir une croissance qui frôlait les deux chiffres.
Les perspectives économiques dans tous les secteurs sont aujourd’hui plus que radieuses. Nous avons mis en place des programmes volontaristes, notamment celui relatif aux « 1 000 écoles par an » ; nous avons amélioré sensiblement la situation de la scolarisation des jeunes filles et des centres de santé ont été réhabilité.
Avec les revenus supplémentaires qui nous arriverons du nouveau code minier, nous allons faire davantage. Donc, il y a lieu de croire que la poursuite de cet élan va procurer des lendemains meilleurs à notre pays.
Par contre, en face, ceux qui critiquent notre bilan, qu’est-ce qu’ils ont comme projet ? Avant de venir parler aux Congolais, ils parcourent les Capitales européennes et occidentales. Ils se sont réunis à Genève, puis à Nairobi. C’est de là-bas qu’est venu le projet qu’ils sont en train de vendre aux Congolais. Ils n’ont pas de projet authentiquement congolais, qui tend réellement à répondre aux besoins fondamentaux de la population.
« Nous voulons que la communauté internationale redevienne neutre »
J.A. : Ce discours souverainiste n’est-il pas contradictoire avec le fait que Joseph Kabila a été bercé par la communauté internationale à son arrivée au pouvoir, voire, plus tard, à travers le Comité International d’accompagnement de la transition (CIAT) avant le premier cycle électoral de 2006 ?
N.M. : Nous constatons simplement que la RDC est le seul pays où certains États de la communauté internationale se mettent systématiquement au chevet de l’opposition. Nous invitons la communauté internationale à jouer son rôle positif et constructif, celui d’accompagner le gouvernement congolais dans ses efforts de consolidation de la stabilité, de la paix et de la sécurité, mais aussi dans son élan de relance économique. Ensemble, nous devons travailler dans le cadre d’un partenariat gagnant-gagnant.
En réalité, nous ne sommes pas contre la communauté internationale. Nous voulons qu’elle redevienne neutre. N’oubliez pas que c’est dans la Capitale de l’Europe, à Genval (banlieue bruxelloise), au vu et au su de tout le monde, que s’est organisée l’opposition congolaise. Puis, il y a eu Genève et Nairobi.
Ce n’est donc pas un discours souverainiste. Nous voulons seulement qu’on puisse respecter notre peuple et que les Congolais apprennent à aimer leur pays plutôt qu’à recevoir des cahiers de charges de l’étranger.
J.A. : Au point de refuser tout soutien logistique ou financier de cette communauté internationale, à travers la Monusco, dans l’organisation des élections ?
N.M. : On dit souvent que les pays africains issus de la colonisation sont des jeunes démocraties. Je pense que celles-ci sont appelées à croître. Si nous commençons à résoudre certains problèmes et à organiser notre système démocratique nous-mêmes, en lui assurant un financement interne, cela devrait être plutôt perçu comme une preuve de maturité politique. Car, dans le cas contraire, celui qui finance contrôle. Et quand on contrôle, on s’immisce dangereusement dans des affaires relevant de la politique intérieure du pays.
Nous l’avons accepté en 2006, parce que nous sortions de la guerre. Toutes les ressources y étaient consacrées et nous étions à la veille des élections. Mais il est de l’intérêt de cette même communauté internationale de voir la RDC assumer la plénitude de ses responsabilités sur des matières relevant de sa politique intérieure.
« Joseph Kabila laissera son successeur assumer la plénitude de ses prérogatives constitutionnelles de chef d’Etat »
J.A. : Vous avez décidé de passer de l’ombre à la lumière en vous portant candidat aux législatives. Quel nouveau rôle comptez-vous jouer demain ?
N.M. : Je n’ai aucune ambition. Je ne suis ni caporal, ni sergent, capitaine ou général. Je ne suis qu’un soldat. Je ne fais qu’obéir à l’appel de ma famille politique et de la population congolaise.
J.A. : Quid de Joseph Kabila ? Certains membres de son entourage affirment qu’il va rester le « guide » au-dessus du futur Président, si celui-ci est issu de votre famille politique. Le confirmez-vous ?
N.M. : C’est Joseph Kabila qui s’est battu pour l’instauration de la démocratie dans ce pays. Et il se bat encore aujourd’hui pour la consolider à travers la possibilité de la première alternance démocratique et pacifique en RDC. Il a respecté la Constitution, il laissera certainement son successeur assumer la plénitude de ses prérogatives constitutionnelles de Chef d’Etat et de Président de la République.
Pour le reste, le Président Kabila est à la tête de sa formation politique, le PPRD. Il était l’autorité morale de la Majorité présidentielle (MP) et il est l’autorité morale du FCC. Il ne va donc pas chômer. Il va s’occuper de sa famille politique. Lorsqu’on a la chance d’avoir un sage dans un pays, il ne faut pas s’en plaindre. Pour la première fois, nous pourrions avoir quelqu’un qui aura l’expérience de la gestion du pays et qui pourrait faire bénéficier à toute la classe politique de ses sages conseils.
Joseph Kabila sera donc le chef de la famille politique d’où sera issu le futur Président de la République, si Emmanuel Ramazani Shadary est élu…
Telle est la situation aujourd’hui.

(Avec Jeune Afrique)


RASOIR

«Fiasco», c’est un mot d’origine latine, qui symbolise un échec total ou monumental, qui arrive dans une situation donnée, dans la vie des êtres humains. Hélas !

Le décor planté en ce moment même au sein du microcosme politique de l’opposition laisse entrevoir un fiasco qui, sans aucun doute, serait difficile à effacer d’aussitôt dans les mémoires des congolais lambda. Cela, en perspective du scrutin du 23 décembre 2018, où au regard de ce qui arrive, laisse le couloir au Candidat du FCC. Eh oui, 24 heures ont suffit pour que, sur les sept ténors de l’opposition qui ont fait le déplacement de Genève, deux membres ‘’trahissent’’, au bas mot, le compromis pris à Genève, lequel a propulsé Martin Fayulu Madidi comme candidat commun de l’opposition.

A ce stade, Faudra-t-il encore parler de la trahison venant de la part de Kamerhe et Fatshi ? Le revirement brusque de ces deux leaders de l’opposition, après la pression de leur base respective, est-il vraiment justifié? Que dire du rendez-vous de la Suisse ? Etait-ce un règlement des comptes des trois candidats écartés à la course pour la magistrature suprême, à savoir : Bemba, Katumbi et Muzito, qui auraient choisi un candidat qui plaiderait leur cause ? Que des questions sans réponse. En effet, l’issue des concertations de l’opposition à Genève avait présagé d’ores et déjà les couleurs de prochaines élections qui vont être organisées par la Centrale électorale, sur la capacité des uns et des autres à mettre, chacun, de l’eau dans son vin et d’harmoniser les vues de chaque prétendant, en se mettant ensemble comme il faut, pour gagner les élections à venir.

Toutefois, succombant aux caprices de la base de l’UNC et de l’UDPS, Kamerhe et Tshisekedi se sont désolidarisés des conclusions de Genève, laissant Martin Fayulu avec quelques camarades invalidés, à poursuivre le schéma établi dans la Capitale helvétique. Ainsi, avec cette division spectaculaire, les Opposants laissent passer la chance d’espérer à la victoire finale après le 23 décembre 2018. De l’autre côté, le Front Commun pour le Congo -FCC-, avec sa “machine à gagner”, semble avoir pris une sérieuse avance sur les enjeux électoraux qui se peaufinent à l’horizon.

La Pros.