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Toute action procure une réaction et tout fait amène une ou des conséquences, affirment des physiciens. Dans cette foulée, si, d’un côté, l’élection de Félix Tshisekedi a créé de l’euphorie dans le chef de certains congolais et a récolté des félicitations de part en part, d’un autre côté, elle a aussi engendré des mécontents et bénéficié de rudes boycotts auprès d’une certaine opinion.

Dans la liste de ceux qui sont placés dans cette dernière catégorie se trouve, en effet, la coalition Lamuka, avec son candidat Martin Fayulu qui, au-delà de tous les préjugés, rejette, sans ambages cette victoire du leader de l’Udps, qu’elle considère comme une forfaiture électorale. Ainsi, ancrés dans leur vision jusqu’au-boutiste, les cadres de cette équipe coalisée à Genève, en Suisse, ont-ils tenu un meeting le samedi 2 février dernier, à la place Sainte Thérèse de N’djili, au cours duquel ils ont appelé leurs affidés à résister d’une manière pacifique, jusqu’à ce que soit dite la vérité des urnes. Laquelle vérité, d’après eux, se traduit par la confirmation de leur postulant Fayulu Madidi au sommet de l’Etat. Voila pourquoi, jusqu’à preuve du contraire, Lamuka, tout en ‘’crachant’’ sur la main tendue de Félix Tshisekedi, promet de parcourir tous les coins et confins du pays afin de divulguer leur appel à la résistance. D’emblée, il ressort de ce meeting que Martin Fayulu et ses compères de lutte se sont affirmés comme la nouvelle opposition contre la magistrature de Tshisekedi Tshilombo. Celui-ci qui, loin des propos de ses think tanks qui composent Lamuka, s’acclimate, peu à peu, à ses nouvelles fonctions et jouit, d’ores et déjà, des appuis de plusieurs de ses pairs qui se trouvaient dans la team de Genève, en période électorale. Cerise sur le gâteau, à moins de quinze jours sur le strapontin de la Res publica, le nouveau Chef de l’Etat a levé des options qui ont été applaudies par les intellectuels ainsi que les congolais lambda. Aussi, a-t-il entamé, le lundi 4 février, sa première tournée à l’extérieur du pays, précisément en Angola, la République du Congo et le Kenya. De ce qui précède, Lamuka peut-il arriver à défaire celui qui a été confirmé par la haute Cour et qui semble bien débuter sa mandature ? Dieu seul sait. Pour l’heure, tout laisse à penser que la démarche de Fayulu et ses pairs, visant à militer pour la vérité des urnes, serait obsolète d’autant que le vin a été déjà tiré avec la proclamation des résultats définitifs. Donc, il faut le boire. Cependant, puisque tous, et Lamuka et le pouvoir en place, disent se casser le tronc dans le souci de privilégier les intérêts de la population, il semble, manifestement, que le camp du candidat malheureux, devenu vraisemblablement la nouvelle opposition, puisse s’évertuer dans la surveillance de l’actuel régime, c’est-à-dire, jouer le vrai rôle des opposants politiques. Une chose qui, contribuerait, dûment, à garantir une tenue des élections dans le respect des lois de la République et sans marmonnement d’un futur putsch électoral. Il faudrait ainsi changer de fusil d’épaule…

Corneille Lubaki