Flash

Le calendrier électoral vient, une fois de plus, de subir un réaménagement qui risque de déboucher sur un revirement spectaculaire de la situation générale en République Démocratique du Congo. Les élections dont la tenue a été repoussée du 23 au 30 décembre prochain, se dérouleront sans une partie aussi importante que problématique du pays. Les villes de Beni, Butembo et Yumbi situées dans les provinces du Nord-Kivu et Maï-Ndombe vont donc devoir prendre leur mal en patience jusqu’en mars 2019. Elles subiront des élections directes qui feront l’objet d’un calendrier spécifique. C’est la CENI qui l’a annoncé ce mercredi 26 décembre 2018 à travers un communiqué qui fixe désormais la date de la prestation de serment du Président de la République élu au 18 janvier 2019.
En d’autres termes, le nouveau Chef de l’Etat rd-congolais n’aura pas été élu par toute la République. La Centrale électorale vient donc de modifier la partie la plus cruciale du calendrier après l’avoir décalé d’une semaine faute des conditions nécessaires non encore réunies pour la tenue des élections sur toute l’étendue du territoire nationale. Enfin, presque…
Les scrutins auront donc lieu le dimanche 30 décembre 2018, sauf nouvel imprévu. Et, pendant 6 jours, soit du 31 décembre 2018 au 5 janvier 2019, sera la période du ramassage, compilation et centralisation des résultats du vote présidentiel. La même opération se poursuivra jusqu’à la date du 22 janvier 2019 pour le vote législatif et provincial. Le 6 janvier 2019 interviendra l’annonce des résultats provisoires de l’élection présidentielle, dont les recours et traitement de contentieux est prévu du 7 au 15 janvier 2019.
Ce même 15 janvier seront publiés les résultats définitifs de l’élection présidentielle et la prestation du serment du Président de la République élu aura lieu le 18 janvier 2019. S’il faut être précis, ce sera l’investiture du Président de ¾ de la République.
Pour la CENI, le dernier report des élections aura donc eu une incidence sur les autres activités du calendrier électoral. Ajouté à cela la situation sécuritaire et sanitaire préoccupante dans la région de Beni-Butembo dans la province du Nord-Kivu. Principalement, avec la persistance de l’épidémie à virus Ebola dans les circonscriptions électorales élaguées par la CENI et même la menace terroriste qui y plane. Ainsi, précise la CENI, toute les décisions antérieures contraires à la présente décision sont abrogées.
Il sied de rappeler que cette partie exclue à participer aux joutes électorales constitue le bastion même de l’opposition, spécialement du candidat de la coalition Lamuka où ses principaux concurrents n’ont pas pu y mettre les pieds. Coup monté ou réel aveu d’impuissance et d’incapacité ? Dans tous les cas, avec ce nouveau schème, la crise de légitimité guète plus que jamais à la porte de la RD. Congo dont le ciel s’assombrit davantage. Le Cap pour le Changement du tandem Tshisekedi-Kamerhe a acquiescé la décision et maintient sa volonté de participer aux élections, coûte que coûte. Lamuka, par contre, digère encore mal ce bouleversement dont elle accuse la CENI d’une détermination manifeste à ne pas vouloir organiser les élections en RDC.

Boris Luviya

 


RASOIR

«Fiasco», c’est un mot d’origine latine, qui symbolise un échec total ou monumental, qui arrive dans une situation donnée, dans la vie des êtres humains. Hélas !

Le décor planté en ce moment même au sein du microcosme politique de l’opposition laisse entrevoir un fiasco qui, sans aucun doute, serait difficile à effacer d’aussitôt dans les mémoires des congolais lambda. Cela, en perspective du scrutin du 23 décembre 2018, où au regard de ce qui arrive, laisse le couloir au Candidat du FCC. Eh oui, 24 heures ont suffit pour que, sur les sept ténors de l’opposition qui ont fait le déplacement de Genève, deux membres ‘’trahissent’’, au bas mot, le compromis pris à Genève, lequel a propulsé Martin Fayulu Madidi comme candidat commun de l’opposition.

A ce stade, Faudra-t-il encore parler de la trahison venant de la part de Kamerhe et Fatshi ? Le revirement brusque de ces deux leaders de l’opposition, après la pression de leur base respective, est-il vraiment justifié? Que dire du rendez-vous de la Suisse ? Etait-ce un règlement des comptes des trois candidats écartés à la course pour la magistrature suprême, à savoir : Bemba, Katumbi et Muzito, qui auraient choisi un candidat qui plaiderait leur cause ? Que des questions sans réponse. En effet, l’issue des concertations de l’opposition à Genève avait présagé d’ores et déjà les couleurs de prochaines élections qui vont être organisées par la Centrale électorale, sur la capacité des uns et des autres à mettre, chacun, de l’eau dans son vin et d’harmoniser les vues de chaque prétendant, en se mettant ensemble comme il faut, pour gagner les élections à venir.

Toutefois, succombant aux caprices de la base de l’UNC et de l’UDPS, Kamerhe et Tshisekedi se sont désolidarisés des conclusions de Genève, laissant Martin Fayulu avec quelques camarades invalidés, à poursuivre le schéma établi dans la Capitale helvétique. Ainsi, avec cette division spectaculaire, les Opposants laissent passer la chance d’espérer à la victoire finale après le 23 décembre 2018. De l’autre côté, le Front Commun pour le Congo -FCC-, avec sa “machine à gagner”, semble avoir pris une sérieuse avance sur les enjeux électoraux qui se peaufinent à l’horizon.

La Pros.