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L’image et les pensées de Moïse Kapend Tshombe resteront indélébiles dans la mémoire des Congolaises et Congolais.

50 ans après sa disparition sur la terre des hommes, une messe d’action de grâce a été organisée, le vendredi 26 juillet 2019, à l’église Baptiste située dans la commune de Gombe. Là, les membres des familles biologique, politique et spirituelle se sont souvenus du parcours de ce vaillant combattant pour un Congo fédéral qui déboucherait sur les Etats-Unis d’Afrique.

‘’….Votre présence à nos côtés pour célébrer le jubilé de sa mort, démontre qu’au-delà des caricatures téléguidées de la désinformation chronique, la vérité suit son chemin, elle finira par triompher lorsqu’elle finira par nous révéler que l’un des brillants pères de notre indépendance retrouvera sa place dans l’histoire de la RDC’’. Tels sont les termes de reconnaissance de Mme Isabelle Tshombe, fille de Feu Moïse Tshombe et Représentante personnelle du Chef de l’Etat à la francophonie. C’est dire qu’il est grand temps pour que les intérêts politiques ou particuliers ne puissent plus jamais jeter de l’opprobre sur un homme qui a sacrifié sa vie pour la cause nationale. Car, l’histoire renseigne que Moïse Kapend Tshombe a été vilipendé, calomnié, traîné dans la boue, réduit à une caricature de séparatiste, de sécessionniste de mauvais alois. Mais, hélas ! La sécession Katangaise était la première pièce de son projet pour un grand Congo, un Congo fédéral. Et, c’était son grand rêve qui a été confisqué. Pour preuve, le nom de République démocratique du Congo et le drapeau actuel sont nés de ses idées.
Dommage que depuis le 29 juin 1969, date à laquelle Moïse Tshombe disparaissait, loin de sa terre natale, en Algérie, dans des conditions non encore élucidées, le combat de ce fils du pays n’ait été jamais reconnu et son corps jamais rapatrié.

Mais, il est grand temps, indique Isabelle Tshombe, qu’il puisse rentrer reposer sur la terre de ses ancêtres. ‘’Cinquante ans après, nous avons toujours du mal à assumer notre histoire, nous devons nous décomplexer, c’est notre histoire, elle nous appartient, elle a fait ce que nous sommes aujourd’hui. Maintenant qu’un vent de liberté souffle dans notre pays, j’espère que nous pourrons porter haut et fort l’étendard de cette histoire qui nous appartient’’, martèle-t-elle. Et d’ajouter ‘’qu’il faille reconnaître, enfin, que Moïse Tshombe n’a pas assassiné Patrice-Emery Lumumba. Devoir de mémoire des congolais, un homme politique n’a jamais été aussi populaire que M. Tshombe. Son intelligence, son savoir-faire, son humanité, son adéquation avec le peuple a fait son succès, a fait sa réussite, mais a aussi justifié sa mort, alors soyons juste avec lui, juste avec nous même si nous voulons construire un pays plus beau qu’avant. Ainsi, il va falloir que nous ne tuons plus nos pairs par une amnésie collective, mais il va falloir que nous retrouvions notre clémence et que la justice puisse enfin triompher’’.

Visage éploré, Chantal Esther Tshombe a saisi cette occasion pour rappeler l’aspect chrétien de leur défunt père qui a été, d’après elle, un homme de cœur, un rassembleur avec un sens de sacrifice, de pardon, d’amour à l’image de Jésus-Christ. Aussi, elle a souligné que Moïse Kapend Tshombe était certainement le Moïse de la République démocratique du Congo pour libérer les congolais de l’esclavage. Une façon d’en appeler au peuple congolais d’imiter l’idéologie de l’un des pères de l’indépendance de la RDC.

Zoom sur Moïse Kapend Tshombe
Moïse Tshombe est une partie de l’histoire de la République Démocratique du Congo même si beaucoup et pendant longtemps ont voulu l’occulter. Moïse Tshombe, cet homme politique a représenté pendant longtemps le courage et l’espoir pour les uns, l’abjection et la trahison pour d’autres.
Il est l’un des pères de l’indépendance de la République Démocratique du Congo. En sa qualité de Président de la CONAKAT, il a pris part à la table ronde de Bruxelles en 1959. Cet originaire du Katanga est devenu immensément populaire sur toute l'étendue du territoire après avoir pacifié le pays en proie à des nombreuses rebellions qui a secoué la RDC en 1964 notamment, celle de Pierre Mulele dans le Bandundu et celle de Christophe Gbenye et Gaston Soumialot à Bukavu et à Kisangani.

C’est pour cette grande tâche de pacification justement que le président Joseph Kasa-Vubu a fait appel Moïse Tshombe depuis l’Espagne où il s’est exilé après sa sécession du Katanga en juillet 1960, pour devenir Premier Ministre du Congo-Kinshasa à la tête du gouvernement de réconciliation nationale en juillet 1964. Il est donc ainsi pour la première fois chef du gouvernement congolais du 9 juillet 1964 au 18 octobre 1964.

