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Le Président de l’Association africaine de défense des droits de l’Homme, ASADHO, Jean-Claude Katende a dénoncé les différentes altercations et magouilles utilisés pour empêcher le bon déroulement de la campagne des candidats de l’opposition dont Martin Fayulu de Lamuka et Félix Tshisekedi de Cap pour le Changement, CACH.

Il a condamné les attitudes des forces de sécurité et du Président Kabila qui, à l’en croire, ne veut pas quitter le pouvoir et se sert desdites manigances pour achopper la tenue d’une véritable compétition électorale. Voilà pourquoi, il en appelle à la tenue d’une transition sans Kabila qui est, d’après lui, la seule voie pour sortir le pays de cette crise chaotique. Le Président de cette organisation de la Société civile a émis ces propos susmentionnés, le mardi 11 décembre, au cours d’une interview accordé à votre journal et dont la teneur est si bien détaillée dans les colonnes ci-après.

Des candidats président de l’opposition ne réalisent pas bien leur campagne. Ce mardi 11 décembre, Martin Fayulu a été encore empêché de s’adresser à la population à Lubumbashi. Quelle analyse faites-vous de cette situation?
Nous personnellement à l’ASADHO, nous avons toujours dit que le Président Kabila n’a pas de volonté non seulement de quitter le pouvoir mais aussi il n’a pas de volonté pour organiser des élections qui soient une véritable compétition. Et, cela est en train de se confirmer aujourd’hui par le fait que tous les candidats ne sont pas logés à la même enceinte. Il y a le candidat du FCC qui a tous les privilèges et les autres sont même empêcher de tenir leur propre meeting alors qu’ils sont attendus par des foules nombreuses. Nous condamnons cette attitude de la police, des autorités politico-administratives mais aussi du Président Kabila lui-même qui reste silencieux sur des atteintes aux droits politiques aussi importants. Donc, nous ne pouvons pas accepter ça. Et, nous pensons que ce qui est arrivé à Monsieur Fayulu à Lubumbashi est extrêmement grave parce que nous avons vu la police, la garde républicaine déployées pour saboter le meeting du candidat Fayulu.
Dans ce sens, comment voyez-vous ces élections fixées au 23 décembre 2018 ?
Non ! Ce qui est urgent aujourd’hui si l’on veut que le Congo organise des élections qui conduisent à la paix, à la consolidation de la démocratie, c’est d’organiser la transition sans Kabila. Et, aujourd’hui, chaque jour qui passe nous donne effectivement raison.
Vous louez donc le renouvellement des sanctions de l’UE à l’encontre de certaines autorités congolaise qui sont aussi accusées d’atteintes aux droits de l’homme ?
De notre part, il ne faut pas oublier que l’ASADHO a été l’une des organisations qui a milité pour que les sanctions soient prises contre lesdites autorités. Et, nous sommes parmi les organisations qui ont milité pour que les sanctions soient renouvelées. Aujourd’hui que cela est fait, nous ne pouvons que nous en féliciter et nous ne pouvons que dire que c’est une bonne chose. Tant que les autorités congolaises frappées par les sanctions ciblées ne vont pas être poursuivies par la justice congolaise pour des violations de droits de l’Homme dont elles se sont rendues coupable, je pense que nous continuerons à militer pour ces sanctions.
Mais ces autorités congolaises concernées par ces sanctions semblent un peu s’en foutre d’autant qu’elles crient à la souveraineté du pays ?
Le Ministre des Affaires Etrangères a fait des tournées en Afrique pour convaincre des gens à le soutenir pour que les sanctions soient levées. Il a même réuni les diplomates occidentaux à Kinshasa pour menacer que, dans le cas où ces sanctions seront maintenues, la RDC prendra des mesures des représailles. Donc, si ces sanctions ne valaient pas la peine, si elles ne leur faisaient absolument rien, je pense qu’on ne déploierait pas autant d’énergies, autant d’argents pour aller faire des plaidoyers ailleurs afin d’espérer la levée desdites sanctions. Donc, cette dernière ont effectivement un impact sur le vécu quotidien.
Membre de la FIDH, vous avez introduit un rapport concernant les massacres du Kasaï. Et, Denis Mukwege a aussi fait allusion d’un rapport qui traine sur la table de l’ONU. Pouvons-nous dans ce sens parler d’une certaine négligence de la communauté internationale (CI) face à ce qui se passe en RDC ?
Il faut dire qu’il y a une partie de la Communauté internationale notamment, les russes et les chinois qui ont démontré leur désintérêt de la situation qui se passe dans le pays. Dans le rapport « Mapping » auquel M. Dénis Mukwege fait allusion, on connait bien les faits qui sont arrivés et on connait aussi les auteurs dont certains sont aujourd’hui dans les institutions congolaises. Pourquoi depuis lors, ce rapport n’a jamais eu de suite ? Pourquoi ces personnalités n’ont jamais été poursuivies ? Pourquoi aujourd’hui avec les manifestations du CLC ? Pourquoi aujourd’hui avec les contours de la campagne de Martin Fayulu [et des autres candidats], la Communauté internationale ne prend pas des mesures fortes contre la RDC. Et, donc il y a une certaine complicité d’une partie de la CI dans les drames qui se produisent au Congo. On ne peut pas s’en cacher.
Qu’est-ce que vous pensez faire comme forme des pressions pour améliorer la situation ?
D’abord la solution à cette crise dans le pays viendra absolument des congolais eux-mêmes. C’est pour cela que je pense qu’il est urgent que nous puissions nous mobiliser tous pour réclamer, comme nous l’avons toujours fait, la transition sans Kabila. C’est la seule voie pour sortir le Congo de cette situation chaotique.

