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*Les Princes de l’Eglise catholique sortent de leurs nouvelles réflexions. Vendredi 23 novembre 2018, autour de 13 heures, en clôturant l’assemblée plénière extraordinaire ouverte depuis le 20 novembre dernier, ils ont, enfin, brisé l’omerta.

Dans un communiqué officiel, ils formulent, en effet, toute une série de recommandations autour de la question des scrutins combinés du 23 décembre 2018. Les Evêques, se disant très inquiets, insistent sur la tenue des élections crédibles pour une véritable alternance démocratique en RD. Congo. Dans la foulée, ils dénoncent déjà quelques ratés au sujet de préalables majeurs, de l’absence d’un consensus sur des questions essentielles dont l’affaire de la machine à voter, du fichier électoral et, surtout, du déficit de traitement équitable pour tous les candidats. D’ailleurs, un des candidats, plus précisément, celui du Front commun pour le Congo, serait, selon eux, favorisé au détriment des autres alors que la loi électorale fixe, de manière claire et impartiale, toutes règles de jeu.

En effet, depuis trois jours soit du mardi 20 au jeudi 22 novembre 2018, les Evêques se sont donnés la peine d’analyser de fond en comble, le processus électoral en cours en vue d’en dénicher les incongruités et d’éclairer les zones d’ombre.

En assemblée plénière extraordinaire, sur les hauteurs même du Centre interdiocésain, à la Gombe, les Evêques et Archevêques venus de divers diocèses de la République souhaitent que les prochaines ne donnent pas lieu à des guerres fratricides, à des soulèvements à l’emporte-pièce, aux troubles et pillages inconsidérés, au chaos ou à l’apocalypse.

‘’Nous constatons la détermination du Gouvernement et de la CENI à tenir les élections, le 23 décembre 2018, conformément au calendrier électoral. Malgré les divergences de vue sur certains points importants du processus, tous les partis et regroupements politiques semblent résolus d’aller aux élections’’, déclarent-ils.

Mais, conscients de l’incertitude de sécurité sur l’étendue nationale, entre les troubles des étudiants de l’Unikin, les guerres de l’Est, l’épidémie d’Ebola, les expulsés de l’Angola et l’absence du consensus autour de la machine à voter ainsi que du fichier électoral, les Evêques lancent un vibrant appel à toutes les parties prenantes au processus électoral. Ils disent que le sang des congolais ne doit plus couler. Tout comme les congolais ne doivent plus continuer à compter et enterrer les morts.

Comme lors des assises de la Saint Sylvestre, les Evêques invitent les autorités congolaises, les acteurs politiques et la société civile, à tout mettre en œuvre, pour un atterrissage en douceur du processus électoral en cours.

Recommandations

Pour eux, en effet, le peuple congolais doit se prendre en charge en votant utile et en âme et conscience. La population ne doit plus se laisser manipuler par l’argent, son choix au vote doit être fait en fonction des idées, de la compétence ainsi que de la moralité du candidat. Car, mal voter revient à accepter de souffrir encore une fois, de subir des infamies.

’’ L’heure est venue de procéder à un vote responsable, c’est-à-dire, choisir des hommes et femmes soucieux de défendre notre pays ; de promouvoir le bien-commun, garantir la liberté fondamentale, défendre les droits humains. Il nous faut des dirigeants qui respectent la loi fondamentale et la parole donnée, des personnes honnêtes et de bonne moralité qui ne s’approprient pas les ressources du pays, attention aux corrompus et aux corrupteurs’’, admonestent-ils.

Aux candidats, les Evêques appellent à la conscience au point de faire primer l’intérêt général de la nation en lieu et place des intérêts personnels.

A la CENI, par contre, ils demandent d’informer de manière efficiente, la population ainsi que les candidats sur le bien-fondé de la machine et d’apporter des preuves nécessaires en vue de la faire accepter de tous. Mais aussi, de faciliter l’accréditation des témoins et observateurs, de ne prendre en compte que le comptage manuel des résultats en vue d’éviter les contentieux électoraux. Toutefois, la prière demeure le grand remède prescrit aux patriotes, chrétiens et personnes de bonne volonté, en faveur de la nation.

Ainsi, concluent-ils, en puisant dans Luc 19 :42 (‘’ si toi aussi, tu avais reconnu en ce jour ce qui peut te donner la paix), toute la richesse de la sagesse.

La Pros


RASOIR

«Fiasco», c’est un mot d’origine latine, qui symbolise un échec total ou monumental, qui arrive dans une situation donnée, dans la vie des êtres humains. Hélas !

Le décor planté en ce moment même au sein du microcosme politique de l’opposition laisse entrevoir un fiasco qui, sans aucun doute, serait difficile à effacer d’aussitôt dans les mémoires des congolais lambda. Cela, en perspective du scrutin du 23 décembre 2018, où au regard de ce qui arrive, laisse le couloir au Candidat du FCC. Eh oui, 24 heures ont suffit pour que, sur les sept ténors de l’opposition qui ont fait le déplacement de Genève, deux membres ‘’trahissent’’, au bas mot, le compromis pris à Genève, lequel a propulsé Martin Fayulu Madidi comme candidat commun de l’opposition.

A ce stade, Faudra-t-il encore parler de la trahison venant de la part de Kamerhe et Fatshi ? Le revirement brusque de ces deux leaders de l’opposition, après la pression de leur base respective, est-il vraiment justifié? Que dire du rendez-vous de la Suisse ? Etait-ce un règlement des comptes des trois candidats écartés à la course pour la magistrature suprême, à savoir : Bemba, Katumbi et Muzito, qui auraient choisi un candidat qui plaiderait leur cause ? Que des questions sans réponse. En effet, l’issue des concertations de l’opposition à Genève avait présagé d’ores et déjà les couleurs de prochaines élections qui vont être organisées par la Centrale électorale, sur la capacité des uns et des autres à mettre, chacun, de l’eau dans son vin et d’harmoniser les vues de chaque prétendant, en se mettant ensemble comme il faut, pour gagner les élections à venir.

Toutefois, succombant aux caprices de la base de l’UNC et de l’UDPS, Kamerhe et Tshisekedi se sont désolidarisés des conclusions de Genève, laissant Martin Fayulu avec quelques camarades invalidés, à poursuivre le schéma établi dans la Capitale helvétique. Ainsi, avec cette division spectaculaire, les Opposants laissent passer la chance d’espérer à la victoire finale après le 23 décembre 2018. De l’autre côté, le Front Commun pour le Congo -FCC-, avec sa “machine à gagner”, semble avoir pris une sérieuse avance sur les enjeux électoraux qui se peaufinent à l’horizon.

La Pros.