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*En son Cabinet de travail situé à la Gombe, le Ministre a.i. des Affaires foncières, Emmanuel Ilunga, a tenu une conférence de presse à laquelle ont pris part des professionnels des médias triés sur le volet, ce lundi 1er avril 2019.

«Le Ministre faussaire», c’est le titre paru dans un tabloïd de Kinshasa que ce membre du Gouvernement Tshibala a fustigé, dénonçant l’«acharnement sur sa personne». En remplacement du Ministre Lumeya suspendu sur instruction du Président de la République, Emmanuel Ilunga a pris ses fonctions, le 20 mars dernier. Aussitôt désigné, celui-ci a annoncé la mise en place d’une Commission dénommée «Etienne Tshisekedi» afin de rendre justice aux nombreuses victimes de spoliations. S’en est suivi des appels anonymes proférant des menaces, des articles de presse diffamatoires. Aussi, le concerné a-t-il voulu édifier l’opinion publique sur ce dossier brûlant.

D’après Emmanuel Ilunga, plus de quatre-vingt-dix pourcent des conflits dans les différentes instances judiciaires sont des problèmes fonciers. Il fallait que l’Etat congolais s’assume à travers les autorités qui le représentent. Ce membre du Gouvernement estime qu’il faut beaucoup de courage pour aborder des questions aussi tranchantes. C’est dans cette optique qu’il a décidé, dès son entrée en fonction, de mettre sur pied la «Commission Etienne Tshisekedi» pour rendre les biens spoliés. La RD Congo n’est pas le premier pays à mettre en place une telle Commission. «Il y a une certaine presse qui s’acharne sur ma personne», s’est-il exclamé.

Le Ministre Emmanuel Ilunga a informé les professionnels des médias que son prédécesseur avait révoqué son Directeur de Cabinet. LumeyaDhuMaleghi, le Ministre suspendu, lui a également légué un Cabinet pléthorique avec plus de 180 membres au lieu de 44 tel que prévu par l’Ordonnance présidentielle. Raison pour laquelle il se devait de nommer un nouveau Cabinet. C’est le tout premier Arrêté ministériel qu’il a pris. Le second est en rapport avec la «Commission Etienne Tshisekedi». Selon ce membre du Gouvernement, celle-ci pouvait aussi porter le nom de Patrice Lumumba et autres personnalités marquantes de l’histoire de la RDC. A titre illustratif, il a rappelé l’épisode où le Chef de l’Etat, Félix Tshisekedi, a été interpellé au sortir de l’église Philadelphie par une femme victime de spoliation de son domicile.
Emmanuel Ilunga s’est interrogé sur l’objectif poursuivi par le journaliste auteur de l’article «Le Ministre faussaire». «Est-ce informer ou saper la réputation de l’autorité ?» Pour le Ministre, le concept «faussaire» c’est une intention déjà malveillante de faire usage de quelque chose dont on sait pertinemment que c’est faux et que l’on veut faire passer pour vrai. «Il faut à ce journaliste instrumentalisé une formation et une bonne dose de déontologie», a-t-il martelé. Malgré ces diffamations et intimidations, Emmanuel Ilunga a affirmé, avec force, qu’il ne fléchira pas. Il faut donc des Ministres courageux pour aborder des questions foncières qui suscitent des querelles pouvant amener même à faire couler le sang des compatriotes.

Par ailleurs, Emmanuel Ilunga a précisé que le Gouvernement Tshibala n’expédie pas les affaires courantes. Selon lui, on expédie les affaires courantes lorsqu’il y a un Premier Ministre nommé qui attend former son Gouvernement. Ce n’est qu’à partir de ce moment-là que tous les Ministres sont démissionnaires. Donc, lui et ses collègues continuent de travailler normalement. «Lorsqu’on vous donne une responsabilité, il faut pleinement l’exercer. Même si on est là pour deux jours, voire, deux heures, il faut satisfaire les attentes de la population». Peu importe s’il sera toujours membre du Gouvernement ou pas, Emmanuel Ilunga s’attèle à rendre justice aux innombrables victimes de spoliations.
Enfin, le Ministre a.i. des Affaires foncières a reconnu que c’est un chantier lourd mais pas impossible à réaliser. Il faut prendre conscience, cesser avec ces mauvaises habitudes pour que la RDC se lève, se mette debout. Emmanuel Ilunga est aujourd’hui victime de certaines attaques médiatiques parce qu’il a évincé un Cabinet fictif avec près de 180 membres dont certains vivent dans l’arrière-pays. Emmanuel Ilunga veut être jugé sur l’atteinte de ses objectifs ou son échec. La «Commission Etienne Tshisekedi» a donc pour mission de restaurer l’autorité de l’Etat, d’instaurer l’Etat de droit.

James MpungaYende

 


RASOIR

«Fiasco», c’est un mot d’origine latine, qui symbolise un échec total ou monumental, qui arrive dans une situation donnée, dans la vie des êtres humains. Hélas !

Le décor planté en ce moment même au sein du microcosme politique de l’opposition laisse entrevoir un fiasco qui, sans aucun doute, serait difficile à effacer d’aussitôt dans les mémoires des congolais lambda. Cela, en perspective du scrutin du 23 décembre 2018, où au regard de ce qui arrive, laisse le couloir au Candidat du FCC. Eh oui, 24 heures ont suffit pour que, sur les sept ténors de l’opposition qui ont fait le déplacement de Genève, deux membres ‘’trahissent’’, au bas mot, le compromis pris à Genève, lequel a propulsé Martin Fayulu Madidi comme candidat commun de l’opposition.

A ce stade, Faudra-t-il encore parler de la trahison venant de la part de Kamerhe et Fatshi ? Le revirement brusque de ces deux leaders de l’opposition, après la pression de leur base respective, est-il vraiment justifié? Que dire du rendez-vous de la Suisse ? Etait-ce un règlement des comptes des trois candidats écartés à la course pour la magistrature suprême, à savoir : Bemba, Katumbi et Muzito, qui auraient choisi un candidat qui plaiderait leur cause ? Que des questions sans réponse. En effet, l’issue des concertations de l’opposition à Genève avait présagé d’ores et déjà les couleurs de prochaines élections qui vont être organisées par la Centrale électorale, sur la capacité des uns et des autres à mettre, chacun, de l’eau dans son vin et d’harmoniser les vues de chaque prétendant, en se mettant ensemble comme il faut, pour gagner les élections à venir.

Toutefois, succombant aux caprices de la base de l’UNC et de l’UDPS, Kamerhe et Tshisekedi se sont désolidarisés des conclusions de Genève, laissant Martin Fayulu avec quelques camarades invalidés, à poursuivre le schéma établi dans la Capitale helvétique. Ainsi, avec cette division spectaculaire, les Opposants laissent passer la chance d’espérer à la victoire finale après le 23 décembre 2018. De l’autre côté, le Front Commun pour le Congo -FCC-, avec sa “machine à gagner”, semble avoir pris une sérieuse avance sur les enjeux électoraux qui se peaufinent à l’horizon.

La Pros.