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*Après la réunion interinstitutionnelle dont les mesures annoncées sont à l’origine d’une nouvelle brouille entre le FCC et le Cap pour le Changement, que faudra-t-il faire ?

Le FCC s’y oppose, littéralement. Le PPRD et la CODE de Jean-Lucien Bussa, très fâchés, mettent Félix Tshisekedi en garde contre toute dérive totalitariste qui conduirait à une crise institutionnelle superfétatoire. Et, pendant ce temps, l’Udps, le parti de Félix Tshisekedi, applaudit de deux mains ces décisions et prévient que l’ère de la surenchère politique est totalement révolue. Et que maintenant que la page est tournée, le tout nouveau Président de la République doit simplement foncer…Donc, dans un horizon très proche, ces deux visions somme toute rivales risquent de dynamiter les espoirs de cette alternance cosmétique que d’aucuns vouaient, du reste, d’avance à l’échec.

Onde de choc
Plus que surprenantes, les décisions de la réunion interinstitutionnelle, telle que tenue lundi 18 mars dernier, provoque un tollé général dans le microcosme politique congolais.
Pour les uns, Félix Tshisekedi n’aurait pas pu prendre des mesures d’une si grande portée politique au travers d’une réunion interinstitutionnelle qui, en principe, n’est qu’un cadre de concertation.
Pour les autres, Félix Tshisekedi, usant de sa signature, fruit de lasuccession à laquelle Kabila avait concédé, le 24 janvier 2019, le jour de son investiture au Palais de la Nation, à la Gombe, est allé vite en besogne.
Tandis que dans la plupart de cénacles et officines politiques, le scepticisme est né, quant à la solidité du deal FCC –CACH en tant que coalition devant faire long feu ensemble, en gérant les arcanes du pouvoir pendant les cinq ans à venir.

D’ailleurs, les plus extrémistes parmi eux sont ceux qui pensent que ces trois mesures pèchent, à la fois, par la forme et le fond. Et qu’il faut simplement, les rejeter, en bloc. D’où, le début des susurres autour d’une crise institutionnelle qui, si elle persistait, menace d’envoûter le peu rapprochement observé, depuis la proclamation des résultats provisoires de la présidentielle du 30 décembre 2018 jusqu’à la passation civilisée du pouvoir, le 24 janvier 2019.
Au juste, en voyant les choses de plus près, il est possible que si les uns et les autres se ressaisissent, dans un élan patriotique, que les choses reviennent à la normale. Mais, par contre, si les positions deviennent tranchées à telle enseigne que les espaces de considération mutuelle dans la gestion de cette situation aux allures d’un tsunami, tout le reste, y compris la suite du processus électoral, pourrait aller de mal en pis.
Donc, le tout dépend de la maturité de la classe politique congolaise. Et, là-dessus, les deux pôles de la coalition CASH-FCC sont tenus de sauver les meubles.

Nouvelles discussions directes
Décidément, Kabila et Félix Tshisekedi peuvent directement engager des discussions directes ou, à tout le moins, mettre leurs bras droits autour d’une même et seule table, pour arrondir les angles et dégager tous les vibrions de nature à empoisonner le climat de cogestion du pays.
Il n’est jamais trop tard, pour rectifier le tir, dit-on. Surtout que dans le cas d’espèce, l’idée de combattre la corruption, celle d’engager une lutte titanesque contre l’impunité ou, même, celle de la décrispation politique constituent, au propre comme au figuré, l’essentiel des aspirations de toutes les forces politiques, telles que consignées dans leurs chartes et autres programmes aussi bien de campagne que de gouvernance présentés aux électeurs, à la veille de la tenue des élections du 30 décembre 2018.

Tabula rasa ?
Le difficile serait, peut-être, la tentative de penser qu’au nom de la réconciliation nationale, de la cohésion nationale ou de la coalition, la RD. Congo dont Félix Tshisekedi est devenu le Premier Citoyen, ferait tabula rasa de tous les crimes crapuleux commis et de toutes les mièvreries nées de la contestation pré-électorale, électorale et post-électorale.
Chose que ni l’Onu, ni la FIDH, ni encore moins l’UA, l’UE ou la CPI qui l’ont si bien rappelé dernièrement, ne pourraient accepter, ni tolérer. Voilà qui fait penser que tôt ou tard, peu importe le temps que cela prendra, cette coalition aura toujours du plomb dans l’aile. Car, le moment venu, lorsqu’il s’agira, par exemple, de creuser dans le passé, d’en savoir un peu plus sur certains dossiers sales, le diable qui, très généralement, se cache dans les détails, sortira ses vraies griffes. Et cette fois-là encore, les façonniers du FCC et de CASH, à l’instar de cette nouvelle scène à laquelle les congolais sont, désormais, exposés, depuis l’annonce de ces mesures portant notamment, l’interdiction de l’installation de nouveaux sénateurs, le report sine die de l’élection des gouverneurs des provinces et l’ouverture des enquêtes. Est-ce à dire qu’en ce moment-là, les épées enflammées de la division auront du mal à être replacées dans le fourreau ? Oui, apparemment…

LPM


RASOIR

«Fiasco», c’est un mot d’origine latine, qui symbolise un échec total ou monumental, qui arrive dans une situation donnée, dans la vie des êtres humains. Hélas !

Le décor planté en ce moment même au sein du microcosme politique de l’opposition laisse entrevoir un fiasco qui, sans aucun doute, serait difficile à effacer d’aussitôt dans les mémoires des congolais lambda. Cela, en perspective du scrutin du 23 décembre 2018, où au regard de ce qui arrive, laisse le couloir au Candidat du FCC. Eh oui, 24 heures ont suffit pour que, sur les sept ténors de l’opposition qui ont fait le déplacement de Genève, deux membres ‘’trahissent’’, au bas mot, le compromis pris à Genève, lequel a propulsé Martin Fayulu Madidi comme candidat commun de l’opposition.

A ce stade, Faudra-t-il encore parler de la trahison venant de la part de Kamerhe et Fatshi ? Le revirement brusque de ces deux leaders de l’opposition, après la pression de leur base respective, est-il vraiment justifié? Que dire du rendez-vous de la Suisse ? Etait-ce un règlement des comptes des trois candidats écartés à la course pour la magistrature suprême, à savoir : Bemba, Katumbi et Muzito, qui auraient choisi un candidat qui plaiderait leur cause ? Que des questions sans réponse. En effet, l’issue des concertations de l’opposition à Genève avait présagé d’ores et déjà les couleurs de prochaines élections qui vont être organisées par la Centrale électorale, sur la capacité des uns et des autres à mettre, chacun, de l’eau dans son vin et d’harmoniser les vues de chaque prétendant, en se mettant ensemble comme il faut, pour gagner les élections à venir.

Toutefois, succombant aux caprices de la base de l’UNC et de l’UDPS, Kamerhe et Tshisekedi se sont désolidarisés des conclusions de Genève, laissant Martin Fayulu avec quelques camarades invalidés, à poursuivre le schéma établi dans la Capitale helvétique. Ainsi, avec cette division spectaculaire, les Opposants laissent passer la chance d’espérer à la victoire finale après le 23 décembre 2018. De l’autre côté, le Front Commun pour le Congo -FCC-, avec sa “machine à gagner”, semble avoir pris une sérieuse avance sur les enjeux électoraux qui se peaufinent à l’horizon.

La Pros.