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Bonnet de honte ! C’est le moins que l’on puisse dire, après le spectacle désolant que l’Udps /Tshisekedi a offert aux congolais et à l’opinion internationale, mercredi 08 mai 2019, 24 heures à peine après la diffusion des images rassurantes de la rencontre entre le président de la Convention démocratique du parti et le président a.i de l’Udps/Tshisekedi.


Réjouissances précoces, d’autant plus que le contenu de l’entretien entre les deux personnalités n’avait pas été rendu public.
Avaient-ils réussi à concilier leurs positions ? J’en doute. La descente musclée des présidents de la Cdp et de la Cep pour ‘’s’installer comme directoire sans Kabund’’ permet d’en douter.
Bonnet de honte ! On lave son linge sale en famille. C’est une vérité sempiternelle. Depuis quelques temps, l’Udps /Tshisekedi, vainqueur pourtant de l’élection présidentielle, a pris pour habitude de laver son linge sale en public. Elu brillamment député national à Kinshasa, puis premier vice-président de l’Assemblée nationale ; secrétaire général choisi par Etienne Tshisekedi puis confirmé par Félix Tshisekedi ; personnalité populaire dont le charisme a conquis la base de l’Udps, Jean-Marc Kabund n’est plus prophète chez lui. Des accusations aussi incongrues que ridicules circulent sur sa personne.
On l’a accusé d’être un traitre à la solde du FCC, d’un corrompu qui ne pense qu’à satisfaire ses intérêts, d’un diviseur qui serait en train de préparer le lancement d’un nouveau parti – Udps décision finale – , d’un claniste qui aurait négocié des postes ministériels et au sein des entreprises publiques au profit de quelques fidèles, mais au détriment des combattants – même méritants – de la première heure, etc.
Lorsqu’on en vient à la débâcle électorale des législatives et des sénatoriales, on ne va pas chercher loin la tête de turc. Le raccourci est vite trouvé : le leadership, en oubliant que ce leadership était celui de Félix et de Kabund.
Le plus étrange, c’est que même le président de la Cep a embouché cette trompette.
Candidat malheureux aux législatives et aux sénatoriales, il rendrait ainsi Jean-Marc Kabund comptable de ses déboires électoraux et ceux de nombreux autres candidats.
L’Udps a choisi de laver son linge sale en public. En attaquant publiquement une décision du président Tshisekedi, celle de confier l’intérim de son mandat à celui qui fut son plus proche collaborateur et un des grands artisans de son succès électoral.
En vouant aux gémonies un leader qui avait dénoncé cherché à voir clair dans les allégations de corruption des députés provinciaux pour l’élection des sénateurs.
En traitant de corrompu leur négociateur principal avec le FCC (Front commun pour le Congo) au motif que beaucoup craignent de ne pas être admis à la mangeoire.
L’excès de juridisme vient de donner lieu à une bataille des tranchées entre ceux qui se réfugient derrière les statuts pour reprendre leur place au soleil, et les fidèles du président de la République qui avaient accepté la solution politique de l’intérim décidée par ce dernier, en attendant la mise en place complète de la Cdp, son investiture , et la préparation d’un éventuel congrès qui ne peut, au vu des circonstances, être organisé endéans un mois.
Bonnet de honte ! Oui, bonnet de honte, au vu de l’embarras dans lequel les factions combattantes de l’Udps ont plongé le président.
Quatre mois après son élection, alors qu’il est engagé dans des négociations difficiles avec un FCC soudé comme jamais pour la formation du gouvernement, le Président ne peut même pas compter sur un parti uni. Sa propre décision confiant l’intérim à Jean-Marc Kabund est contestée par ceux-là mêmes qui veulent le consacrer comme un président partisan, l’autorité morale auprès de laquelle on fait remonter les odeurs nauséabondes des guerres de positionnement.
Comptable des intérêts de l’Udps dont il doit régler les batailles de tranchées, Félix Tshisekedi cesserait ainsi d’être le garant du bonheur de tous les congolais.
En dernière minute, nous apprenons que le Président de la République, Félix Tshisekedi Tshilombo, a reçu les deux parties antagonistes. Après avoir entendu la version des faits de l’une et de l’autre, Tshisekedi les a conseillés d’arrêter de salir le parti, mais de se mettre ensemble pour trouver une solution conforme aux statuts de l’Udps.
Nous espérons que les querelles de boutiquiers sont réglées. Pendant que les congolais en colère iront de leur clameur réclamer leur président.
J’ai exprimé ma colère, celle d’un congolais indigné.
Dr Hubert Kabasele Muboyayi Kalonji


RASOIR

«Fiasco», c’est un mot d’origine latine, qui symbolise un échec total ou monumental, qui arrive dans une situation donnée, dans la vie des êtres humains. Hélas !

Le décor planté en ce moment même au sein du microcosme politique de l’opposition laisse entrevoir un fiasco qui, sans aucun doute, serait difficile à effacer d’aussitôt dans les mémoires des congolais lambda. Cela, en perspective du scrutin du 23 décembre 2018, où au regard de ce qui arrive, laisse le couloir au Candidat du FCC. Eh oui, 24 heures ont suffit pour que, sur les sept ténors de l’opposition qui ont fait le déplacement de Genève, deux membres ‘’trahissent’’, au bas mot, le compromis pris à Genève, lequel a propulsé Martin Fayulu Madidi comme candidat commun de l’opposition.

A ce stade, Faudra-t-il encore parler de la trahison venant de la part de Kamerhe et Fatshi ? Le revirement brusque de ces deux leaders de l’opposition, après la pression de leur base respective, est-il vraiment justifié? Que dire du rendez-vous de la Suisse ? Etait-ce un règlement des comptes des trois candidats écartés à la course pour la magistrature suprême, à savoir : Bemba, Katumbi et Muzito, qui auraient choisi un candidat qui plaiderait leur cause ? Que des questions sans réponse. En effet, l’issue des concertations de l’opposition à Genève avait présagé d’ores et déjà les couleurs de prochaines élections qui vont être organisées par la Centrale électorale, sur la capacité des uns et des autres à mettre, chacun, de l’eau dans son vin et d’harmoniser les vues de chaque prétendant, en se mettant ensemble comme il faut, pour gagner les élections à venir.

Toutefois, succombant aux caprices de la base de l’UNC et de l’UDPS, Kamerhe et Tshisekedi se sont désolidarisés des conclusions de Genève, laissant Martin Fayulu avec quelques camarades invalidés, à poursuivre le schéma établi dans la Capitale helvétique. Ainsi, avec cette division spectaculaire, les Opposants laissent passer la chance d’espérer à la victoire finale après le 23 décembre 2018. De l’autre côté, le Front Commun pour le Congo -FCC-, avec sa “machine à gagner”, semble avoir pris une sérieuse avance sur les enjeux électoraux qui se peaufinent à l’horizon.

La Pros.