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Depuis le dimanche 11 novembre 2018, le choix à Genève de Martin Fayulu Madidi comme candidat commun de l’Opposition n’a de cesse d’alimenter les débats au sein de l’opinion tant nationale qu’internationale.

Même à New York, au siège des Nations Unies, le sujet s’est aussi invité. En effet, Leila Zerrougui, représentante spéciale du Secrétaire Général de l’ONU, a, en début de semaine, fait part au Conseil de Sécurité du rififi qui accompagne la désignation de Fayulu. Ce, depuis le retrait lundi 12 novembre des signatures de Vital Kamerhe, président de l’UNC, et Félix Tshisekedi, number one de l’Union pour la Démocratie et le Progrès Social –Udps. ‘’Les principaux candidats de l’opposition à l’élection présidentielle se sont entendus dimanche à Genève sur une candidature unique. A l’issue d’un conclave de trois jours facilité par la Fondation Koffi Annan, ils ont désigné Martin Fayulu pour les représenter dans le cadre d’une nouvelle coalition dénommée Lamuka, ce qui, en lingala, signifie, Réveille-toi’’, a informé la cheffe de la Monusco qui n’a pas manqué, ce n’est pas une surprise, de poursuivre son propos pour confier les inquiétudes qui se développent. ‘’La coalition a annoncé la prochaine organisation d’un meeting populaire à Kinshasa afin de présenter le candidat commun de l’opposition, le programme commun et l’état-major de la campagne. Le choix de Martin Fayulu comme candidat commun de l’opposition suscite toutefois de vives contestations parmi les militants de l’UDPS et de l’UNC. Face à ces contestations, les leaders de l’UDPS et de l’UNC ont annoncé leur retrait de l’accord signé la veille ‘’, a-t-elle dit.

Baliser la voix des élections

Le mercredi 31 octobre 2018, Florence Marshall, porte-parole de la Monusco, annoncé que ‘’la Représentante spéciale du Secrétaire général des Nations Unies rencontrait les 21 candidats à l’élection présidentielle et que ces réunions entraient dans le cadre des bons offices qui visent à contribuer à l’instauration d’un climat de confiance parmi les parties prenantes au processus électoral, préalable nécessaire à des élections apaisées le 23 décembre prochain’’. Dans son speech du mardi dernier, Leila Zerrougui a confié ne point ménager «aucun effort» dans le cadre de ses bons offices pour parvenir à ce but. Mais, au chapitre des confessions, elle a assuré que «des progrès doivent encore être réalisés afin de créer un environnement propice à la tenue d’élections crédibles». A une poignée de jours du lancement de la campagne électorale, il faut signaler que le consensus sur la machine à voter comme l’usage du fichier électoral en l’état divisent toujours la classe politique.

DN


RASOIR

«Fiasco», c’est un mot d’origine latine, qui symbolise un échec total ou monumental, qui arrive dans une situation donnée, dans la vie des êtres humains. Hélas !

Le décor planté en ce moment même au sein du microcosme politique de l’opposition laisse entrevoir un fiasco qui, sans aucun doute, serait difficile à effacer d’aussitôt dans les mémoires des congolais lambda. Cela, en perspective du scrutin du 23 décembre 2018, où au regard de ce qui arrive, laisse le couloir au Candidat du FCC. Eh oui, 24 heures ont suffit pour que, sur les sept ténors de l’opposition qui ont fait le déplacement de Genève, deux membres ‘’trahissent’’, au bas mot, le compromis pris à Genève, lequel a propulsé Martin Fayulu Madidi comme candidat commun de l’opposition.

A ce stade, Faudra-t-il encore parler de la trahison venant de la part de Kamerhe et Fatshi ? Le revirement brusque de ces deux leaders de l’opposition, après la pression de leur base respective, est-il vraiment justifié? Que dire du rendez-vous de la Suisse ? Etait-ce un règlement des comptes des trois candidats écartés à la course pour la magistrature suprême, à savoir : Bemba, Katumbi et Muzito, qui auraient choisi un candidat qui plaiderait leur cause ? Que des questions sans réponse. En effet, l’issue des concertations de l’opposition à Genève avait présagé d’ores et déjà les couleurs de prochaines élections qui vont être organisées par la Centrale électorale, sur la capacité des uns et des autres à mettre, chacun, de l’eau dans son vin et d’harmoniser les vues de chaque prétendant, en se mettant ensemble comme il faut, pour gagner les élections à venir.

Toutefois, succombant aux caprices de la base de l’UNC et de l’UDPS, Kamerhe et Tshisekedi se sont désolidarisés des conclusions de Genève, laissant Martin Fayulu avec quelques camarades invalidés, à poursuivre le schéma établi dans la Capitale helvétique. Ainsi, avec cette division spectaculaire, les Opposants laissent passer la chance d’espérer à la victoire finale après le 23 décembre 2018. De l’autre côté, le Front Commun pour le Congo -FCC-, avec sa “machine à gagner”, semble avoir pris une sérieuse avance sur les enjeux électoraux qui se peaufinent à l’horizon.

La Pros.