Flash

Jeudi 15 novembre 2018, le Centre Interdiocésain situé à Gombe, siège de la Conférence Episcopale Nationale du Congo –CENCO, a été envahi par des membres des familles de quelques personnalités politiques en prison et qui devraient, selon l’Accord de la Saint Sylvestre, jouir de la décrispation politique.

Un mémo a été donc lu par ces derniers devant la presse. Ce texte a été paraphé par les familles Diomi Ndongala, Muyambo, Mulumba Gecoco, Bakajika, Bomboko, Katumbi, Anzuluni, Nyamuisi, Rachidi et d’autres. Mme Patricia Diomi Ndongala a eu à dévoiler le contenu de ce mémo intitulé «Où est ton frère ? » par une lecture. « La CENCO, dans son rôle de facilitation de l’Accord de la Saint-Sylvestre avait pris l’initiative de se porter garante de la libération des prisonniers politiques et du retour des exilés politiques, en demandant à l’opposition et à la société civile, pendant les discussions au Centre interdiocésain de Kinshasa, d’accepter que ceux-ci soient libérés après la signature de l’Accord, et pas avant, comme ces composantes exigeaient préalablement. Les familles des prisonniers politiques de la RDC vous demandent, messeigneurs, en tant que frères en Christ : ‘’ Où sont vos frères’’ », dit ce mémo.

Tout s’est passé sans incident car, cette foule a déposé sa correspondance au secrétariat de la CENCO. Les membres des familles des politiciens en prison dits ‘’prisonniers politiques’’ et de quelques personnalités hors du pays voulues des exilés politiques ont formulé une poignée de propositions aux Evêques catholiques qui ont eu à arbitrer, fin 2016, les différends entre politiciens afin de baliser, par l’Accord de la Saint Sylvestre, le saut de l’après 19 décembre de cette année-là. Pour ces familles, ‘’aussi longtemps que les prisonniers politiques congolais ne seront pas libérés, il n’y aura aucune garantie d’un aboutissement heureux du processus électoral en RDC’’. Dans leur message aux Evêques, ces familles n’ont pas manqué d’utiliser une approche chrétienne en citant la Bible pour toucher le cœur des princes de l’Eglise Catholique afin qu’ils s’activent davantage pour que la décrispation politique soit effective à l’aube des élections du 23 décembre 2018. En effet, elles ont recouru à un passage du livre de Paul aux Hébreux 13,3 et Mt 25.35-36 pour dire : « Souvenez-vous des prisonniers, comme si vous étiez aussi prisonniers ; de ceux qui sont maltraités, comme étant aussi vous-mêmes dans le même corps… J’étais en prison et vous m’avez visité…».

Propositions

«Il serait souhaitable qu’une structure permanente, au sein de votre sainte organisation qu’est la CENCO, soit mise en place pour le suivi soutenu de la question de la décrispation politique et le retour des exilés. Il serait souhaitable qu’à la prochaine Assemblée générale, qui se réunira dans quelques jours, la CENCO ne se penche pas exclusivement sur l’évaluation du processus électoral, comme il a été annoncé, mais aussi sur la question fondamentale de la libération des prisonniers politiques, conformément à l’accord de la Saint-Sylvestre, les deux sujets étant strictement liés, dans la perspective d’un processus électoral inclusif, crédible et apaisé». Nous rappelons qu’effectivement la CENCO se réunit en Assemblée Plénière Extraordinaire du 20 au 22 novembre 2018 pour évaluer le processus électoral», proposent ces familles.

DN


RASOIR

«Fiasco», c’est un mot d’origine latine, qui symbolise un échec total ou monumental, qui arrive dans une situation donnée, dans la vie des êtres humains. Hélas !

Le décor planté en ce moment même au sein du microcosme politique de l’opposition laisse entrevoir un fiasco qui, sans aucun doute, serait difficile à effacer d’aussitôt dans les mémoires des congolais lambda. Cela, en perspective du scrutin du 23 décembre 2018, où au regard de ce qui arrive, laisse le couloir au Candidat du FCC. Eh oui, 24 heures ont suffit pour que, sur les sept ténors de l’opposition qui ont fait le déplacement de Genève, deux membres ‘’trahissent’’, au bas mot, le compromis pris à Genève, lequel a propulsé Martin Fayulu Madidi comme candidat commun de l’opposition.

A ce stade, Faudra-t-il encore parler de la trahison venant de la part de Kamerhe et Fatshi ? Le revirement brusque de ces deux leaders de l’opposition, après la pression de leur base respective, est-il vraiment justifié? Que dire du rendez-vous de la Suisse ? Etait-ce un règlement des comptes des trois candidats écartés à la course pour la magistrature suprême, à savoir : Bemba, Katumbi et Muzito, qui auraient choisi un candidat qui plaiderait leur cause ? Que des questions sans réponse. En effet, l’issue des concertations de l’opposition à Genève avait présagé d’ores et déjà les couleurs de prochaines élections qui vont être organisées par la Centrale électorale, sur la capacité des uns et des autres à mettre, chacun, de l’eau dans son vin et d’harmoniser les vues de chaque prétendant, en se mettant ensemble comme il faut, pour gagner les élections à venir.

Toutefois, succombant aux caprices de la base de l’UNC et de l’UDPS, Kamerhe et Tshisekedi se sont désolidarisés des conclusions de Genève, laissant Martin Fayulu avec quelques camarades invalidés, à poursuivre le schéma établi dans la Capitale helvétique. Ainsi, avec cette division spectaculaire, les Opposants laissent passer la chance d’espérer à la victoire finale après le 23 décembre 2018. De l’autre côté, le Front Commun pour le Congo -FCC-, avec sa “machine à gagner”, semble avoir pris une sérieuse avance sur les enjeux électoraux qui se peaufinent à l’horizon.

La Pros.