Flash

Après trois ans et demi passés à la vice-présidence de la Commission électorale nationale indépendante (Ceni), Norbert Basengezi Katintima a démissionné de ses fonctions constitutionnelles à compter du 13 juin 2019.

« Ne voulant pas surprendre notre parti, j’ai jugé bon de vous avertir et laisser la place libre en vue de vous permettre de réfléchir calmement à mon remplacement, le mandat n’étant pas renouvelable », écrit-il dans une lettre datée du 3 juin 2019, adressée à Joseph Kabila Kabange, Président National du Parti du Peuple pour la Reconstruction et la Démocratie en sigle PPRD. Après la Ceni, Norbert Basengezi écrit un mémoire et entend servir le pays autrement. Il a émis le vœu de voir la stabilité des institutions.

Au-delà de tout, son état de santé demande un petit repos qu’il n’a pas eu pendant 3 ans et demi. Il a promis au Président du PPRD qu’il sera un bon conseiller pour son remplaçant s’il le désir.
Devant un parterre de journalistes, Norbert Basengezi dit avoir pris cette décision en âme et conscience après avoir consulté sa base naturelle de Bukavu, Walungu et Goma, il a pris langue avec le Président national de son Parti, le PPRD, afin de se conformer à la loi organique de la Ceni qui stipule qu’on quitte la Ceni tel qu’on est venu. Loin de contrainte légale qui pousse un membre de la plénière de la Ceni à la démission, Norbert Basengezi dit avoir choisi la démission parce que l’article 16 stipule que le mandat est de six ans non renouvelable. ‘’Je suis un grand responsable, je ne voudrai pas gêner mon parti politique pour me remplacer. Il faut être sportif et reconnaissant envers ceux qui nous ont fait confiance. Nous avons fait l’essentiel, les autres vont continuer’’, a-t-il déclaré devant la presse en affirmant : ‘’J’ai voulu que je vous dise moi-même la raison principale’’.

Sans vouloir dresser un bilan, le Vice-président honoraire de la Ceni a dit au Président national de son parti dans sa lettre de démission : ’’ que l’on juge un arbre par ses fruits’’. Il lui a fait savoir que l’actuel équipe de la Ceni laisse au pays dans 3 ans, un Président de la République élu, issu de l’opposition contrairement aux accusations contre la Ceni d’être à la solde d’un camp, un parlement avec toutes les deux chambres opérationnelles et issues des élections, 26 Assemblées provinciales et 25 provinces avec de Gouverneurs de Provinces élus. Il reste seulement le Sankuru. ‘’Sans nous coter nous-mêmes, il est une évidence que notre pays est calme après les élections sauf dans certains coins de l’Est où il y a des groupes armés.

Norbert Basengezi s’est dit très fier d’avoir été parmi les premiers organisateurs des élections de 2006 et en 2018 assorti d’une alternance où nous voyons deux présidents vivants au pays.
En quittant la Ceni, il a reconnu qu’il laisse dans l’opinion un débat sur les élections locales et les différentes réformes qui doivent être amorcées. Il a remercié toutes les autorités et le peuple congolais de 26 provinces qu’il lui a logé et nourri durant les étapes de préparations des élections.

Peter Tshibangu


RASOIR

«Fiasco», c’est un mot d’origine latine, qui symbolise un échec total ou monumental, qui arrive dans une situation donnée, dans la vie des êtres humains. Hélas !

Le décor planté en ce moment même au sein du microcosme politique de l’opposition laisse entrevoir un fiasco qui, sans aucun doute, serait difficile à effacer d’aussitôt dans les mémoires des congolais lambda. Cela, en perspective du scrutin du 23 décembre 2018, où au regard de ce qui arrive, laisse le couloir au Candidat du FCC. Eh oui, 24 heures ont suffit pour que, sur les sept ténors de l’opposition qui ont fait le déplacement de Genève, deux membres ‘’trahissent’’, au bas mot, le compromis pris à Genève, lequel a propulsé Martin Fayulu Madidi comme candidat commun de l’opposition.

A ce stade, Faudra-t-il encore parler de la trahison venant de la part de Kamerhe et Fatshi ? Le revirement brusque de ces deux leaders de l’opposition, après la pression de leur base respective, est-il vraiment justifié? Que dire du rendez-vous de la Suisse ? Etait-ce un règlement des comptes des trois candidats écartés à la course pour la magistrature suprême, à savoir : Bemba, Katumbi et Muzito, qui auraient choisi un candidat qui plaiderait leur cause ? Que des questions sans réponse. En effet, l’issue des concertations de l’opposition à Genève avait présagé d’ores et déjà les couleurs de prochaines élections qui vont être organisées par la Centrale électorale, sur la capacité des uns et des autres à mettre, chacun, de l’eau dans son vin et d’harmoniser les vues de chaque prétendant, en se mettant ensemble comme il faut, pour gagner les élections à venir.

Toutefois, succombant aux caprices de la base de l’UNC et de l’UDPS, Kamerhe et Tshisekedi se sont désolidarisés des conclusions de Genève, laissant Martin Fayulu avec quelques camarades invalidés, à poursuivre le schéma établi dans la Capitale helvétique. Ainsi, avec cette division spectaculaire, les Opposants laissent passer la chance d’espérer à la victoire finale après le 23 décembre 2018. De l’autre côté, le Front Commun pour le Congo -FCC-, avec sa “machine à gagner”, semble avoir pris une sérieuse avance sur les enjeux électoraux qui se peaufinent à l’horizon.

La Pros.