Flash

Nommé coadjuteur il y a de cela cinq mois par le Pape François, Monseigneur Fridolin Ambongo vient de succéder de manière officielle à Monseigneur Monsengwo à la tête de l’archidiocèse de Kinshasa.

En effet, mardi 1er Novembre, il a été confirmé archevêque métropolitain de Kinshasa par le Pape François, qui a accepté la démission du cardinal Laurent Monsengwo Pasinya. Monsengwo, une des figures publiques les plus imposantes en RDC, sur le plan politique et religieux, termine sa course sacerdotale comme le seul prélat africain faisant partie du C9, le comité des neuf cardinaux que consulte le Pape tous les trois mois pour gouverner l’Eglise catholique depuis la ville-Etat de Rome. C’est au centre Lindonge par la nonciature que la nouvelle a été livrée à la presse en présence des deux archevêques, religieux et religieuses de l’Eglise Universelle au Congo-Kinshasa. Fils d’un saigneur d’arbre à caoutchouc dans une plantation d’hévéa dans le Sud-Ubangi, Mgr Fridolin Ambongo est réputé être un homme dur et franc, tant pour des sujets religieux que sur les atermoiements de la vie sociale comme politique. Co-médiateur aux côtés de Marcel Utembi, en tant que tête couronnée de la CENCO, lors des discussions directes au Centre Interdiocésain fin 2016, l’homme avait su frapper les esprits avec ses déclarations tranchantes sur tant l’évolution des travaux que l’état d’esprit des parties prenantes Opposition-Majorité.

Biographie

Né le 24 janvier 1960 à Boto dans la Province du Sud-Ubangi, il a suivi ses cours de philosophie et théologie à Kinshasa, avant de prononcer ses vœux perpétuels en 1987. Le 14 août 1988, Fridolin Ambongo est ordonné prêtre capucin dans la capitale RD Congolaise et enseigne la théologie morale à l’Université Catholique de Kinshasa -UCC. Avant d’être nommé évêque de Bokungu Ikela en 2005, Mgr Fridolin Ambongo a occupé le poste de supérieur majeur des frères mineurs capucins de RDC, apprend-on d’un tabloïd en ligne. Diplômé en théologie morale de l’Académie Alphonsienne à Rome, il a dirigé la très politique commission Justice et Paix au sein de la Conférence Episcopale Nationale du Congo (CENCO) pendant qu’il était évêque de Bokungu Ikela. En 2016, Il est élu vice -président de l’influent épiscopat congolais, la CENCO. La même année, il est nommé par le Pape François archevêque de Mbandaka-Bikoro. C’est de là qu’il sera extirpé pour devenir coadjuteur de Monsengwo à Kinshasa.

Intempore…

La venue d’Ambongo à la tête de l’archidiocèse miroir de l’Eglise Catholique en République Démocratique du Congo intervient dans une période politique plus qu’agitée, il faut le dire. Effectivement, à quelques 20 jours du lancement de la campagne électorale et quelques jours de plus pour le jour de scrutin, les contradictions perdurent sur l’usage de la machine à voter et du fichier électoral en son état actuel. Sage femme de l’Accord de la Saint Sylvestre, Ambongo cet autre Monsengwo ne manquera pas de faire comme son prédécesseur en déliant sa langue pour interpeller les consciences. C’est une évidence. Seulement, dans certains milieux, l’on se pose déjà la question de savoir si l’arrivée d’Ambongo est à noter comme un bémol ou plutôt un dièse sur la petite passe d’armes Pouvoir-Eglise Catholique cristallisée par les prises de position de l’Archevêché de Kinshasa ? Le temps saura répondre à cette question. Entre-temps, bienvenue à Ambongo l’ex coadjuteur est aujourd’hui intronisé.

DN


RASOIR

«Fiasco», c’est un mot d’origine latine, qui symbolise un échec total ou monumental, qui arrive dans une situation donnée, dans la vie des êtres humains. Hélas !

Le décor planté en ce moment même au sein du microcosme politique de l’opposition laisse entrevoir un fiasco qui, sans aucun doute, serait difficile à effacer d’aussitôt dans les mémoires des congolais lambda. Cela, en perspective du scrutin du 23 décembre 2018, où au regard de ce qui arrive, laisse le couloir au Candidat du FCC. Eh oui, 24 heures ont suffit pour que, sur les sept ténors de l’opposition qui ont fait le déplacement de Genève, deux membres ‘’trahissent’’, au bas mot, le compromis pris à Genève, lequel a propulsé Martin Fayulu Madidi comme candidat commun de l’opposition.

A ce stade, Faudra-t-il encore parler de la trahison venant de la part de Kamerhe et Fatshi ? Le revirement brusque de ces deux leaders de l’opposition, après la pression de leur base respective, est-il vraiment justifié? Que dire du rendez-vous de la Suisse ? Etait-ce un règlement des comptes des trois candidats écartés à la course pour la magistrature suprême, à savoir : Bemba, Katumbi et Muzito, qui auraient choisi un candidat qui plaiderait leur cause ? Que des questions sans réponse. En effet, l’issue des concertations de l’opposition à Genève avait présagé d’ores et déjà les couleurs de prochaines élections qui vont être organisées par la Centrale électorale, sur la capacité des uns et des autres à mettre, chacun, de l’eau dans son vin et d’harmoniser les vues de chaque prétendant, en se mettant ensemble comme il faut, pour gagner les élections à venir.

Toutefois, succombant aux caprices de la base de l’UNC et de l’UDPS, Kamerhe et Tshisekedi se sont désolidarisés des conclusions de Genève, laissant Martin Fayulu avec quelques camarades invalidés, à poursuivre le schéma établi dans la Capitale helvétique. Ainsi, avec cette division spectaculaire, les Opposants laissent passer la chance d’espérer à la victoire finale après le 23 décembre 2018. De l’autre côté, le Front Commun pour le Congo -FCC-, avec sa “machine à gagner”, semble avoir pris une sérieuse avance sur les enjeux électoraux qui se peaufinent à l’horizon.

La Pros.