Il va doter le pays de sa première constitution qui va remplacer la Loi fondamentale. Il s’agit de la Constitution de Luluabourg du 1er août 1964.
Moïse Kapend Tshombe aura ce mérite particulier d’être le Premier Ministre issu des premières élections démocratiques et pluralistes après l’indépendance de la République Démocratique du Congo en 1965 avec la victoire de son parti la ‘’Convention Nationale Congolaise, CONACO’’.
Et, toutes les prévisions indiquent que Moïse Tshombe, nul doute, va devenir Président du Congo lors des prochaines présidentielles prévues en novembre 1965.

Alors que la CONACO a la majorité au parlement, le président Kasa-Vubu ne trouve pas mieux que de démettre Moïse Tshombe de ses fonctions de Premier Ministre sous prétexte de le reconduire après la formation de son nouveau gouvernement et nomme à la place Evariste Kimba. Cette destitution de Tshombe comme Premier Ministre le 13 octobre 1965 ouvre ainsi la voie au coup d’Etat de Mobutu le 24 novembre 1965.
En 1966, Mobutu, l’homme fort du pays accuse, certainement par crainte pour son pouvoir, Moïse Tshombe de trahison, contraint de nouveau à quitter son pays pour s’exiler en Espagne. Et une année plus tard, le régime en place le condamnera par contumace.

En juin 1967, l'avion dans lequel il voyageait fut détourné vers l'Algérie où il mourut le 29 Juin 1969 dans des circonstances mystérieuses.
La vie de Moïse TSHOMBE a commencé le 10 novembre 1919 au Katanga à Musumba, berceau de l’ancien empire Lunda. Son père, le richissime Joseph Kapend Tshomb, était l’un des premiers hommes d’affaires et millionnaire à l’époque coloniale et sa mère la princesse Kat A Kamin petite-fille de Mwant Yav Mushid. Il est l’aîné de 11 enfants.
Son père rêve d’en faire un aristocrate humaniste et digne héritier de son empire commercial. Il a été éduqué dans les écoles de missionnaires méthodistes.

Il se marie avec la fille aînée du futur Mwant Yav Ditendyav ANawej II, vingt-troisième souverain de la communauté lunda. De ce mariage naîtront 9 enfants.
50 ans après la mort de cet homme politique, de nombreux congolais, qui ont compris la justesse de ses actions et par vérité de l’histoire, pensent aujourd’hui qu’il est temps de réhabiliter Moïse Kapend Tshombe dans la mémoire collective nationale.

Jules Ntambwe


RASOIR

«Fiasco», c’est un mot d’origine latine, qui symbolise un échec total ou monumental, qui arrive dans une situation donnée, dans la vie des êtres humains. Hélas !

Le décor planté en ce moment même au sein du microcosme politique de l’opposition laisse entrevoir un fiasco qui, sans aucun doute, serait difficile à effacer d’aussitôt dans les mémoires des congolais lambda. Cela, en perspective du scrutin du 23 décembre 2018, où au regard de ce qui arrive, laisse le couloir au Candidat du FCC. Eh oui, 24 heures ont suffit pour que, sur les sept ténors de l’opposition qui ont fait le déplacement de Genève, deux membres ‘’trahissent’’, au bas mot, le compromis pris à Genève, lequel a propulsé Martin Fayulu Madidi comme candidat commun de l’opposition.

A ce stade, Faudra-t-il encore parler de la trahison venant de la part de Kamerhe et Fatshi ? Le revirement brusque de ces deux leaders de l’opposition, après la pression de leur base respective, est-il vraiment justifié? Que dire du rendez-vous de la Suisse ? Etait-ce un règlement des comptes des trois candidats écartés à la course pour la magistrature suprême, à savoir : Bemba, Katumbi et Muzito, qui auraient choisi un candidat qui plaiderait leur cause ? Que des questions sans réponse. En effet, l’issue des concertations de l’opposition à Genève avait présagé d’ores et déjà les couleurs de prochaines élections qui vont être organisées par la Centrale électorale, sur la capacité des uns et des autres à mettre, chacun, de l’eau dans son vin et d’harmoniser les vues de chaque prétendant, en se mettant ensemble comme il faut, pour gagner les élections à venir.

Toutefois, succombant aux caprices de la base de l’UNC et de l’UDPS, Kamerhe et Tshisekedi se sont désolidarisés des conclusions de Genève, laissant Martin Fayulu avec quelques camarades invalidés, à poursuivre le schéma établi dans la Capitale helvétique. Ainsi, avec cette division spectaculaire, les Opposants laissent passer la chance d’espérer à la victoire finale après le 23 décembre 2018. De l’autre côté, le Front Commun pour le Congo -FCC-, avec sa “machine à gagner”, semble avoir pris une sérieuse avance sur les enjeux électoraux qui se peaufinent à l’horizon.

La Pros.