Propos recueillis par Corneille Lubaki


RASOIR

«Fiasco», c’est un mot d’origine latine, qui symbolise un échec total ou monumental, qui arrive dans une situation donnée, dans la vie des êtres humains. Hélas !

Le décor planté en ce moment même au sein du microcosme politique de l’opposition laisse entrevoir un fiasco qui, sans aucun doute, serait difficile à effacer d’aussitôt dans les mémoires des congolais lambda. Cela, en perspective du scrutin du 23 décembre 2018, où au regard de ce qui arrive, laisse le couloir au Candidat du FCC. Eh oui, 24 heures ont suffit pour que, sur les sept ténors de l’opposition qui ont fait le déplacement de Genève, deux membres ‘’trahissent’’, au bas mot, le compromis pris à Genève, lequel a propulsé Martin Fayulu Madidi comme candidat commun de l’opposition.

A ce stade, Faudra-t-il encore parler de la trahison venant de la part de Kamerhe et Fatshi ? Le revirement brusque de ces deux leaders de l’opposition, après la pression de leur base respective, est-il vraiment justifié? Que dire du rendez-vous de la Suisse ? Etait-ce un règlement des comptes des trois candidats écartés à la course pour la magistrature suprême, à savoir : Bemba, Katumbi et Muzito, qui auraient choisi un candidat qui plaiderait leur cause ? Que des questions sans réponse. En effet, l’issue des concertations de l’opposition à Genève avait présagé d’ores et déjà les couleurs de prochaines élections qui vont être organisées par la Centrale électorale, sur la capacité des uns et des autres à mettre, chacun, de l’eau dans son vin et d’harmoniser les vues de chaque prétendant, en se mettant ensemble comme il faut, pour gagner les élections à venir.

Toutefois, succombant aux caprices de la base de l’UNC et de l’UDPS, Kamerhe et Tshisekedi se sont désolidarisés des conclusions de Genève, laissant Martin Fayulu avec quelques camarades invalidés, à poursuivre le schéma établi dans la Capitale helvétique. Ainsi, avec cette division spectaculaire, les Opposants laissent passer la chance d’espérer à la victoire finale après le 23 décembre 2018. De l’autre côté, le Front Commun pour le Congo -FCC-, avec sa “machine à gagner”, semble avoir pris une sérieuse avance sur les enjeux électoraux qui se peaufinent à l’horizon.

La Pros.