Flash

Magistrale ! Voilà ce qu’aura été la conférence tenue par l’économiste Amsini Dandy Matata et le juriste et politologue Serge Maabe Muanyimi, le samedi 15 juin dernier, dans la salle Divo de Showbuzz.

Et donc, il ne s’agissait pas du tout d’une rivalité intellectuelle opposant ces deux orateurs précités. Ce n’était pas non plus une question de trier le meilleur d’entre les deux amis et frères membres du Think Tank «Ishango». Au contraire, il était question d’une interpellation, d’une série de renseignements, d’un simple partage des connaissances offert sur un plateau, par les deux speakers pour l’intérêt des citoyens lambda qui veulent à tout prix, la reconstruction, le développement, et l’émergence de cette mère patrie qu’est la République Démocratique du Congo. Cela, à travers des idées efficientes.


Quid de la guerre des intelligences ?
La salle Divo de l’entrepreneur Déo Kasongo, était effectivement bondée par des invités venus nombreux pour écouter la vitalité, sans oublier l’agilité intellectuelle de deux virtuoses. L’un avait axé son sujet sur la thématique : « La Guerre des intelligences ». Développant ce thème, l’économiste Amsini Dandy Matata a affirmé haut et fort, que le monde se trouve déjà au cœur d’une guerre des intelligences provoquée par des hommes qui veulent dépasser le stade de ‘’homo sapiens’’ pour ‘’Homo deus’’. A l’en croire, ladite guerre a été enclenchée par des généraux de silicon valley, à comprendre les chercheurs, et Cie, qui financent des recherches scientifiques dans le but d’inventer ou de développer ce que l’on appellerait l’intelligence artificielle.

Puisque l’intelligence est et sera au centre des préoccupations géostratégiques et géopolitiques pour les décennies qui viennent, selon les pistes des solutions livrées par le chercheur Amsini Dandy Matata, il est sine qua non actuellement, de pourvoir s’interroger sur la manière dont l’on gère l’intelligence et l’on éduque les enfants congolais pour faire face à cette guerre des intelligences. «Il est important pour nous, que nous nous interrogions sur la manière dont nous générons notre intelligence, la manière dont nous formons nos enfants à l’école et la manière dont nous finançons notre recherche et développement », a-t-il interpellé. Avant d’ajouter cette recommandation : « Une recommandation phare, c’est celle de décréter immédiatement l’Etat d’urgence du secteur éducatif et d’affecter le budget conséquent à ce secteur-là, il s’agit ici de sacrifier du présent personnel au nom d’un futur collectif, donc d’amputer le budget de fonctionnement des Institutions politiques, pour financer nos écoles, pour réhabiliter nos établissements scolaires, pour bien payer nos professeurs et nous doter des moyens d’agir et de jouer un rôle géostratégique majeur dans l’économie de la connaissance qui s’annonce déjà ».

Etat stratège
Pour Serge Maabe, juriste, politologue et économiste de formation, parlant de l’Etat stratège, il a laissé entendre que le moment est donc arrivé, pour réfléchir longuement sur l’avenir du Congo-Kinshasa, en tant que peuple, et en tant qu’Etat sur le long terme. Ce faisant, s’est-il exprimé en ces termes : « Nous devons avoir des stratégies adéquates qui puissent faire en sorte que nous soyons considérés par les autres comme un Etat stratège, c’est-à-dire respectable, un Etat qui a bâti son identité sur sa culture, sur ses ressources morales, sur ses ressources scientifiques et éducatives, pour qu’il soit dans l’avenir le plus conquérant possible de tous les Etats dans la sous-région, sur le continent et pourquoi pas à travers l’Europe. L’Etat stratège pour nous, c’est un Etat qui transcende, qui dépasse le court terme pour embrasser une vision de long terme, c’est un Etat basé sur des institutions inclusives, basé sur une vision stratégique pour son avenir et devenir ».
Tenant mordicus à ses propos, l’Etat stratège devrait, absolument, s’appuyer sur un paradigme de l’intelligence, d’autant plus que, le paradigme technoéconomique actuel s’appuie sur les activités à rendement croissant, et non sur les activités à rendement décroissant comme les ressources naturelles qui s’avèrent épuisables. D’où, selon lui, l’Etat doit se doter d’une ‘’agence’’ des stratégies qui se dégagent de la vision des fils et des filles de la RDC, et Ishango, le Think Tank dont il fait partie, justement s’offre comme un laboratoire d’idées au service des décideurs pour penser l’avenir commun à travers les politiques publiques les mieux appropriées.

Think tank Ishango
Pour ceux qui ne les savent pas, « Ishango » est une structure, un think tank proprement dit, dont l’objectif principal est de promouvoir l’émergence d’une société des connaissances en RDC, comme une réponse à la problématique de sous-développement dans un monde en profonde mutation. Ainsi donc, cette initiative vise à contribuer à l’instauration d’une société d’excellence dans tous les domaines de la vie de la nation afin de bâtir un projet consensuel allant dans le sens de développer le pays sous toutes ses formes. Éduquer et éveiller la conscience des Congolais, sont les objectifs poursuivis par Ishango.

Merdi Bosengele


RASOIR

«Fiasco», c’est un mot d’origine latine, qui symbolise un échec total ou monumental, qui arrive dans une situation donnée, dans la vie des êtres humains. Hélas !

Le décor planté en ce moment même au sein du microcosme politique de l’opposition laisse entrevoir un fiasco qui, sans aucun doute, serait difficile à effacer d’aussitôt dans les mémoires des congolais lambda. Cela, en perspective du scrutin du 23 décembre 2018, où au regard de ce qui arrive, laisse le couloir au Candidat du FCC. Eh oui, 24 heures ont suffit pour que, sur les sept ténors de l’opposition qui ont fait le déplacement de Genève, deux membres ‘’trahissent’’, au bas mot, le compromis pris à Genève, lequel a propulsé Martin Fayulu Madidi comme candidat commun de l’opposition.

A ce stade, Faudra-t-il encore parler de la trahison venant de la part de Kamerhe et Fatshi ? Le revirement brusque de ces deux leaders de l’opposition, après la pression de leur base respective, est-il vraiment justifié? Que dire du rendez-vous de la Suisse ? Etait-ce un règlement des comptes des trois candidats écartés à la course pour la magistrature suprême, à savoir : Bemba, Katumbi et Muzito, qui auraient choisi un candidat qui plaiderait leur cause ? Que des questions sans réponse. En effet, l’issue des concertations de l’opposition à Genève avait présagé d’ores et déjà les couleurs de prochaines élections qui vont être organisées par la Centrale électorale, sur la capacité des uns et des autres à mettre, chacun, de l’eau dans son vin et d’harmoniser les vues de chaque prétendant, en se mettant ensemble comme il faut, pour gagner les élections à venir.

Toutefois, succombant aux caprices de la base de l’UNC et de l’UDPS, Kamerhe et Tshisekedi se sont désolidarisés des conclusions de Genève, laissant Martin Fayulu avec quelques camarades invalidés, à poursuivre le schéma établi dans la Capitale helvétique. Ainsi, avec cette division spectaculaire, les Opposants laissent passer la chance d’espérer à la victoire finale après le 23 décembre 2018. De l’autre côté, le Front Commun pour le Congo -FCC-, avec sa “machine à gagner”, semble avoir pris une sérieuse avance sur les enjeux électoraux qui se peaufinent à l’horizon.

La Pros.