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Les deux têtes d’affiche de l’arène politique congolaise actuelle, Félix Tshisekedi et Joseph Kabila donnent les étincelles de ne pas convoler en juste noce.

A trois mois de leur pèlerinage, sous l’ombre d’un partenariat inouï et dans un contexte inédit, les leaders du FCC et du CACH évolueraient à tâtons, pendant que leur voyage demeure assez long. L’on y est, ricane-t-on dans les officines des penseurs qui auront longtemps désavoué ce mariage, après la gestion ‘’calamiteuse’’ du régime précédent. Car, qu’on se le dise, une frange importante des voix, à l’interne comme à l’externe, conseillait décidément la rupture entre les deux hommes désormais unis par inadvertance. Où iraient-ils en chien de faïence, chacun fort de ses crédos ? Dans les médias, ces jours-ci, la diarrhée verbale de leurs acolytes, au sujet de sexe des anges fait amplement jaser. A l’épicentre de ce langage des sourds qui, du reste, n’est nullement bénéfique pour les 80 millions d’âmes, à l’interne du pays, nombreux sont ceux qui évoquent le paradoxe relatif aux approches. Car, argument-ils, la digestion de l’opération tabula rasa de toute la cendre léguée par Joseph Kabila n’aura de cesse de diviser. Notez entre autres la notion de la ‘’souveraineté’’ qui serait appréhendée parallèlement par les deux camps politiques, pour ne pas citer l’anarchie qui aura longtemps gangréné la vie publique. La grande crainte, à tout prendre, est le retour au gallot de l’antagonisme historique d’antan, entre Tshisekedi et Kabila, à l’heure où l’impératif de la cohabitation-coalition les contraint à consolider leur deal. Question de prévenir tout chaos institutionnel, au détriment du piédestal essentiel de cette jeune démocratie. Tout compte fait, de retour à Kinshasa, après une semaine de séjour en dehors des frontières continentales, Félix Tshisekedi n’aura toujours pas nommé son propre gouvernement, ni moins désigné son Premier Ministre, sur la liste de plus d’un nom que son prédécesseur lui aurait d’ores et déjà transmise. Entretemps, l’aiguille de la montre tourne sans fin pour alerter où en est-il avec la mise en place des institutions, étant donné que ce 24 avril 2019, il totalisera trois mois, jour pour jour, au summum de l’Etat congolais. Oui. Les slogans étaient restés, depuis janvier 2019, à la onzième rue Limete. L’opposant d’autrefois qui n’a point droit à l’erreur, face au destin du souverain primaire, devra en fin stratège accorder les violons avec ses partenaires de la démocratie, en fonction de leur voix quant à la perméabilité de la gouvernance. Directement ou par le truchement des Sages, nationaux ou internationaux, que le dialogue l’emporte.

Jacques Kitengie